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Posts Tagged ‘sacrifier’

C’est creuser dans du noir (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



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Écrire,
C’est creuser dans du noir
C’est au sein de ce noir
Y sacrifier.
Du noir qui est en soi
Le marier à du noir des mots.

(Eugène Guillevic)

Illustration: Arno Rafael Minkkinen 

 

 

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Débaptiser le monde (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



Débaptiser le monde,
sacrifier le nom des choses
pour gagner leur présence.
Le monde est un appel nu,
une voix, pas un nom,
une voix porteuse de son propre écho.

Et la parole de l’homme est une part de cette voix,
non pas un signe du doigt
ni une étiquette d’archive
ni un profil de dictionnaire
ni une carte d’identité sonore
ni un drapeau indicatif
de la topographie de l’abîme.

L’office de la parole,
au-delà de la petite misère,
de la petite tendresse en désignant ceci ou cela,
est un acte d’amour: créer de la présence.

L’office de la parole
est que le monde puisse dire le monde,
que le monde puisse dire l’homme.

La parole: ce corps vers tout.
La parole: ces yeux ouverts.

(Roberto Juarroz)


Illustration: René Magritte

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L’amour (Adélaïde Dufrénoy)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2016



Passer ses jours à désirer,
Sans trop savoir ce qu’on désire;
Au même instant rire et pleurer,
Sans raison de pleurer et sans raison de rire;
Redouter le matin et le soir souhaiter
D’avoir toujours droit de se plaindre,
Craindre quand on doit se flatter,
Et se flatter quand on doit craindre;
Adorer, haïr son tourment;
À la fois s’effrayer, se jouer des entraves;
Glisser légèrement sur les affaires graves,
Pour traiter un rien gravement,
Se montrer tour à tour dissimulé, sincère,
Timide, audacieux, crédule, méfiant;
Trembler en tout sacrifiant,
De n’en point encore assez faire;
Soupçonner les amis qu’on devrait estimer;
Être le jour, la nuit, en guerre avec soi-même;
Voilà ce qu’on se plaint de sentir quand on aime,
Et de ne plus sentir quand on cesse d’aimer.

(Adélaïde Dufrénoy)

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Tu cherches l’image, rassurante, de ce qui n’existe pas (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Tu cherches l’image, rassurante, de ce qui n’existe pas.
De ce qui, à jamais, échapperait à la misère de l’existence.

Qui es-tu, image, pour que je te sacrifie ma vie ?

Qui es-tu, ma peur, pour que j’oublie, sous ton empire,
jusqu’à ce pur instant ?

(Gérard Pfister)

 

 

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Tu es la ressemblance (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



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Tu te lèves l’eau se déplie
Tu te couches l’eau s’épanouit

Tu es l’eau détournée de ses abîmes
Tu es la terre qui prend racine
Et sur laquelle tout s’établit

Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits
Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l’arc-en-ciel
Tu es partout tu abolis toutes les routes

Tu sacrifies le temps
A l’éternelle jeunesse de la flamme exacte
Qui voile la nature en la reproduisant

Femme tu mets au monde un corps toujours pareil
Le tien

Tu es la ressemblance

(Paul Eluard)

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Les femmes (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015




Les femmes,
nous les reconnaissons
à leur cou.
Peut-être que nous sacrifions à une
vieille habitude.
Ici, l’on nomme thorax ou genou
un peu tout.

(Mathieu Bénézet)

 

 

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Extraire de l’angoisse le silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2015




Extraire de l’angoisse le silence
c’est tout
Que faut-il encore sacrifier pour
rendre la parole au silence

(Michel Camus)

Illustration: Gao Xingjian

 

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DU GEL (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2015




DU GEL

Le mal-être des mendiants
Qui s’obligent et tendent la main, est-il
Pour le dieu qui nous trie sur la table
Comparable aux tressautements des alevins
Qui respiraient dans les algues
Avant qu’on les sacrifie
Sous prétexte d’abréger leurs souffrances

(Gérard Noiret)

Illustration

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