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Poésie

Posts Tagged ‘s’achever’

II a plu tout un jour (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



II a plu tout un jour de grisaille et de brume,
Pareil à mon esprit tranquille et résigné
Qui se trouve chez lui sous le ciel déblayé.
Il a plu tout le jour et les vitres s’allument ;
Il a plu tout le jour et ce n’est pas fini…
Avant l’heure, l’après-midi lente s’achève ;
A tant de souvenirs mon coeur s’est rajeuni.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

 

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La mer est belle (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: William Bouguereau
    
La mer est belle, mais le jeu des muscles lisses
Est plus beau, qui s’achève en sursaut de délice

Dans la noirceur mouvante où je suis le nageur
Jamais las de renaître et mourir sur ton cœur

Et fouler de baisers le golfe de tes cuisses

Comme après le naufrage on chérit son sauveur.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA CIGALE ET LE GRILLON (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

LA CIGALE ET LE GRILLON

La Poésie de la Terre jamais ne meurt :
Quand tous les oiseaux défaillent sous le soleil brûlant,
Et se cachent dans la fraîcheur des arbres, une voix court
De haie en haie par la prairie fraîche fauchée ;
C’est la voix de la cigale ; elle mène le branle
Dans la féerie d’été puis — car il n’est point de terme
A ses enchantements — épuisée de plaisir,
S’enivre d’indolence sous une herbe accueillante.
La Poésie de la Terre ne s’achève jamais :
Dans la désolation d’un soir d’hiver, quand le gel
A tissé son silence, de l’âtre monte
Le chant aigu du grillon, dont la chaleur sans cesse croît,
Apportant à celui que gagne la torpeur
Le chant de la cigale parmi les monts herbeux.

(John Keats)

 

 

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L’abîme n’admet pas l’ordre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
L’abîme n’admet pas l’ordre,
le désordre non plus.
Et nous savons que tout est un abîme.

Pourtant,
le jeu de la feuille et du vent
s’achève toujours à l’endroit le plus exact.
Et aucune feuille ne souille
le lieu où elle tombe.

Il se peut qu’une feuille ordonne
ou peut-être désordonne
une autre face de l’univers.

***

El abismo no admite el orden,
pero tampoco el desorden.
Y sabemos que todo es un abismo.

Sin embargo,
el juego de la hoja y el viento
siempre acaba en el sitio más exacto.
Y ninguna hoja ensucia
el lugar donde cae.

Quizá una hoja ordene
o tal vez desordene
otra faz del universo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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AH! Instants qui abolissent le lendemain (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (48) 

AH!
Instants qui abolissent
le lendemain ; qui s’achèvent
dans le présent ; quand nous sommes prêts
à tout, n’importe quoi,
ni avec quoi !

Comme se redresse
notre être ; que nous sommes grands,
alors ! Que nous sommes seuls !

…Et que nous avons peu besoin
de l’homme, et de dieu !

***

¡AY!
¡Instantes, en que el mañana
no vale nada; en que es hoy
el fin; y estamos dispuestos
a todo, no importa qué,
ni con qué!

¡Cómo se alza
nuestro ser; qué grandes somos,
entonces! Que solos somos !

… ¡Y qué poquísima falta
nos hace el hombre, ni el dios!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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Le vol le plus pur (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Illustration: Henri Matisse
    
Le vol le plus pur n’est pas toujours
à l’origine des choses.
Après la chute,
le vol est plus vol encore,

son aile va vers rien ou vers tout
et la beauté qui se brise
est plus de beauté encore.
Ainsi en témoigne le jour.
La lumière naissante
copie seulement la transparence.

Lorsque cette lumière se fracture,
la transparence trouve son corps complet.

La même chose se produit avec la nuit.
L’ombre commence toujours par imiter la mort,
mais au centre vivant de l’ombre
pousse une branche obscure
que la nuit préserve
comme si elle était un chant.
Et à son extrémité la plus lente
il y a une fleur faite de mots.

Après la chute
s’achèvent les différences
entre la nuit et le jour.

Nuit-jour de ce qui veille sans cesse.

***

No siempre el vuelo mas puro
está en el origen de las cosas.
Después de la caida
el vuelo es más vuelo,
su ala va hacia nada o hacia todo,
y la belleza que se rompe
es todavía más belleza.

Así lo prueba el día.
La luz recién nacida
sólo copia la transparencia.

Cuando esa luz se quiebra
la transparencia balla su cuerpo íntegro.

Lo mismo ocurre con la noche.
La sombra comienza siempre por imitar a la muerte,
pero en el centro vivo de la sombra
crece una rama oscura
que la poche preserva
como si fuera un canto.
Yen su extremo más lento
hay una flor hecha de palabras.

Después de la caída
cesan las diferencias
entre la noche y el dia.

Nochedía de lo siempre despierto.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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LE poème continu (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019




    
LE poème continu,
l’écriture continue,
le texte qui jamais ne s’achève
et ne s’interrompt jamais,
le texte qui équivaut à être.

La vie se convertit
en une forme d’écriture
et chaque chose est une lettre,
un signe de ponctuation,
l’inflexion d’une phrase.

Métabolisme inaugural
d’une philologie
qui a découvert un nouveau verbe :
le verbe toujours.

La poésie s’écrit toujours,
vivre se vit toujours,
quelque chose s’éveille toujours :
poème-toujours.

L’être est écriture.

Et une parole est suffisante
pour toute l’action :
toujours.
L’autre verbe,
jamais,
n’est que son ombre.

***

EL poema continuo,
la escritura continua,
el texto que nunca se termina
y nunca se interrumpe,
el texto equivalente a ser.

La vida se convierte
en una forma de escritura
y cada cosa es una letra,
un signo de puntuación ,
la inflexión de una frase.

Inaugural metabolismo
de una filología
que ha descubierto un nuevo verbo:
el verbo siempre.

La poesía se escribe siempre,
vivir se vive siempre,
algo despierta siempre:
poema-siempre.

El ser es escritura.

Y una palabra es suficiente
para toda la acción :
siempre.
El otro verbo,
nunca,
es tan sólo su sombra.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

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Ni vent perdu ni ruisseau effondré (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



    

Ni vent perdu ni ruisseau effondré
ne prétendent à l’amour.
Mais toi dans l’unique voisinage

De cette mort dont tu rêves,
pareille aux passions cachées,

Mort secrète et qui s’ouvre comme
une trappe,
tu as le corps empli de voix,
sa musique est sans mémoire
et ne s’achève pas.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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VU DANS UN MIROIR (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




    
VU DANS UN MIROIR

Derrière l’arbre, la maison, les étoiles,
Il y a la présence que je ne peux voir
Autrement que maison, arbre ou étoiles.

Arbre, maison, étoiles
S’étendent à l’infini à l’intérieur d’eux-mêmes
Dans le mystère du monde

Où tournent les roues de la Puissance dont bat le pouls
Issu de rien, issu de la nuit,
Feuilles, pierres et feux,

L’arbre de fête vivant autour duquel la danse
— Chromosomes, noyaux d’atomes —
Trace un dédale de branches et de feuilles,

La maison de pierre, dressée, qui s’est désagrégée
Dans le torrent en fusion quand fut précipité
Hors du chaos ce vaste monde,

Et les soleils dont l’embrasement fait renaître
Ou s’achever la course que l’arbre, la maison et le monde traversent,

Maintenus par l’Être que je ne peux connaître
Sous une autre forme que les „toiles, les pierres et les arbres
Dans le miroir de la nature, dans les yeux de la nature.

***

SEEN IN A GLASS

Behind the tree, behind the bouse, behind the stars
Is the presence that I cannot see
Otherwise than as bouse and stars and tree.

Tree, bouse and stars
Extend to infinie within themselves
Into the mystery of the world

Where whirl the wheels of power whose pulses beat
Out of nothing, out of night,
Leaves, Stones and fares,

The living tree whose maypole dance
Of chromosome and nucleus
Traces the ma

The standing bouse of Stone that poured
In malien torrent when was hurled
Out of chaos this great world,

And suns whose kindling begins anew
Or ends the course that tree, bouse, world nove through,

Upheld by being that I cannot know
In other foret than stars and stones and trees
Assume in nature’ s glass in nature’s eyes.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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QUI PARLE ? (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



Illustration: Frederick McCubbin
    
QUI PARLE ?

Qui parle ?
Voix venue de quelle enfance au fond de l’enfance
(tel un jardin abandonné tout au fond des taillis noirs où nul
jamais ne se hasarde).
Quel est ce récit où l’oubli, le mensonge et les paroles folles
se mêlent selon l’ennui, la chance ou le regret ?

Où commence ce qui fut, où s’achève ce qui jamais n’advint ?
La vérité pourtant, la vérité peut-être,
éclat furtif, parfois,
promesse ou défi.

Qui murmurait ? qui écoute ?
Cortège de souvenirs, fables dans le futur,
silence toujours trop vide ou trop lourd,
jadis et demain échangent leurs couleurs.

Du sang, des mots, du temps :
énigme
familière, décevante, et sacrée.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

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