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Poésie

Posts Tagged ‘s’acharner’

Quelque chose émerge (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



Tandis que tant et plus je frotte mon bâton d’encre
quelque chose émerge et comme pour l’abattre
je m’acharne plus fort

(Tawara Machi)

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À quoi bon aller au miroir (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
À quoi bon
Aller au miroir

Lorgner
La déconstruction molle de mon image

M’acharner
À déchiffrer les fragments
D’une enfant

Obstinément présente

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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DERNIER COULOIR (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


Ettore Aldo Del Vigo -   (29)

 

DERNIER COULOIR

Avant tout : joie de servir
et de chanter si tu l’aimes,
avant tout : le seul désir
d’être pareil à toi-même
aux plages de ton poème
et d’éterniser l’instant.
Etre, avant tout, du voyage,
ne pas marchander le temps,
s’acharner dans les cordages
contre marées, contre vents.
Avant tout, s’en dégager
même si le masque est d’or,
toujours visière levée,
les bras nus et sans épée,
en attendant de partir
avant tout : joie de servir.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Je m’acharne à croire aux mots (Ludovic Janvier)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



 

Je m’acharne à croire aux mots, seulement voilà :
on les croit faits pour désigner les choses, or ils désignent le manque d’elles.
Leur lointain, si vous préférez. Et c’est ce lointain qui nous écarte de nous.

(Ludovic Janvier)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alberto Giacometti

 

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L’amour ? (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



L’amour ? Frivole jeu! Vain espoir d’être aimé !
Vouloir toujours dans son âme le temps de mai !

Comme on s’acharne après cette folle chimère
De se sentir, avec un autre, congénère,
De ne plus être seul, ni deux, mais un enfin…
Rêve illusoire ! On est deux miroirs face à face
Se renvoyant quelques reflets à leur surface…
Ah ! s’être, fût-ce un jour, réalisé divin !
Avoir enclos l’éternité dans des minutes !
Mais c’était se vouer à d’impossibles luttes,
Car on ne peut pas faire avec deux corps un coeur,
On n’entre pas de force ainsi dans le bonheur !
Vanité que tous ces essais de bucolique,
Ces fièvres, ces baisers, ces brèves pâmoisons,
D’où l’on sort vide et vraiment trop mélancolique.

Quant aux quotidiens conquérants de toisons,
Futile aussi, leur appétit de renommée.
(La gloire ? écrire un peu son nom dans la fumée!)
Ah ! combien vains tous ces ambitieux cabrés
Pour être les chevaux vainqueurs dans la revue
Est-ce la peine aussi ? Vaut-il qu’on s’évertue
Vers des arcs de triomphe aussitôt délabrés ?

L’orgueil, l’amour, autant d’inutiles trophées
Dont se faire un moment des tombes attifées.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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TABLEAU D’OMBRES (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



 


    
TABLEAU D’OMBRES

Je peins la neige
je m’acharne
à peindre à plomb
avec un gros pinceau
sur cette page blanche
la neige

je peins la terre
je peins l’ombre
de la terre la nuit
je ne dors pas
je peins
toute la nuit

la neige tombe à plomb
et s’acharne
sur ce que je peins
une grande ombre
tombe
sur mon tableau d’ombres

sur cette ombre
je m’acharne à peindre
avec le gros pinceau
de la nuit
mon ombre minuscule.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Pourquoi suis-je moi et pas toi, Pourquoi Dieu, le diable et son train? (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



Pourquoi les rats, pourquoi les mouches,
Pourquoi le pain, pourquoi le sel,
Pourquoi ces orages farouches,
Pourquoi le pré, pourquoi le ciel?

Pourquoi la vie, pourquoi la mort,
Pourquoi le bien, pourquoi le mal,
Pourquoi cet enfant qui crie fort,
Ce vieux aux mains originales?

Pourquoi hier, pourquoi demain,
Pourquoi les gueux, pourquoi les rois,
Pourquoi suis-je moi et pas toi,
Pourquoi Dieu, le diable et son train?

Oh! je pourrais continuer…
On le fait depuis tant de siècles!
Cependant, il pousse, le blé;
Il s’acharne à parler, le bègue

(Maurice Carême)

Illustration: Erich Heckel

 

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LE TRAVAIL CONTINU (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
LE TRAVAIL CONTINU

À l’ombre du mot tilbury
se reposait un soir de juin
un homme qui tentait d’enter
un vers marron sur de la prose
Cette opération monstrueuse
l’occupait de telle façon
qu’il ne vit point passer la phrase
qui l’aurait tiré d’embarras
Il s’acharnait en grommelant
cependant que sous le ciel rose
la lune d’un pas turbulent
traversait des nuages lyriques
Lorsque l’entracte fut fini
l’horticulteur pédagogique
remit dans l’ombre le lexique
et saisissant sa douce hie
il se pencha de nouveau sur
son travail presque minéral
Paveurs Pavés êtes ainsi
lorsque tombe le crépuscule
l’écho des poètes passés
dans cette rue presque nocturne

(Raymond Queneau)

 

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Retouche à la victoire sans ailes (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



 

 

    

retouche à la victoire sans ailes

Des fourmis tournent dans ses yeux
la pluie l’habille
pour l’opéra de la tristesse

elle songe au pays transparent
où seul le vent s’acharne sur les herbes

et tous les âges sont dans l’enfance
personne ne se baisse pour passer le ciel

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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J’attendais un cri (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017



J’étais dans des bruits.

Chaque fois la perforatrice
S’acharnait plus haut.

J’attendais un cri
Qui résumerait,
Qui effacerait,

Qui ramènerait
A ce qui se tait.

(Guillevic)

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