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A Amsterdam (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



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A Amsterdam

A Amsterdam, il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames de mes yeux, j’ai pas vu Dieu à Amsterdam.
A Amsterdam, il y a les eaux, il y a les âmes.
J’ai vu les eaux dans les canaux, j’ai pas vu d’âme à Amsterdam.
A Amsterdam y a des vélos et y a des trams
et des bateaux qui font font l’amour au carrefour à Amsterdam.

[Refrain] :
Il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames, où donc est Dieu?

A Amsterdam, il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames de mes yeux, j’ai pas vu Dieu à Amsterdam.
A Amsterdam y a des florins avec des diams
et tout s’achète et tout se vend, même le vent, à Amsterdam.
A Amsterdam, il y a Van Gogh, il y a Van Dam.
Les chimpanzés sont exposés dans les musées à Amsterdam.

[Refrain]

A Amsterdam la Chine, l’Afrique et l’Islam
sont réunis et toutes les races enfin s’embrassent à Amsterdam.
A Amsterdam les fourmis, les hippopotames
sont assemblés dans un baiser plutôt osé à Amsterdam.
A Amsterdam j’ai cherché le Dieu d’Abraham.
Jésus, est-il ce jeune bonze qui se bronze à Amsterdam?

[Refrain]

A Amsterdam, il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames de mes yeux, j’ai pas vu Dieu à Amsterdam.
A Amsterdam, voici des pigeons qui s’enflamment
devant les belles qui ruminent dans les vitrines à Amsterdam.
A Amsterdam, dans les saunas, dans les hammams
Marcuse transmet son message dans les massages à Amsterdam.

[Refrain]

A Amsterdam y a du haschich par kilogrammes.
Ma bien-aimée dans la fumée fut embaumée à Amsterdam.
A Amsterdam j’ai vu soudain monter mon âme
par le p’tit trou qu’un vieux couteau m’a fait dans l’dos, à Amsterdam.

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A Amsterdam, il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames de mes yeux, j’ai pas vu Dieu à Amsterdam.

(Guy Béart)

 

 

 

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PARCE QUE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



Illustration: Alberto Pancorbo
    
PARCE QUE

Parce que les autres se déguisent et toi non
.. Parce que les autres évoquent la vertu
Pour acheter ce qui ne mérite pas pardon.
Parce que les autres ont peur et toi non.

Parce que les autres sont des tombeaux chaulés
Où en silence la pourriture fermente.
Parce que les autres se taisent et toi non.

Parce que les autres s’achètent et se revendent
Et leurs gestes produisent encore des dividendes.
Parce que les autres sont habiles et toi non.

Parce que les autres marchent à l’ombre des abris
Et avec le danger main dans la main tu marches.
Parce que les autres calculent et toi non.

***

PORQUE

Porque os outros se mascaram mas tu não
Porque os outros usam a virtude
Para comprar o que não tern perdão.
Porque os outros têm medo mas tu não.

Porque os outros são os túmulos caiados
Onde germina calada a podridão.
Porque os outros se calam mas tu não.

Porque os outros se comprara e se vendem
E os seus gestos dão sempre dividendo.
Porque os outros são hábeis mas tu não.

Porque os outros vão d sombra dos abrigos
E tu vais de mão dadas corn os perigos.
Porque os outros calculam mas tu não.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

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IDYLLE ROUGE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



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IDYLLE ROUGE

Le chemineux s’est dit : « Je veux
Cette jouvencelle aux cheveux
D’aurore blême ».
Mais la jouvencelle a du bien
Tandis qu’est gueux, gueux comme un chien
Le gars qui l’aime !

Et la belle, aux riches galants
Seuls ! ouvrira les rideaux blancs
De son alcôve ;
Elle course le miséreux…
Alors, par les chemins poudreux,
Le gars s’ensauve !

Errant le jour, de ci de là
Il geint, et la nuit lorsque la
Lune pâlotte
L’éveille au fond de son fossé,
Laissant saigner son cœur blessé
Le gars sanglote.

Dans l’ombre des vieux cabarets
Où le vin, des pichets de grés
A grands flots coule,
Il va se reposer un brin
Et, pour oublier son chagrin,
Le gars se saoule !

Enfin, il vient de faire don
De sa raison aux femmes dont
L’amour s’achète.
Il va par les quais, triste et seul…
Le grand fleuve ouvre son linceul…
Le gars s’y jette…

(Gaston Couté)

 

 

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Parce que (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2017



Parce que

Parce que les autres se masquent mais toi non
Parce que les autres usent de la vertu
Pour acheter ce qui est sans rémission.
Parce que les autres ont peur mais toi non.

Parce que les autres sont des tombes blanchies
Où germe silencieuse la pourriture.
Parce que les autres se taisent mais toi non.

Parce que les autres s’achètent et se vendent
Et que leurs gestes donnent des dividendes.
Parce que les autres sont malins mais toi non.

Parce que les autres vont se mettre à l’abri
Et que toi tu vas main dans la main avec les périls.
Parce que les autres calculent mais toi non.

***

Porque

Porque os outros se mascaram mas tu não
Porque os outros usam a virtude
Para comprar o que não tem perdão
Porque os outros têm medo mas tu não

Porque os outros são os túmulos caiados
Onde germina calada a podridão.
Porque os outros se calam mas tu não.

Porque os outros se compram e se vendem
E os seus gestos dão sempre dividendo.
Porque os outros são hábeis mas tu não.

Porque os outros vão à sombra dos abrigos
E tu vais de mãos dadas com os perigos.
Porque os outros calculam mas tu não.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Claude Weisbuch

 

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