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Poésie

Posts Tagged ‘s’acharner’

SECRET (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




SECRET

Un jardin secret tait
Le mystère des choses
Et le parfum des roses
N’est plus ce qu’il était
L’image se décharne
Dans un miroir sans tain
Et la bise s’acharne
Sur un feu qui s’éteint.

(Jean-Baptiste Besnard)

Découvert chez Jean-Baptiste ici

 

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Le vent s’acharne (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2022



Le vent s’acharne
sur le château
en ruines.

(Anne Tardy)

Illustration: Jean-Pierre Gilson

 

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Roulette russe (Roxana Sicoe-Tirea)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2021



Illustration: Ivan Puni 
    
Roulette russe

depuis que je vis en moi à plein temps
j’ai compris que le cœur était un organe
charrié dans un sac à provisions
et déposé à la porte des voisins

ou une meute de chiens errants qui s’acharne
contre l’ennemi caché dans les poumons
une ancre employée pour faire rentrer au port
les jours égarés ou la galère d’un proche

le cœur – notre ceinture de sûreté
toujours prêt à sauter sur une mine
pour donner un coup de main
ou pour retrouver son chemin

en l’an de grâce 2020
nous jouons tout au va-et-vient :
certains s’en vont en séries
certains reviennent à la vie

(Roxana Sicoe-Tirea)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le blues roumain
Traduction: Traduit du roumain par Radu Bata
Editions: Unicité

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Quelque chose émerge (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



Tandis que tant et plus je frotte mon bâton d’encre
quelque chose émerge et comme pour l’abattre
je m’acharne plus fort

(Tawara Machi)

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À quoi bon aller au miroir (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
À quoi bon
Aller au miroir

Lorgner
La déconstruction molle de mon image

M’acharner
À déchiffrer les fragments
D’une enfant

Obstinément présente

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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DERNIER COULOIR (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


Ettore Aldo Del Vigo -   (29)

 

DERNIER COULOIR

Avant tout : joie de servir
et de chanter si tu l’aimes,
avant tout : le seul désir
d’être pareil à toi-même
aux plages de ton poème
et d’éterniser l’instant.
Etre, avant tout, du voyage,
ne pas marchander le temps,
s’acharner dans les cordages
contre marées, contre vents.
Avant tout, s’en dégager
même si le masque est d’or,
toujours visière levée,
les bras nus et sans épée,
en attendant de partir
avant tout : joie de servir.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Je m’acharne à croire aux mots (Ludovic Janvier)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



 

Je m’acharne à croire aux mots, seulement voilà :
on les croit faits pour désigner les choses, or ils désignent le manque d’elles.
Leur lointain, si vous préférez. Et c’est ce lointain qui nous écarte de nous.

(Ludovic Janvier)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alberto Giacometti

 

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L’amour ? (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



L’amour ? Frivole jeu! Vain espoir d’être aimé !
Vouloir toujours dans son âme le temps de mai !

Comme on s’acharne après cette folle chimère
De se sentir, avec un autre, congénère,
De ne plus être seul, ni deux, mais un enfin…
Rêve illusoire ! On est deux miroirs face à face
Se renvoyant quelques reflets à leur surface…
Ah ! s’être, fût-ce un jour, réalisé divin !
Avoir enclos l’éternité dans des minutes !
Mais c’était se vouer à d’impossibles luttes,
Car on ne peut pas faire avec deux corps un coeur,
On n’entre pas de force ainsi dans le bonheur !
Vanité que tous ces essais de bucolique,
Ces fièvres, ces baisers, ces brèves pâmoisons,
D’où l’on sort vide et vraiment trop mélancolique.

Quant aux quotidiens conquérants de toisons,
Futile aussi, leur appétit de renommée.
(La gloire ? écrire un peu son nom dans la fumée!)
Ah ! combien vains tous ces ambitieux cabrés
Pour être les chevaux vainqueurs dans la revue
Est-ce la peine aussi ? Vaut-il qu’on s’évertue
Vers des arcs de triomphe aussitôt délabrés ?

L’orgueil, l’amour, autant d’inutiles trophées
Dont se faire un moment des tombes attifées.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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TABLEAU D’OMBRES (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



 


    
TABLEAU D’OMBRES

Je peins la neige
je m’acharne
à peindre à plomb
avec un gros pinceau
sur cette page blanche
la neige

je peins la terre
je peins l’ombre
de la terre la nuit
je ne dors pas
je peins
toute la nuit

la neige tombe à plomb
et s’acharne
sur ce que je peins
une grande ombre
tombe
sur mon tableau d’ombres

sur cette ombre
je m’acharne à peindre
avec le gros pinceau
de la nuit
mon ombre minuscule.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Pourquoi suis-je moi et pas toi, Pourquoi Dieu, le diable et son train? (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



Pourquoi les rats, pourquoi les mouches,
Pourquoi le pain, pourquoi le sel,
Pourquoi ces orages farouches,
Pourquoi le pré, pourquoi le ciel?

Pourquoi la vie, pourquoi la mort,
Pourquoi le bien, pourquoi le mal,
Pourquoi cet enfant qui crie fort,
Ce vieux aux mains originales?

Pourquoi hier, pourquoi demain,
Pourquoi les gueux, pourquoi les rois,
Pourquoi suis-je moi et pas toi,
Pourquoi Dieu, le diable et son train?

Oh! je pourrais continuer…
On le fait depuis tant de siècles!
Cependant, il pousse, le blé;
Il s’acharne à parler, le bègue

(Maurice Carême)

Illustration: Erich Heckel

 

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