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Posts Tagged ‘sacrifice’

Longtemps je t’ai cherchée (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017




    
Longtemps je t’ai cherchée, ô Réalité insaisissable!
Mon coeur est plein de la brûlure de l’attente.

Une musique très douce vibre dans les profondeurs du silence
Mais mieux vaudrait que je me perde dans l’extase de la musique.

Mes mains se sont jointes pour la prière
Mais je n’ai pas trouvé l’apaisement;
Une voix douloureuse en moi criait :
« A quoi sert la prière à l’amant de la vie? »

Le papillon grisé par sa danse folle
Dit à la chandelle ardente :
Le secret de la vie n’est ni dans ta flamme
dans le sacrifice que je consens à l’amour »

Ne crains pas de te meurtrir le cceur
cette urne fragile et combien vulnérable
Plus sera brisé par l’âpreté de la lutte
Plus il sera précieux et cher au créateur.

Crois et en vivant le Mystère deviendra lumineux
Que ton être se consume dans l’immense clarté!

(Mohammad Iqbal)

 

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Le soir d’été (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



    

Le soir d’été retient en adoration
Mille oiseaux bleus, charmants et fiers comme des vices
Cependant que s’opère en moi la fusion
D’Aphrodite et d’Hermès avec que de délices !

Le jeune Ange du, lieu me jette un oeil propice,
Et je célèbre la messe de Passion,
En attendant au ciel magique de Sion,
La lune qui doit agréer le Sacrifice.

Des lampyres par l’herbe éveillent sous mes pas
Des clartés que l’Etoile angélique n’a pas ;
Et tout un pan de ciel adorable s’incline

Vers ia masse fleurie et sombre des halliers,
Où je vois, aux accents de la Flûte apriline,
Les Sexes s’irruer comme autant de béliers.

(Ernest Raynaud)

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Plaine vaste Ciel bas (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017



    

Plaine vaste
Ciel bas

Le désir terrestre
point ne disparaîtra
Tant que jusqu’à l’horizon
Vous lèverez
vos coupes assoiffées

Déjà de plus loin
D’infiniment plus loin
Par longues traînes
ailes étincelantes
âme renouvelée
Arrive la cohorte des nues
prêtes au rite de sacrifice

Un instant encore
Elles retiennent leur souffle
Puis, se donnant entières

Versent

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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LE DÉSIR (Iwan Gilkin)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2017



 Illustration: Alix

    

LE DÉSIR

Mes regards las, sans voir l’or en fleur des jasmins,
Rêvent de cheveux d’or dont la tendresse étonne,
Et, dédaignant des lys la blancheur monotone,
Pleurent la liliale ardeur des jeunes mains.

Ô toi qui dois venir, viens ! mon cœur te réclame,
Mes yeux, tristes d’amour, attendent tes chers yeux.
Car la terre est si vide, et si vides les cieux !
Et rien n’offre un baiser aux lèvres de mon âme.

Toi que j’aimerai, toi qui me tortureras,
Sans assouvir jamais tes douloureux caprices,
Viens, je t’offre à genoux les mortels sacrifices
Où mon sang résigné coulera dans tes bras.

(Iwan Gilkin)

 

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En vérité (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



Illustration: Sabin Balasa
    
En vérité il m’est cher celui qui peut ramener à la maison le voyageur égaré.
Dans la maison est la véritable union, dans la maison est la joie de la vie;
pourquoi abandonnerais-je ma maison pour errer dans la forêt ?

Si Brahma me fait atteindre la vérité,
je trouverai dans la maison à la fois la servitude et la liberté.
Il m’est cher celui qui a le pouvoir de plonger profondément dans le Sein de Brahma,
celui dont l’esprit se perd aisément dans la contemplation.
Il m’est cher celui qui connaît Brahma
et qui peut rester en méditation sur Sa Suprême Vérité.
Il m’est cher celui qui peut jouer la mélodie de l’Infini
en unissant dans sa vie l’amour et le sacrifice.

Kabîr dit : « La maison est le séjour durable;
dans la maison est le réel; la maison nous fait atteindre Celui qui est Réalité.
Ainsi reste où tu es et toutes choses te viendront en leur temps. »

(Kabîr)

 

 

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VÊPRÉE (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017



Illustration: Constantin Brancusi

    

VÊPRÉE

Amour: en ton intimité les formes rêvent
le moment d’exister: il est encore bien tôt
pour s’éveiller, souffrir. Ne se connaissent pas
ceux qui dans ton sortilège se détruiront.

Et tu ne sais toi-même, amour, que tu t’approches
à pas de velours. Tu es tellement secret,
réticent et roué, que tu ressembles à
une maison échappant à son architecte.

Quels présages circulent à travers l’éther,
quels indices de passion, quelle soupirance
hésite, tel le fluor, à se consumer,
si ne vient enfin à l’effleurer ton soulier?

Tu ne veux mordre vite ni profondément.
Tu évites l’éclat que la frayeur répand.
Tu examines chaque âme. Est-ce un feu inerte?
Le sacrifice devra être auguste et lent.

Alors, amour, tu choisis le déguisement.
Sérieux, comme tu t’amuses de cabrioles,
en larges rires sans façons, pieds déchaussés,
dans le cercle de lumière que tu déroules!

Ici contemple ce jardin: les amoureux
deux à deux, lèvre à lèvre, vont accompagnant
de ton caprice l’hermétique astrolabe,
et suivent le soleil dans le jour finissant.

Et ils s’allongent dans l’herbe; et s’enlaçant dans
un désir en ton mineur, ou dans l’indécise
quête d’eux-mêmes, en l’espace s’étirant,
malgré leur corps, ils sont plus légers que la brise.

Et sur la montagne russe ils crient unanimes
de peur et de plaisir ingénu, partagé
par des couples qui se confondent, mais sans flamme,
car plus tard seulement le coeur est embrasé.

Vois, amour, ce que tu fais de cette jeunesse
(ou de ces vieux) qui, sur l’eau languide penchée,
relit, entre toutes, l’histoire sans paroles
à laquelle notre entendement n’a d’accès.

Dans la bousculade pressée des quais de gare,
parmi des sifflements, porteurs et sonneries,
rauque explosion du voyage, qu’il est lyrique
le rouge qui d’une lèvre à l’autre s’enfuit.

Ainsi tes amoureux se font-ils prospecteurs :
l’un est mine pour l’autre, et ne s’épuise pas
cet or que l’on surprend au fond des galeries
dont l’instinct ouvre seul la ténébreuse voie.

Sont-ce des aveugles, sont-ce des automates,
esclaves d’un dieu sans charité ni présence?
Mais ils sourient des yeux, et que de lumineux
gestes d’intégration, au fond de la nuit dense !

N’éprouve pas exagérément tes victimes,
ô amour, laisse les amoureux vivre en paix.
En eux ils conservent, tel un choeur sans cadence,
les enfers à venir et les enfers passés.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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La mort (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2017



Illustration: Ernest Biéler

    

La mort
qui est l’inclinaison
la plus extrême de la voix
le revers du visage
quand il n’a plus de nom.
L’absence
les mots dévoyés
laissent
la page déserte
le blanc immense
et seul demeure
le sacrifice
dans sa nudité.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Ce que tu vois (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



Ce que tu vois n’existe pas et,
pour ce qui est, tu n’as pas de mots.
A moins de voir, tu ne crois pas;
ce qu’on te dit tu ne peux l’accepter.

Celui qui a du discernement apprend par les mots
et l’ignorant reste bouche bée.

Certains contemplent l’Informe et d’autres méditent sur la forme;
mais le sage sait que Brahma est au-dessus des deux.

La beauté de Brahma ne peut se voir par les yeux.
Le rythme de Sa parole ne peut s’entendre par l’oreille.

Kabîr dit : « Celui qui a trouvé à la fois l’amour
et le sacrifice ne descend jamais à la mort.

(Kabîr)

 

 

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Chardon (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



Chardon

On disait que mademoiselle Rose Chardon était une grande et belle fille,
marchant la tête haute, un peu vive dans ses réparties par exemple,
mais excellente au fond, quoique fière; quelques-uns même la prononçaient vaniteuse.
On disait qu’il ne fallait pas l’approcher de trop près;
dans ses yeux brillants, sur le bout de son nez retroussé,
on lisait écrit ces paroles: Qui s’y frotte s’y pique.

M. le marquis Annibal-Astolphe-Tancrède de l’Asnerie
aperçut un jour mademoiselle Chardon qui travaillait à sa fenêtre par un bel après-midi d’été.
Comme le marquis Annibal-Astolphe-Tancrède de l’Asnerie était fort inflammable, il s’enflamma.
[Surgit un rival:]
Le plus charmant petit clerc qui fut au monde, toujours gai,
toujours souriant, tendre et enjoué, sentant l’amour, la jeunesse et la santé d’une lieue.
Qui pourra jamais savoir ce que pense une femme placée entre ses sentiments et ses instincts,
entre son coeur et sa fortune! D’abord elle dit non à la fortune.
La première fois elle crie très-fort, la seconde fort seulement,
la troisième à voix haute, la quatrième elle parle comme à l’ordinaire,
la cinquième à demi-voix, la sixième à voix-basse,
puis elle murmure, puis elle se tait.

La fortune revient à la charge.
La jeunesse, la beauté, l’esprit, les qualités de l’âme et de l’intelligence,
tout cela commence par paraître fort beau,
mais le luxe, l’éclat, le rang, le titre ne sont pas à dédaigner non plus;
on les méprise de loin, le perspective change dès qu’on peut les atteindre.
Le sacrifice coûte quelques soupirs, il est vrai,
mais le feu des diamants sèche bien vite toutes les larmes.
La vanité fait taire l’amour, et comment ne pas être vaine
quand on possède les charmes de mademoiselle Rose Chardon:
Chez le marquis, un soir à la brune on la fit entrer par la petite porte du parc.
Dans la nuit, ils partirent ensemble pour l’Italie.

(J.J. Grandville)

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IPHIGENIE.. (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2016



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IPHIGENIE…

Iphigénie conduite au sacrifice,
Parmi les cris aigus de ceux qui la pleurent,
Marche sereinement dans la lumière
Et son visage qui se tourne vers le vent,
Telle une victoire à la proue d’un navire,
Intact détruit tout le désastre.

***

IFIGÉNIA…

Ifigénia levada em sacrificio,
Entre os agudos gritos dos que a choram,
Serenamente caminha com a luz,
E o seu rosto voltado para o vento,
Como viaria à proa dum navio,
Intacto destrói todo o desastre.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration

 

 

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