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Poésie

Posts Tagged ‘sacrer’

Percé de lucarnes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



Percé de lucarnes

Débusque ce battement-de-nous
gravé dans l’énigme

Explore cette trame-de-nous
où l’univers s’avive

Le coeur percé de lucarnes
Reconnais la rencontre

Sacre l’éphémère.

(Andrée Chedid)

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Sacre de la Mer (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
Sacre de la Mer

Tes yeux sont assez beaux pour recevoir la mer
— peut-être aimerai-je enfin l’écume dans leur eau
où le ciel erre et qui baigne la lumière
ouverts sur ce néant que tourmente le vent

Tes yeux peuvent couvrir l’océan
vol de paupières au lointain du cristal
leur ombre pure qui fane ton visage
n’a pas l’élan des ailes des sombres goélands
dont la tache éteint l’eau

Tout reste vie en cette chambre bleue
où la mer converge comme en un double fleuve
elle est ici entière : tu la tiens sans la prendre
ainsi que ce Roi pur à l’anneau de mystère
tu règnes transparence sans troubler l’aventure
des êtres qui se guettent — vol et nage — des lisières interdites.

il a glissé fragile à ton doigt de poète
voici le sel de ton baptême dont te sacre le vent

Depuis l’éternité cette eau d’envol et de coulée
lasse d’une navette de soleil et de neige
se conserve et se berce en l’espoir de ton ombre

et voici ta clarté qui cerne et piège l’étendue

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Au pays blanc des aubépines (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Au pays blanc des aubépines

Au pays blanc des aubépines,
Se promener est un délice.
Le coeur travaille dans la joie
Et l’âme est pleine d’hosannas.
Chaque pente est une montagne
Que la neige pare de bulles.

Dans la jeunesse de notre âge
Les aubépines nous sacraient,
Tu étais la reine du jour,
Je te couvrais de mes baisers
Et mes caresses sur ton corps
Posaient des pétales d’amour.

Il me reste pour te louer
Le souvenir des aubépines
Et la neige de mes poèmes

Puisque s’use le temps

(Roger Foulon)

 

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Poème du Fou (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
Poème du Fou (fagus: ancien du hêtre)

1
toi
qu’on appelait fou
hêtre

dont le nom
sonne
comme
l’être
nous sommes frères
car je suis
aussi
fou
que
toi

2
hêtre de l’hiver
dans le vent aigre
et bougonneur

penché
du côté
ascendant

être mien
dans les bois
qui penche du côté
du fou
du côté
ascendant

3
avec pour compagnon
le hêtre
— hors
la raison —
dans un pays
plus grand

plus grand
ô oui
où je ne rencontre
personne
que ces élans
de sève

4
fou qui s’incline
devant quel maître ?
fou dans la clarté
du matin
fou sous la pluie

jusqu’aux limites
où l’on ne voit
plus
les fumées
des maisons
humaines

5
gesticulant
sur ce chemin
sacrant
chantant

ah mes compagnons
les hêtres
me regardant
aller vers eux

6
j’écoute leur
murmure de
fou

leur babil de
feuilles
sur la route
des vents

leur chant
océanique

7
fous et fougères
autour
de moi

quelle terre haute
quel ciel ardent
émergent

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Où est celui de qui j’étais aimée? (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2017



Quand l’âge, à me fondre en débris,
Vous-même aura glacée
Qui n’avez su de ma pensée
Me sacrer les abris;

Qui, du saut des boucs profanée,
Pareille sécherez
A l’herbe dont tous les attraits,
C’est une matinée;

Quand vous direz: « Où est celui
De qui j’étais aimée? »
Embrasserez-vous la fumée
D’un nom qui passe et luit?

(Paul-Jean Toulet)


Illustration: Alain Marbezy

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A Vénus (Joachim du Bellay)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2017



A Vénus

Ayant après long désir
Pris de ma douce ennemie
Quelques arrhes du plaisir,
Que sa rigueur me dénie,
Je t’offre ces beaux oeillets,
Vénus, je t’offre ces roses,
Dont les boutons vermeillets
Imitent les lèvres closes
Que j’ai baisé par trois fois,
Marchant tout beau dessous l’ombre
De ce buisson que tu vois
Et n’ai su passer ce nombre,
Parce que la mère était
Auprès de là, ce me semble,
Laquelle, nous aguettait
De peur encores j’en tremble.
Or’ je te donne des fleurs
Mais si tu fais ma rebelle
Autant piteuse à mes pleurs,
Comme à mes yeux elle est belle,
Un myrthe je dédierai
Dessus les rives de Loire,
Et sur l’écorce écrirai
Ces quatre vers à ta gloire
« Thénot sur ce bord ici,
A Vénus sacre et ordonne
Ce myrthe et lui donne aussi
Ses troupeaux et sa personne. »

(Joachim du Bellay)

Illustration: Théodore Chassériau

 

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Les Amis de Georges (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2016



 

Les-amis-de-Georges-Brassens

Les Amis de Georges

Les amis de Georges étaient un peu anar
Ils marchaient au gros rouge et grattaient leur guitare
Ils semblaient tous issus de la même famille
Timides et paillards et tendres avec les filles
Ils avaient vu la guerre ou étaient nés après
Et s’étaient retrouvé à St-Germain-Des-Prés
Et s’il leur arrivait parfois de travailler
Personne n’aurait perdu sa vie pour la gagner

Les amis de Georges avaient les cheveux longs
A l’époque ce n’était pas encore de saison
Ils connaissaient Verlaine, Hugo, François Villon
Avant qu’on les enferme dans des microsillons
Ils juraient ils sacraient, Insultaient les bourgeois
Mais savaient offrir des fleurs aux filles de joie
Quitte à les braconner dans les jardins publics
En jouant à cache-cache avec l’ombre des flics

Les amis de Georges on les reconnaissait
A leur manière de n’être pas trop pressés
De rentrer dans le rang, pour devenir quelqu’un
Ils traversaient la vie comme des arlequins
Certains le sont resté, d’autres ont disparu
Certains ont même la Légion d’Honneur qui l’eut cru?
Mais la plupart d’entre eux n’ont pas bougé d’un poil
Ils se balladent encore la tête dans les étoiles

Les amis de Georges n’ont pas beaucoup vieilli
A les voir on dirait qu’ils auraient rajeuni
Le cheveu est plus long, la guitare toujours là
C’est toujours l’ami Georges qui donne le la
Mais tout comme lui ils ne savent toujours pas
Rejoindre le troupeau ou bien marcher au pas
Dans les rues de Paris, sur les routes de province
Ils mendient quelquefois avec des airs de prince

En chantant des chansons du dénommé Brassens

(Georges Moustaki)

 

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C’ÉTAIT UN SOIR DE FÉERIES (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2016



C’ÉTAIT UN SOIR DE FÉERIES

C’était un soir de féeries,
De vapeur enrubannées,
De mauve tendre aux prairies,
En la plus belle de tes années.

Et tu disais, écho de mon âme profonde, —
Sous l’auréole qui te sacre blonde
Et dans le froissement rythmique des soies
« Tout est triste de joies;
Quel deuil emplit le monde?
Tout s’attriste de joies. »

Et je t’ai répondu, ce soir de féeries
Et de vapeurs enrubannées:
« C’est qu’en le lourd arôme estival des prairies,
Seconde à seconde,
S’effeuille la plus belle de tes années;
Un deuil d’amour est sur le monde
De toutes les heures sonnées. »

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration

 

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Dans la douceur (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2015



Dans la douceur

Vaste corps, au tumulte apaisé,
Nonchalant et charnel de dômes et de combes,
Gorge, ventre, hanche au duvet d’herbe claire,
Une fois encore, ton désir, ta caresse nous sacrent
Dans la douceur, la majesté du royaume.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

 

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Percé de lucarnes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2015


Coeur

Débusque ce battement-de-nous
gravé dans l’énigme

Sacre l’éphémère
Reconnais la rencontre

Explore cette trame-de-nous
où l’univers s’avive

Le coeur percé de lucarnes
remonte les soirs muets.

(Andrée Chedid)

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