Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sacrifice’

Des os du sacrifice (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2021


Aert van den Bossche_Martyrdom_of_SS_Crispin_and_Crispinian

 

Donner sans rien prendre,
les os des martyrs ont déjà dit ça.
Donner sans raison,
sans plus rien avoir.

(André Frénaud)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 1 Comment »

Chant du dernier délai (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



 

Alena Plihal - Tutt'Art@ (17) [1280x768]

Chant du dernier délai

Noir c’est mon nom quand je m’éveille
Noir le singe qui me tracasse
Qui grimace moule à manies
Devant le miroir de ma nuit
Noir c’est mon poids de déraison
C’est ma moitié froide pourrie

Noir où la flèche s’est plantée
Où le tison a prospéré
Noir le gentil corps foudroyé
Noir le coeur pur de mon amour
Noire la rage aux cheveux blancs
A la bouche basse et baveuse

Cette envie folle de hurler
Ne cessera qu’avec ma voix
Que sur les charmes de ma tombe
Où viendront pleurer mes complices
Tous ceux qui m’approuvaient d’aimer
Et qui voudraient fêter mon deuil

J’étais construit les mains ensemble
Doublé de deux mains dans les miennes
J’étais construit avec deux yeux
Qui se chargeaient des miens pour voir
Mais aujourd’hui je sens mes os
Se fendre sous le froid parfait

Je sens le monde disparaître
Rien ne demeure de nos rires
Ni de nos nuits ni de nos rêves
Et la rosée est charbonneuse
J’ai trop pleuré la coque est vide
Où ne nous pouvions qu’être deux

Écartez-vous de ma douleur
Elle vient droit de la poussière
Elle nie tous les sacrifices
La mort n’est jamais vertueuse
Écartez-vous si vous avez
Envie de vivre sans mourir

Sous vos paupières desséchées
Et dans la boue de vos désirs
Noir un zéro s’arrondirait
Zéro petit et très immense
Qui est capable de gagner
La souveraine part de l’homme

Noir c’est moi seul soyez plus clairs

(Paul Eluard)

Illustration: Alena Plihal

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE POÈTE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2021



LE POÈTE

Tant qu’Apollon n’exige du poète
qu’il aille oeuvrer au sacrifice saint,
vous le voyez lâchement englouti
dans les soucis futiles de ce monde.
Sa lyre sainte alors se tait,
son âme endormie est glacée
et parmi les pauvres humains
nul n’est plus que lui démuni.

Mais dès que le verbe du dieu
fait vibrer son ouïe sensible,
l’âme du poète frémit,
pareille à l’aigle qu’on éveille.
Les fêtes du monde lui pèsent,
il fuit l’humaine rumeur,
ne courbe pas sa tête altière
devant les idoles vulgaires,
mais s’enfuit, farouche et sévère,
plein d’émoi, regorgeant de chants,
vers la rive des eaux désertes,
dans l’ample clameur des forêts

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jour du sacrifice de printemps (Wang Jia)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration: Utagawa Kunisada
    
Jour du sacrifice de printemps

Au bord du lac aux Oies, riz et sorghos poussent drus
Poulaillers et porcheries ont leurs portes entrouvertes
L’ombre des mûriers s’allonge ; la fête prend fin
Saouls, on rentre, les uns les autres se soutenant !

(Wang Jia)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

S’il y avait un lieu (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019


S’il y avait un lieu

Qui s’ouvrirait enfin
A celui qui s’avance

Pour voir ce qui se joue
Dans le dernier à-pic,

Passés les tourbillons
Dans la flamme et le soufre,

S’il y avait un lieu

Où pour prix du courage
Tout lui serait donné,

Qui n’irait pas au sacrifice ?

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Pourquoi briser ce lien entre nous ? (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Pourquoi briser ce lien entre nous ? D’où te vient cette morgue
envers un pauvre diable prêt pour toi à tous les sacrifices ?
De quel droit répugner à consoler un amour éperdu,
seul reste de vie en un corps malade ?
Si je dois me déshabituer de te voir en personne,
ne peux-tu pas venir à moi par une lettre, un messager ?
Tu es par trop changeante, déconcertante, et je m’y perds.
Que faire ? Insoluble question à mon désarroi.

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Arbre du sacrifice (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Carmen Meyer
    
Arbre du sacrifice

Pointant
Vers le silence extrême
Tu fus la plaie
Et le couteau
Arbre du sacrifice

Au vif d’une croissance intime
Poursuis
Parmi les fibres
Le rêve rigoureux
Jusqu’aux ténèbres
De ta chair.

Voici poindre une lueur
Derniers bourgeons offerts
A la haine
Qui te meurtrit.

En pure perte.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dont acte… (Marc Dugardin)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




    
dont acte…
espérance — un mot
que l’on reçoit
à la manière d’une gifle
ou d’un coup de sabot

toujours plus nombreuses
les feuilles des arbres
se précipitent
dans le feu des sacrifices

quant au rêve
il claque contre le mur
comme un volet
qu’on n’aurait pas attaché

(Marc Dugardin)

 

Recueil: Quelqu’un a déjà creusé le puits
Traduction:
Editions: Rougerie

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le simulacre (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration
    
Le simulacre

Chaque fois que je te vois dans le souvenir,
j’entends chanter le coq en pleine nuit
et une soif de combats et de clochers
me rend au sacrifice où je te perds.

Qui sait où tu te trouves, je ne sais plus
si tes yeux sont en or ou en argent,
mais mon sang est une lumière jaillissante
et à nouveau je mords la douce pomme.

Ô balbutiement des ténèbres, duel
de mousse et de léopard et gémissement,
désespéré qui contrefait le ciel !

L’aube sordide plane comme la cendre,
sur le rêve vaincu et l’oreiller
défiguré par le creux d’une seule tête.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vérité parfois jette son verre d’eau glacée sur un visage qui sommeille (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Il arrive parfois que le choix et le désir se rejoignent,
se concertent et s’accordent. Oh! Alors! Malheur à
l’enfant perdu! Je descends au fil de l’eau sur les troncs
abattus pendant l’hiver, sacrifice que la forêt offre
chaque année aux déesses endormies sur l’eau douce et
lumineuse. Et l’eau ouvre son chemin dans la plaine, et
je m’avance comme un jeune César dans un matin de
chocolat recouvert de papier d’argent.
La vérité parfois jette son verre d’eau glacée
sur un visage qui sommeille.

(Maurice Blanchard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :