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Poésie

Posts Tagged ‘s’affaisser’

Mauvaise mémoire (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020


 

Les cimes dispersées les oiseaux du soir
Au chevet de la rue
Les échos féminins des baisers
Et dans les abris du désir
La grande obscurité éblouissante
des rebelles qui s’embrassent.

A pleines mains la pluie
Sous les feuilles sous les lanternes
A plein silence les plâtras des heures
Dans les brouettes du trottoir
Le temps n’est pas le maître
Il s’affaisse
Comme un rire étudié
Qui dans l’ennui ne germe pas.

L’eau ignorante
la nuit étourdie
vont se perdre
La solitude falsifie toute présence
Un baiser encore un baiser un seul
Pour ne plus penser au désert.

(Paul Eluard)

 

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Rondeauderdrome des vagues (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020



Illustration
    
Rondeauderdrome des vagues

Les vagues touchent le sable
Montent la pente s’affaissent
Avec leurs rouleaux d’écume
Et retournent dans la mer
Les vagues touchent le sable
L’une après l’autre les vagues
Montent la pente s’affaissent
Et retournent dans la mer
L’une après l’autre les vagues
Avec leurs rouleaux d’écume
Les vagues touchent le sable

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Seuls peut-être subsisteront les restes ruinés d’un filet (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



Il est certaines heures
où semblent affleurer
la confusion de l’air,
le doute de la lumière,
la fatigue de l’eau,
la tristesse de la nuit.

Tout équilibre a besoin de repos.
Ainsi s’affaissera l’équilibre dernier
et s’abattront
jusqu’au chant des oiseaux
et jusqu’à la parole la plus secrète.

Seuls peut-être subsisteront
les restes ruinés d’un filet.

(Roberto Juarroz)

Illustration: Île Nancy

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Sous une feuille morte (Takano Suju)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



feuille-neige

Sous une feuille morte
La neige
S’affaisse un peu.

(Takano Suju)

Illustration

 

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ARBRE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
ARBRE

De toi une ombre se dénoue
et fait paraître la mienne morte
qui pourtant va oscillante
et fend l’eau fraîche azurée
sur la rive de l’Anapo, où je reviens ce soir
sous l’impulsion de mars lunaire
riche déjà d’herbes et d’ailes.

Je ne vis pas seulement d’ombre,
quand la terre et le soleil et le doux don de l’eau
ont fait neuve chacune de tes feuilles
pendant que je m’affaisse et que desséché
avec mon visage je touche ton écorce.

***

ALBERO

Da te un ‘ombra si scioglie
che pare morta la mia
se pure al moto oscilla
o rompe fresca arqua azzurina
in riva all’Anapo , a cui torno stasera
che mi spinze matzo lunare
gia d’erbe ricco e d’ali.

Nan solo d’ombra vivo,
ché terra e sole e dolce dono d’acqua
t’ha fatto nuova ogni fronda,
mentr’io mi piego e secco
e sul mia visa tocco la tua scorza.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Au bord de la rivière (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


Coulez vers la mer de l’oubli,
Chansons aimées! Que nul jeune homme
N’aille plus vous chanter, ravi,
Et nulle fille au temps des fleurs.

Vous parliez de mon aimée seule,
Qui aujourd’hui raille ma foi.
Vous fûtes écrites sur l’eau,
Ecoulez-vous donc avec elle.

***

Verfliesset, vielgeliebte Lieder,
Zum Meere der Vergessenheit!
Kein Knabe sing entzückt euch wieder,
Kein Mädchen in der Blütenzeit.

Ihr sanget nur von meiner Lieben;
Nun spricht sie meiner Treue Hohn.
Ihr wart ins Wasser eingeschrieben;
So fliesst denn auch mit ihm davon.

(Goethe)

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Sans plainte (François Muir)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Illustration
    
Sans plainte,
Il s’affaisse
L’assoiffé.
Milliers de sources.
Soleil absent.
Lune absente.
Laquelle choisir ?

(François Muir)

 

Recueil: Toi, l’égaré (poèmes inédits)
Traduction:
Editions: La lettre volée

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DEPUIS QUE TU ES PARTIE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Jean-François Millet
    
DEPUIS QUE TU ES PARTIE

C’est depuis que tu es partie que sont plus froids.
Ici, le seau, le lait, le manche de la hache,
Et que le bois fendu s’affaisse et se détache.
Vois-le tomber, livide et tout roide à la fois!

Sur le sol sourd, le vent dans ses habits s’engage.
Il recherche sa proie, s’arrête, fouille et tranche,
Et de son tourbillon précipite les branches.
Frêle, la feuille alors bronche et tombe avec rage.

Moi, dans un doux vallon déjà je me croyais…
L’aube neuve épousait mes cheveux qui ondulent,
La plante de mes pieds brillait au crépuscule,
Et du Nord et du Sud tes seins me protégeaient.

Je suis assis, chétif… toi t’épanouissant,
Monde lointain, fleur de chiendent… Je te regarde.
Dans ton coeur bleu un ciel de cendre se hasarde
Moi langé par le soir qui tombe immensément…

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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La fausse mort (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017


Pleurez, belles, voici la tombe de l’Amour!
Il s’affaissa ici, pour un rien, par hasard.
Mais est-il mort vraiment? Je n’en jurerais pas
Souventes fois un rien, un hasard le réveille.

***

Scheintod.

Weint, Mädchen, hier bei Amors Grabe! hier
Sank er von nichts, von ungefähr danieder.
Doch ist er wirklich tot? Ich schwöre nicht dafür:
Ein Nichts, ein Ungefähr erweckt ihn öfters wieder.

(Goethe)

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J’ai retrouvé la mer (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017



J’ai retrouvé la mer
Qui peigne les cailloux

Ce battement de coeur
D’une joue qui s’affaisse

Les oiseaux fabuleux
Déchirant un oeil vert

L’espace plus fermé
Qu’un temple de légende

Et quand s’ouvrent les portes
Au sexe fou du vent

L’horizon se rassemble
Et nous sommes vivants.

(Georges Jean)

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