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Poésie

Posts Tagged ‘s’achever’

Pourquoi tarder? (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Pourquoi tarder? Dans le pin l’écureuil
de sa queue en torche frappe l’écorce.
Le croissant de lune descend et sa corne
au soleil s’émousse. I1 fait jour.

Un souffle, et la fumée indolente tressaille,
elle se défend au point qui t’enclôt.
Rien ne finit, tout s’achève lorsque, foudre,
tu quittes le nuage.

***

Perché tardi? Nel pino lo scoiattolo
batte la coda a torcia sulla scorza.
La mezzaluna scende col suo picco
nel sole che la smorza. E giorno fatto.

A un soffio il pigro fumo trasalisce,
si difende nel punto che ti chiude.
Nulla finisce, o tutto, se tu fôlgore
lasci la nube.

(Eugenio Montale)

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AU DERNIER QUART DE LA NUIT (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

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AU DERNIER QUART DE LA NUIT

Hors de la chambre de la belle
rose de braise, de baisers
le fuyard du doigt désignait
Orion, l’Ourse, l’Ombelle
à l’ombre qui l’accompagnait

Puis de nouveau dans la lumière,
par la lumière même usé,
à travers le jour vers la terre
cette course de tourterelles

Là où la terre s’achève
levée au plus près de l’air
(dans la lumière où le rêve
invisible de Dieu erre)

entre pierre et songerie

cette neige : hermine enfuie

(Philippe Jaccottet)

Illustration: François Malespine

 

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Que me parles-tu de gloire (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020




Que me parles-tu de gloire,
A quoi bon ces vains discours ?
Donne-moi plutôt à boire,
Rends-moi plutôt mes amours.
Vois, ma tête est déjà chenue
Et des suprêmes adieux
L’heure tôt sera venue !
De ce vin qu’aiment les dieux
Verse donc, verse, mon page,
Emplis ma coupe à plaisir
Pour que mon ultime page
S’achève sur un désir.

(Pascal Bonetti)

Illustration: Gérard de Lairesse

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Au Bout De Mes Rêves (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Au Bout De Mes Rêves

Et même si le temps presse
Même qu’il est un peu court
Si les années qu’on me laisse
Ne sont que minutes et jours

Et même si l’on m’arrête
Ou s’il faut briser des murs
En soufflant dans des trompettes
Ou à force de murmures

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout de mes rêves
J’irai au bout de mes rêves
Où la raison s’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même s’il faut partir
Changer de terre ou de trace
S’il faut chercher dans l’exil
L’empreinte de mon espace

Et même si les tempêtes
Les dieux mauvais, les courants
Nous feront courber la tête
Plier genoux sous le vent

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout des mes rêves
J’irai tout au bout de mes rêves
Où la raison q’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même si tu me laisses
Au creux d’un mauvais détour
En ces moments où l’on teste
La force de nos amours

Je garderai la blessure
Au fond de moi tout au fond
Mais au-dessus je te jure
Que j’effacerai ton nom

J’irai au bout de mes rêves…
(Jean-Jacques Goldman)

 

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On se prouve que tout est bien (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



 

Jean Paul Avisse _86b7

On se prouve que tout est bien ;
Qu’il est sage de changer de rêve ;
Que tout sera mieux, demain ;
Que le passé s’y achève ;

Qu’il est bon de rompre un lien ;
De fouler les feuilles mortes ;
Qu’hier est déjà trop ancien
Pour qu’on en cause encor de la sorte ;

Que la vie est toujours nouvelle ;
Que demain est le jour des forts…
Je me souviens d’heures plus belles
Que demain — et demain, c’est la mort.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

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II a plu tout un jour (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



II a plu tout un jour de grisaille et de brume,
Pareil à mon esprit tranquille et résigné
Qui se trouve chez lui sous le ciel déblayé.
Il a plu tout le jour et les vitres s’allument ;
Il a plu tout le jour et ce n’est pas fini…
Avant l’heure, l’après-midi lente s’achève ;
A tant de souvenirs mon coeur s’est rajeuni.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

 

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La mer est belle (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: William Bouguereau
    
La mer est belle, mais le jeu des muscles lisses
Est plus beau, qui s’achève en sursaut de délice

Dans la noirceur mouvante où je suis le nageur
Jamais las de renaître et mourir sur ton cœur

Et fouler de baisers le golfe de tes cuisses

Comme après le naufrage on chérit son sauveur.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA CIGALE ET LE GRILLON (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

LA CIGALE ET LE GRILLON

La Poésie de la Terre jamais ne meurt :
Quand tous les oiseaux défaillent sous le soleil brûlant,
Et se cachent dans la fraîcheur des arbres, une voix court
De haie en haie par la prairie fraîche fauchée ;
C’est la voix de la cigale ; elle mène le branle
Dans la féerie d’été puis — car il n’est point de terme
A ses enchantements — épuisée de plaisir,
S’enivre d’indolence sous une herbe accueillante.
La Poésie de la Terre ne s’achève jamais :
Dans la désolation d’un soir d’hiver, quand le gel
A tissé son silence, de l’âtre monte
Le chant aigu du grillon, dont la chaleur sans cesse croît,
Apportant à celui que gagne la torpeur
Le chant de la cigale parmi les monts herbeux.

(John Keats)

 

 

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L’abîme n’admet pas l’ordre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
L’abîme n’admet pas l’ordre,
le désordre non plus.
Et nous savons que tout est un abîme.

Pourtant,
le jeu de la feuille et du vent
s’achève toujours à l’endroit le plus exact.
Et aucune feuille ne souille
le lieu où elle tombe.

Il se peut qu’une feuille ordonne
ou peut-être désordonne
une autre face de l’univers.

***

El abismo no admite el orden,
pero tampoco el desorden.
Y sabemos que todo es un abismo.

Sin embargo,
el juego de la hoja y el viento
siempre acaba en el sitio más exacto.
Y ninguna hoja ensucia
el lugar donde cae.

Quizá una hoja ordene
o tal vez desordene
otra faz del universo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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AH! Instants qui abolissent le lendemain (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (48) 

AH!
Instants qui abolissent
le lendemain ; qui s’achèvent
dans le présent ; quand nous sommes prêts
à tout, n’importe quoi,
ni avec quoi !

Comme se redresse
notre être ; que nous sommes grands,
alors ! Que nous sommes seuls !

…Et que nous avons peu besoin
de l’homme, et de dieu !

***

¡AY!
¡Instantes, en que el mañana
no vale nada; en que es hoy
el fin; y estamos dispuestos
a todo, no importa qué,
ni con qué!

¡Cómo se alza
nuestro ser; qué grandes somos,
entonces! Que solos somos !

… ¡Y qué poquísima falta
nos hace el hombre, ni el dios!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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