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Poésie

Posts Tagged ‘s’agenouiller’

Le tigre et le curé (Jean-Luc Moreau)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



Le tigre et le curé

Dans la jungle, un jour, s’aventure
Un curé. Le tigre survient.
«Prions», se dit l’abbé. «Seigneur, je t’en conjure,
Fais que ce tigre soit chrétien.»
Comment le Très-Haut se débrouille,
La chronique n’en parle pas.
Le fauve en tout cas s’agenouille :
«Seigneur», dit-il, bénissez ce repas. »

(Jean-Luc Moreau)

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Chanson des deux éléphants du paradis (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



II était, il était une fois
Deux éléphants qui ne dormaient pas.

Leurs grands yeux constamment allumés
Effrayaient le monde et les années.

On décida de les enfermer.
Mais nul ne put les emmener.

Il était, il était une fois
Deux éléphants qui ne bougeaient pas.

Ils fixaient toujours le même point
Qui semblait, à chaque fois, plus loin.

Aucun fouet ne les distrayait
Nulle douleur, pas même leurs plaies.

Il était, il était une fois;
Deux éléphants qui ne mouraient pas.

On avait beau leur tirer dessus,
Ils gardaient, malgré eux, le dessus,

Espérait-on la nuit les brûler,
Le feu, à leur contact, s’éteignait.

Cherchait-on alors à les noyer,
Devant eux, la mer s’agenouillait.

II était, il était une fois
Deux éléphants qu’on ne nommait pas.

Ils vivaient leurs mille vies secrètes
Dedans leur regard que rien n’arrête.

Avec leur trompe toujours baissée,
Humaient la terre dans ses pensées.

Il était, il était une fois
Deux éléphants que l’on n’aimait pas.

(Edmond Jabès)

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Je crois qu’il faut prendre appui sur le vent (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2016



je crois qu’il faut prendre appui sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer à l’infini

(Zéno Bianu)

Illustration: Brigitte Valin

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Prière pour être sage (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2016



Prière pour être sage

Ah ! ne me soyez plus, orgueil, d’aucun secours.
Cet hiver épuisant me laisse trop sincère
et j’ordonne avant tout une force sévère
à mon coeur fatigué d’inutiles détours.

Il ne me reste plus qu’un misérable amour
et le secret de l’Ange égaré sur la terre ;
mais écoute ! je sais une route légère,
j’imite Dieu avec ce rire de velours…

Que ferais-je à présent de votre lourde vie ?
Montrez-moi le chemin des vagues endormies,
laissez-moi découvrir un rivage inconnu ;

et que m’agenouillant sur ces plages parfaites
par le bruit d’un poème et des eaux satisfaites
la grâce de la mer augmente ma vertu.

(Odilon-Jean Périer)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Je crois qu’il faut prendre appui sur le vent (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



je crois aux cassures
de fièvre
aux sursauts de nuit
aux césures de nerf

je crois
qu’il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

(Zéno Bianu)


Illustration

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Je crois à l’opacité solitaire (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



je crois à l’opacité solitaire
au pur instant de la nuit noire
pour rencontrer sa vraie blessure
pour écouter sa vraie morsure
je crois à ces chemins
où le corps avance dans l’esprit
où l’on surprend
le bruit de fond des univers
par ces yeux
que la nuit
a pleurés en nous
par ces yeux que la vie
a lavés en nous
je crois comme Trakl
qu’il faut habiter la lumière
par un long questionnement
sans réponse
je crois à Zoran Music
dessinant ses fagots de cadavres
sur de mauvais papiers
trouvant encore la vie
au fond du désarticulé
au fond de l’incarné
au fond de l’éprouvé
exorciste
vertical
je crois aux cassures
de fièvre
aux sursauts de nuit
aux césures de nerf
je crois
qu’il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

(Zéno Bianu)

 

 

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La lueur (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2016



La lueur

Et parfois
L’orgueil même
Se replie
Et s’agenouille
Devant l’humble lueur
Comme un secret tu
Parmi tant d’ombre
L’humble clarté
D’or
Là-bas
Où repose
Si pur
Le cœur de Dieu
Frémit
Et palpite
En Son temple
L’Infini en l’infime

(Kristel Saint-Cyr)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Un enfant est à genoux (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2016



 

enfant priant

Un enfant est à genoux
A la place où l’on écoute
Monter son coeur à la gorge,
Où l’on s’étrangle tout seul;
Un enfant qui ne ressemble
A personne et qui choisit
Toujours les heures qui tremblent
Pour s’agenouiller ainsi.

(Louis Emié)

Illustration

 

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RONDE D’AVRIL (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



RONDE D’AVRIL

Les oiseaux et le clair soleil;
Les fleurs aux charrettes, en jonchées;
La feuille pointe au bourgeon vermeil;
Toutes les âmes endimanchées;
La brise souffle du vieux Corcyre
Et d’Amathonte en bruits de rames,
Et le monde est jeune encore à ravir
De chansons claires et de clairs rires
Et de blondes femmes:

Voici le marchand de plaisirs,
Mesdames!
N’en goûtez pas, Mesdames,
Ça fait souffrir…

Les roses, les joues; les rayons et les tresses;
Ta marotte, Amour, est un pavot qu’égraine
Aux champs de la joie tout geste d’ivresse:
Et c’est le sommeil et l’oubli que tu sèmes;
N’as-tu pas pour ta lèvre de chanson pire?
N’as-tu pas de meilleure chanson à nous dire,
Grave Amour, au futile épithalame?
Quel petit chant pour ta grande lyre,
Le vieil intermède et le pauvre drame!

Voici le marchand de plaisirs,
Mesdames!
N’en goûtes pas, Mesdames,
Ça fait dormir….

Il tournoie un air de danse aux feuillées,
Un bruit de baisers en des ritournelles;
L’Idée, recluse des longues veillées,
S’étire aux rayons qui convergent en elle;
Sous les charmes en hâte de reverdir,
L’Endormeuse de tous sourires
S’est assise aux carrefours des âmes;
Et l’Amour, devant elle, s’agenouille et se mire
En ses grands yeux fous où le désir est flamme!

Voici la marchande de plaisirs,
Mesdames!
Ah! goûtez-y, Mesdames,
Ça fait mourir…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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LA RESSEMBLANCE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2015



LA RESSEMBLANCE

Comme un sourire et un nuage,
deux figures dansent et s’effacent
réunissant le sommeil et le mouvement
dans le bref éclat presque animal de l’air.
Et riant, peut-être riant, s’agenouillant
et en étreintes disparaissant dans l’enfance
qui ne connaît qu’un seul jeu, la ressemblance,
elles soufflent une flamme dorée sur les champs
et dessinent sur eux des ombres transparentes.

(António Ramos Rosa)

Illustration: Georges Jules Bertrand

 

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