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Poésie

Posts Tagged ‘sagesse’

Être l’Être (Raphaële George)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017


Et parce que la souffrance est une force,
la nuit de l’attente mène à la sagesse.

Qui peut-être plus homme que l’homme lui-même?

L’exigence du constat se mue en prière.

Désir puissant d’être profond,
d’être l’Être.

La profondeur ne se gagne pas, elle n’a pas de
profondeur, on ne la cerne pas en la plaçant devant soi,
comme quelque chose à atteindre.

(Raphaële George)

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A Mme du Châtelet (Voltaire)(François Marie Arouet)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




Emilie du Châtelet   
    
A Mme du Châtelet

« Si vous voulez que j’aime encore,
Rendez-moi l’âge des amours ;
Au crépuscule de mes jours
Rejoignez, s’il se peut, l’aurore.

Des beaux lieux où le dieu du vin
Avec l’Amour tient son empire,
Le Temps, qui me prend par la main,
M’avertit que je me retire.

De son inflexible rigueur
Tirons au moins quelque avantage.
Qui n’a pas l’esprit de son âge,
De son âge a tout le malheur.

Laissons à la belle jeunesse
Ses folâtres emportements.
Nous ne vivons que deux moments :
Qu’il en soit un pour la sagesse.

Quoi ! pour toujours vous me fuyez,
Tendresse, illusion, folie,
Dons du ciel, qui me consoliez
Des amertumes de la vie !

On meurt deux fois, je le vois bien :
Cesser d’aimer et d’être aimable,
C’est une mort insupportable ;
Cesser de vivre, ce n’est rien. »

Ainsi je déplorais la perte
Des erreurs de mes premiers ans ;
Et mon âme, aux désirs ouverte,
Regrettait ses égarements.

Du ciel alors daignant descendre,
L’Amitié vint à mon secours ;
Elle était peut-être aussi tendre,
Mais moins vive que les Amours.

Touché de sa beauté nouvelle,
Et de sa lumière éclairé,
Je la suivis; mais je pleurai
De ne pouvoir plus suivre qu’elle.

(Voltaire)(François Marie Arouet)

 

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L’Abeille (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2017



L’Abeille

Quand j’envie ta sagesse ô diligente abeille
Alambic des pollens qu’a distillés le ciel
Tricoteuse de cire et fileuse de miel
Pas un fil de tristesse au fond de ta corbeille.

(Bernard Lorraine)

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En somme (Paul Vincensini)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



En somme

La vie en somme
M’aura donné de tout
A satiété

Poil à gratter
Poudre à éternuer
Et d’escampette

Et la sagesse
D’aller sans cesse ailleurs
Cerner
Gratter
Creuser le vide

Le vide seul en fin de compte
N’a pas changé
Le vide seul

Aussi j’y tiens

(Paul Vincensini)


Illustration

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Interlude (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



Interlude

Recueillons-nous; allons reviser nos amours.
Tous ces marais fermés sentent la pourriture,
La décadence; il faut oublier pour toujours
Ce qui fut notre seule nourriture.

Cette nuit sur l’étang de Foulc, en fin décembre,
Ces passages dans l’ombre et ce grand ciel hanté,
Tout cela serait-il une extase de chambre,
Un aveu brutal de stérilité ?

Pourtant le vent sentait l’homme si fortement!
Ce n’était pas un vent d’idéal, de chimère,
Il était tout gonflé des merveilleux relents
Des eaux dormantes et des fondrières.

Il y a quelque chose de mort dans cette âme,
Quelque chose qui ne bat plus, qui sonne creux!
Sagesse! et les destins ironiques proclament
La naissance d’un jour clair et joyeux!

Sagesse! il faut viser aux choses éternelles,
Retourner vers le temple et ses secrets accords,
Où l’on entend, quand on se penche sur leurs stèles,
Si doucement battre le coeur des morts…

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration

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Le remède à la tristesse (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2017



Illustration
    
Le remède à la tristesse
c’est l’enfance
Le contraire de l’esprit de sagesse
c’est l’esprit d’enfance

Celui qui va où bon lui chante

celui qui trouve partout son bien
le bien dont il a besoin
pour grandir pour souffrir ou danser

Celui qui jamais ne s’endort
sauf dans les hautes branches
de l’arbre de
solitude

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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La Tendresse (Noël Roux)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



tendresse

La Tendresse

On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Être inconnu dans l’histoire
Et s’en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non, non, non, non
Il n’en est pas question

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien… on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non, non, non, non
L’amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n’irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tous nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours

(Noël Roux)

Illustration: Tamara Lunginovic

 

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AMIS (William Michaelian)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



AMIS

AMIS Sur le trottoir,
La vieille femme est assise
Devant une petite table.
Elle parle à son chien ;
Elle boit un café,
Elle lui donne des miettes
De son assiette en carton
«  Croissant  » dit-elle
Et le chien répond
Par un petit aboiement
Un éternuement
Qui ressemble exactement
Au mot « flocon ».
Ils se sourient,
Puis s’arrêtent un instant
Pour gratter leurs puces.
Le soleil se lève
Au-dessus du bâtiment de brique
En face dans la rue.
C’est un bon soleil
Plein de compréhension
et d’ancienne sagesse.

(William Michaelian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Chaim Soutine

 

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VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE » (Jean d’Herbenoire)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Jean-Marc Nattier

    

VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE »

Ah! madame la marquise,
Ma mignonne pompadour,
Ayez donc plus de franchise !

Lorsque ma main s’éternise
A chiffonner votre atour…
… Ah ! madame la marquise !

Votre sagesse s’épuise
A prétexter un détour…
Ayez donc plus de franchise !

Lorsqu’un « rien » vous scandalise
Et qu’un masculin contour…
— Ah! madame la marquise!

Allez donc vile à l’église,
Mais ne tournez pas autour :
Ayez donc plus de franchise!

Votre teint devient cerise
Dès que votre troubadour…
Ah! madame la marquise!

Implore une… mignardise
On prononce un calembour…
Ayez donc plus de franchise !

Au diable votre chemise!
C’est tout nu, qu’on fait l’amour :
Ah! madame la marquise,
Ayez donc plus de franchise !

(Jean d’Herbenoire)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Ainsi nous révélons notre statut avec cornes géminées, disque, serpent érigé (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



dieux égyptiens

Les murs ne tombent pas
[8]

Ainsi nous révélons notre statut
avec cornes géminées, disque, serpent érigé,

bien qu’eux ou la plume-double ou lotus
soient, nous dis-tu à présent, des ornements

triviaux, intellectuels ;
les poètes sont inutiles,

et plus encore,
nous, relique authentique,

porteurs de la sagesse secrète,
vestiges vivants

du premier cercle
des initiés du sanctuaire,

ne sommes pas seulement « non-utilitaires »,
nous sommes « pathétiques » :

c’est là la nouvelle hérésie
mais si tu ne comprends même pas ce que disent les mots,

comment peux-tu penser juger
ce que dissimulent les mots ?

pourtant les anciennes rubriques révèlent
que nous sommes revenus au début :

tu as un long chemin à faire,
marche avec attention, parle poliment

à ceux qui ont achevé leur cycle de ver,
car les dieux ont déjà été écrasés

avec les idoles et leur secret est conservé
dans la parole même de l’homme,

dans le trivial ou
le vrai rêve ; insigne

dans la crête du héron,
le dos de l’aspic,

énigmes, rubriques promettent comme
avant, protection pour le scribe ;

il a préséance sur le prêtre,
il n’est inférieur qu’au Pharaon.

***

So we reveal our status
with twin-horns, disk, erect serpent,

though these or the double-plume or lotus
are, you now tell us, trivial

intellectual adornment;
poets are useless,

more than that,
we, authentic relic,

bearers of the secret wisdom,
living remnant

of the inner band
of the sanctuaries’ initiate,

are not only `non-utilitarian’,
we are ‘pathetic’:

this is the new heresy;
but if you do not even understand what words say,

how can you expect to pass judgement
on what words conceal?

yet the ancient rubrics reveal that
we are back at the beginning:

you have a long way to go,
walk carefully, speak politely

to those who have done their worm-cycle,
for gods have been smashed before

and idols and their secret is stored
in man’s very speech,

in the trivial or
the real dream; insignia

in the heron’s crest,
the asp’s back,

enigmas, rubrics promise as before,
protection for the scribe;

he takes precedence of the priest,
stands second only to the Pharoah.

(Hilda Doolittle)

 

 

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