Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sagesse’

Dans la pénombre de la cathédrale (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Dans la pénombre de la cathédrale,
Où la veilleuse veille sur l’image sainte,
La nuit vivante plongera bientôt
Ses yeux dans tes yeux sans sommeil.

Des paroles de sagesse céleste
On sent jaillir les forces de la terre.
Sous les voûtes, c’est l’ombre mystérieuse,
lci — le froid d’un banc de pierre.

L’intense feu d’une rencontre brève
A soufflé son haleine de là-haut
Sur tous ces cierges assoupis,
Sur les images saintes, sur les fleurs.

L’inspiration naît du silence,
Et tes desseins me sont cachés,
Et se pressent confusément la connaissance,
Et le frisson de la colombe et du serpent.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche à la trinité (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017



Illustration: Francine Van Hove
    
retouche à la trinité

solitaire aussi loin qu’il y songe et son roi
toujours deux couverts à sa table
celui de la mort et le sien
la rose auprès du chandelier
sagesse et sommelier
elle verse pour trois

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Proverbes de l’Enfer (2) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



Illustration 
    
Proverbes de l’Enfer (2)

L’Éternité est amoureuse des ouvrages du temps.

L’abeille affairée n’a pas de temps pour le chagrin.

Les heures de la stupidité sont mesurées par l’horloge;
mais celles de la sagesse ne sont à la mesure
d’aucune horloge.

Nulle nourriture saine n’est pour le filet ou dans la trappe.

Sors les nombres, les poids et les mesures
dans le temps de la disette.

Nul oiseau ne s’élève trop haut, s’il vole de ses propres ailes.

Un cadavre ne se venge pas des torts qui lui sont faits.

L’acte le plus sublime : placer un autre avant toi.

Si le sot persistait dans son absurdité, il deviendrait sage.

La sottise est le manteau de la canaillerie.

La Honte est le manteau de l’Orgueil.

***

Eternity is in love with the productions of time.
The busy bee has no time for sorrow.
The hours of folly are measur’d by the clock, but of wisdom: no clock can measure.
All wholsom food is caught without a net or a trap.
Bring out number weight & measure in a year of dearth.
No bird soars too high, if he soars with his own wings.
A dead body revenges not injuries.
The most sublime act is to set another before you.
If the fool would persist in his folly he would become wise.
Folly is the cloke of knavery.
Shame is Prides cloke.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Proverbes de l’Enfer (1) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



Illustration: William Blake
    
Proverbes de l’Enfer (1)

Étudie au temps des semailles, enseigne à la moisson,
amuse-toi en hiver.

Fais passer ta charrette et ta charrue sur les os des morts.

Le chemin de l’excès mène au palais de la sagesse.

La Prudence est une vieille fille, riche et laide,
courtisée par l’Impuissance.

Qui désire et n’agit pas engendre la peste.

Le ver coupé pardonne à la charrue.

Plonge dans la rivière celui qui aime l’eau.

Un sot ne voit pas le même arbre qu’un sage.

Celui dont le visage est sans lumière
ne deviendra jamais étoile.

***

In seed time learn, in harvest teach, in winter enjoy.
Drive your cart and your plow over the bones of the dead.
The road of excess leads to the palace of wisdom.
Prudence is a rich ugly old maid courted by Incapacity.
He who desires but acts not, breeds pestilence.
The cut worm forgives the plow.
Dip him in the river who loves water.
A fool sees not the same tree that a wise man sees.
He whose face gives no light, shall never become a star.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La sagesse des parfums (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
La sagesse des parfums

Vieilles écorces nécrosées
Que des suintements verts enduisent,
Lichens, mousses décomposées
Où des baves d’argent reluisent,

Vernes au ciel de pluviôse
Emmêlant, spectres affolés,
Vos troncs aux pourpres ecchymoses
Et que la serpe a mutilés,

Dispersant vos branches moisies,
Répandez vos philtres, ma chair
Réclame votre anesthésie,
Allégeante morphine, éther.

Que loin des langueurs bestiales
Et du vouloir-vivre importun,
Me plonge en une paix claustrale
Votre torpeur morne, ô parfums.

Bouquets d’anémiques astères
Brouillant au cours des eaux flétries
Des pâleurs mauves de paupières
Que l’ardent amour a meurtries,

Rosiers diaphnéisés,
Blêmes comme des fronts de nonnes,
Qui tendrement agonisez
Aux humides vergers d’automne,

Distillez dans le soir qui meurt
Vers nos coeurs la subtile essence,
Ainsi qu’un opium endormeur,
De vos fleurs en déliquescence;

Prodiguez, troncs velus des ormes
Qu’ont abattus les bûcherons,
Vos sourds relents de chloroforme
Et nos blessures se tairont.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La sagesse des verts (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
La sagesse des verts

Verts cendreux, flétris, effacés
Et qui niez l’intensité
De vivre, comme un coeur lassé
Epris d’ombre et de cécité,

Verts des mousses à la racine
D’un vieil érable desséché,
Sourds autant qu’un sanglot caché
Mourant au creux de la poitrine.

Nuance vraiment d’un mystique
Pénétrant, rappelant la fine
Tonalité des dalmatiques
Qu’un reflet de cierge satine.

Et verts, pourtant inconsolés
Sous le ciel d’hiver impassible,
Parlant de désirs immolés
Et de rêves inaccessibles

Ou que le réel étouffa…
Vert mélancolique et d’antan
Qu’ont les gourgouran de sopha
Ou les menuets chevrotants

Au fond du passé; verts des mousses
Qui parez cet arbre chancreux,
Vous scandez, accord qui s’émousse,
Un langage mystérieux.

Mais, ô paroles estompées,
J’ai saisi vos subtilités
Et je comprends vos mélopées
De tristesse et de volupté,

Verts cendreux, effacés, flétris
Et qui niez l’intensité
De vivre, comme un coeur épris
De néant et de cécité.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma Maison (Yakoub Kolass)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2017



Ma Maison

A peine un sentier dans les champs
Où je m’avance lentement
Tout en regardant alentour.
A l’abri d’un toit bleu foncé
Par une main attentionnée
M’attend une vaste maison.

I1 y fait bon et on y voit
D’une sagesse silencieuse
Partout la trace séculaire
Au gré des vents, vagues du ciel,
Vont les nuages enchanteurs.
Où allez-vous? Mais ils se taisent.

Là-bas la rivière d’argent
Court dans l’abreuvoir qu’elle ronge
Portant la lumière du monde,
Et la prairie de velours vert,
Brochée de couronnes dorées
Étale sa magnificence.

Les chênes, amis du solitaire,
S’élancent vers les cieux si hauts
Jetant leurs branches alentour.
Quelle harmonie, quelle tendresse
Dans l’or des sables qui s’étalent
Près des barques dans la vallée !

Quelle liberté, quel élan !
Que de chansons, de bruits, de cloches
S’offrent aux oreilles et aux yeux !
Chaque chanson à sa manière,
Avec ses sons, avec ses lois,
Offre son écho de l’espace.

Je me parle tout en marchant
Et je contemple ma maison
Avec un tel repos dans l’âme !
Et quelque part une chanson
Chante en harmonie amicale
Avec la terre, avec les cieux.

(Yakoub Kolass)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Métamorphoses (Jaroslav Seifert)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



Métamorphoses

Le garçon se change en un blanc buisson;
le buisson, en pâtre en train de dormir;
ses cheveux si fins, en cordes de lyre ;
et la neige, en neige sur son front blond.

Les mots se changent en questions ;
sagesse et gloire en rudes rides ;
à reculons corde de lyre
se change en fin cheveu; et le garçon
en poète, le poète en buisson,
sous lequel il dormait au temps où
il aimait la beauté d’amour fou.

Quiconque de beauté se toque
sans fin l’aime sa vie durant,
la poursuit toute son époque —
la beauté a des pieds charmants
qu’elle chausse de fines socques.

Le fier carrousel des métamorphoses
change le poète en amant maudit,
car il suffira d’une courte pause :
le voici changé en eau d’alambic,
dont l’alchimiste fait vapeur chimique,
et qu’après, tout au fond il précipite.

(Jaroslav Seifert)

Illustration: Francois Boucher

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tout (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2017



    

Tout ce que je n’ai pas la force de te dire
Sombrera au fond de mon silence

Pourtant je vis à l’avant de l’amour
Sûr que ma mort est derrière moi
Traînant perplexe
Sans avenir,
Sans sagesse

(Adonis)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :