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Poésie

Posts Tagged ‘s’agenouiller’

En forêt (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



En forêt

La mousse pousse autour du tronc
Qui retrouve sa légèreté
Au retour de la pluie
Qui psalmodie à ras du sol
Où tombent des lambeaux d’écorce
Il flotte des oripeaux de brume
Au-dessus de la mare
Où croupissent des astres

Dans la forêt où s’agenouillent des chemins de paix
Et se chevauchent des sentiers d’automne
Je déserte au plus clair du matin
Je m’expatrie vers des limites jamais atteintes
Jusqu’aux confins de la vie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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La prière pour tous (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Evgeni Gordiets   1486-640x461

La prière pour tous

[…]

Il est, loin de nos villes
Et loin de nos douleurs,
Des lacs purs et tranquilles,
Et dont toutes les îles
Sont des bouquets de fleurs !

Flots d’azur où l’on aime
À laver ses remords !
D’un charme si suprême
Que l’incrédule même
S’agenouille à leurs bords !

L’ombre qui les inonde
Calme et nous rend meilleurs ;
Leur paix est si profonde
Que jamais à leur onde
On n’a mêlé de pleurs !

Et le jour, que leur plaine
Reflète éblouissant,
Trouve l’eau si sereine
Qu’il y hasarde à peine
Un nuage en passant !

[…]

(Victor Hugo)

Illustration: Evgeni Gordiets

 

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Ne t’agenouille pas (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019



Illustration: Patrick Mahieux
    
Ne t’agenouille pas.
L’arbre prie debout
et ses propres fruits l’exaucent.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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FABLES (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

Miles Williams Mathis the-sleeping-tree

FABLES
(Extraits)

Peu de mots disent une femme
jusqu’au jour
où la nommer est impossible.

Tu es morte.
Un trou dans la coque,
un boulon qui saute :

ni vu ni connu.
La mémoire est calme.

*

L’amour au coin de la forêt
fit la terre si lourde
que la fille s’agenouilla.

Un passant dit :  » Voyez,
c’est une bague,
ou de l’argent qu’elle a perdu…  »

C’était le goût de vivre
après un grand bonheur.

*

Ici, ton prénom
c’est de la colère,
une fille nue
en quatre-vingt-neuf.

Mais ni toi ni moi
ne croyons aux rêves
que peut faire un soir
l’ouvrier lassé

de forger sa peine
jusqu’à lui donner
la forme d’un glaive
ou d’une chanson.

(Axel Toursky)

Illustration: Miles Williams Mathis

 

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Parfois (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
parfois

quand on est las
de marcher

que les champs de pierres
succèdent
aux champs de pierres

qu’il n’est plus de bornes
ni de critères
et que la ténèbre s’accentue

parfois

quand tout vacille
et se brouille
que l’on devient cet autre
que l’on ne peut rejoindre

qu’il faut poursuivre
encore
alors que s’est éteint
l’espoir de s’agenouiller
un jour près de la source

parfois

au fond de la douleur
et de la nuit

on aimerait tant
que s’achève le voyage

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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TENDRESSES (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Kimberly Dow

    

TENDRESSES

Ferme doucement tes bras, comme une ceinture, sur moi.
O touche, ô touche ma peau ainsi !
Ni l’eau ni la brise de midi ne sont plus douces que ta main.

Aujourd’hui chéris-moi, petite soeur, c’est ton tour.
Souviens-toi des tendresses que je t’ai apprises la nuit dernière,
et près de moi qui suis lasse agenouille-toi sans parler.

Tes lèvres descendent de mes lèvres.
Tous tes cheveux défaits les suivent, comme la caresse suit le baiser.
Ils glissent sur mon sein gauche ; ils me cachent tes yeux.

Donne-moi ta main, elle est chaude !
Serre la mienne, ne la quitte pas.
Les mains mieux que les bouches s’unissent,
et leur passion ne s’égale à rien.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chanson des deux éléphants du paradis (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



II était, il était une fois
Deux éléphants qui ne dormaient pas.

Leurs grands yeux constamment allumés
Effrayaient le monde et les années.

On décida de les enfermer.
Mais nul ne put les emmener.

Il était, il était une fois
Deux éléphants qui ne bougeaient pas.

Ils fixaient toujours le même point
Qui semblait, à chaque fois, plus loin.

Aucun fouet ne les distrayait
Nulle douleur, pas même leurs plaies.

Il était, il était une fois;
Deux éléphants qui ne mouraient pas.

On avait beau leur tirer dessus,
Ils gardaient, malgré eux, le dessus,

Espérait-on la nuit les brûler,
Le feu, à leur contact, s’éteignait.

Cherchait-on alors à les noyer,
Devant eux, la mer s’agenouillait.

II était, il était une fois
Deux éléphants qu’on ne nommait pas.

Ils vivaient leurs mille vies secrètes
Dedans leur regard que rien n’arrête.

Avec leur trompe toujours baissée,
Humaient la terre dans ses pensées.

Il était, il était une fois
Deux éléphants que l’on n’aimait pas.

(Edmond Jabès)

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Films (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018


 


 

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Films

Matin. Ciel bleu. Nuages légers.
La montagne. Les arbres. Les fleurs.
Le soleil derrière la montagne.
Le parc.
Les bancs. La balançoire.
Les enfants avec leurs bonnes.
Le jardinier costaud, vif, bel homme.
Les jeunes filles en mini-jupes.
Les jeunes femmes les admirent.
Les vieilles femmes le regard oblique.
La rue.
Les autos foisonnent. Les coussins sont brûlants.
Les klaxons s’énervent.
Le pavé s’amollit sous la chaleur.
Les cyclistes imprudents. Les signaux lumineux.
Les piétons marchent à grands pas.
Les jeunes filles sont très jolies.
Les jeunes femmes élégantes.
Les vieilles femmes vont lentement.
Le policier avec ses lunettes noires.
Les magasins luxueux.
Les enfants avec leurs mamans.
Les jouets qu’ils réclament.
La radio des restaurants.
Les jeunes filles à l’allure désinvolte.
Les jeunes femmes souriantes.
Les vieilles femmes soucieuses.
L’église.
Les fidèles prient. L’autel au fond de l’église.
L’harmonium de l’église à gauche.
Les statues à droite.
Les jeunes filles qui s’exhibent.
Les jeunes femmes qui s’agenouillent.
Les femmes qui prient, prient fort.
L’atmosphère de piété.
L’heure du retour.
Les provisions pour le dîner.
L’heure du dîner. Les plats succulents.
Les jeunes filles qui mangent peu.
Les jeunes femmes qui mangent bien.
Les vieilles femmes qui mangent trop.
La conversation qui s’anime.
L’après-midi frais et gai.
La glace au chocolat.
La musique au salon.
Les jeunes filles se déhanchent.
Les jeunes femmes balancent mollement les hanches.
Les vieilles femmes chuchotent, chuchotent.

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration: Gifford Beal

 

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Silence (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



    

Silence

Je t’offre le silence
dit une voix — souffle, murmure —
venue de l’au-delà de la terre.
Je t’offre ce jardin de silence,
ce lieu blanc
où tu pourras t’agenouiller
non pas pour la prière
mais pour l’attente immobile
de l’éclosion du silence.

Je t’offre le silence et je me tais.
Je te laisse à ce que l’on nomme silence:
la respiration de la terre,
l’harmonie du sang et de la sève,
du coeur paisible et du frisson des sources.

Ailleurs, dans la fureur des villes
les hommes sont esclaves
et complices du vacarme,
assaillis, engloutis, sans âme ni parole.

Avec l’âgе est venu le temps du retrait et du refus.
Dans la grâce de ce jardin
voici pour la seule pensée
la musique silencieuse des mots.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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RONDE D’AVRIL (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



RONDE D’AVRIL

Les oiseaux et le clair soleil;
Les fleurs aux charrettes, en jonchées;
La feuille pointe au bourgeon vermeil;
Toutes les âmes endimanchées;
La brise souffle du vieux Corcyre
Et d’Amathonte en bruits de rames,
Et le monde est jeune encore à ravir
De chansons claires et de clairs rires
Et de blondes femmes:

Voici le marchand de plaisirs,
Mesdames!
N’en goûtez pas, Mesdames,
Ça fait souffrir…

Les roses, les joues; les rayons et les tresses;
Ta marotte, Amour, est un pavot qu’égraine
Aux champs de la joie tout geste d’ivresse:
Et c’est le sommeil et l’oubli que tu sèmes;
N’as-tu pas pour ta lèvre de chanson pire?
N’as-tu pas de meilleure chanson à nous dire,
Grave Amour, au futile épithalame?
Quel petit chant pour ta grande lyre,
Le vieil intermède et le pauvre drame!

Voici le marchand de plaisirs,
Mesdames!
N’en goûtes pas, Mesdames,
Ça fait dormir….

Il tournoie un air de danse aux feuillées,
Un bruit de baisers en des ritournelles;
L’Idée, recluse des longues veillées,
S’étire aux rayons qui convergent en elle;
Sous les charmes en hâte de reverdir,
L’Endormeuse de tous sourires
S’est assise aux carrefours des âmes;
Et l’Amour, devant elle, s’agenouille et se mire
En ses grands yeux fous où le désir est flamme!

Voici la marchande de plaisirs,
Mesdames!
Ah! goûtez-y, Mesdames,
Ça fait mourir…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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