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Poésie

Posts Tagged ‘s’agripper’

Si quelqu’un, tombant de soi-même en soi-même (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2019



Si quelqu’un,
tombant de soi-même en soi-même,
s’agrippe pour se soutenir de soi,
et trouve entre lui et lui,
une porte qui mène autre part,
bienheureux de lui et de lui,
car il a trouvé son brouillon le plus ancien,
la première copie.

***

Si alguien,
cayendo de sí mismo en sí mismo,
manotea para sostenerse de sí
y encuentra entre él y él
una puerta que lleva a otra parte,
feliz de él y de él,
pues ha encontrado su borrador más antiguo,
la primera copia.

***

If someone,
falling from himself into himself,
wings his hands in order to sustain himself
and discovers between himself and himself
a door that opens to another place,
happy in himself and of himself,
then he has found his oldest rough draft,
the first copy.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Les vieux murs aux pierres inégales (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2019



Les vieux murs
Aux pierres inégales
S’élèvent
Selon la main
Le lieu
Et le hasard

Rugueux et tendres
Ils épousent les ans
S’allient aux feuillages

Nos rêves s’y agrippent
Et les traversent
Parfois…

(Andrée Chedid)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Ce que j’ai (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Alex Stevenson Diaz
    

Ce que j’ai

Sous ma peau j’ai une route
sous ma peau j’ai une veste
dix parents infatigables
qui s’accrochent aux deux pans

moi je rentre dans ma peau
et je tire sur l’étoffe
laissez-moi aller aux pierres
laissez-moi ficher le camp
j’aime mieux mâcher le vent
que le bouilli du samedi

sous ma peau j’ai une route
sous ma peau j’ai une porte
je la claque je cours dehors
mais je sens dans tout mon corps
les parents qui s’agrippent encore.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Monter la garde (Marcel Bréchet)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Monter la garde…
Veiller sur la nuit du désert
Faire trêve avec les chacals
Qui exorcisent le silence,
Amadouer l’angoisse
Qui rampe sur l’échine
Ondulante des chevaux de frise,
Et s’agrippe aux pieds du mirador.
Calculer la durée de vie
D’une dernière cigarette…
Attendre l’irréparable.
Se rappeler le mot de passe
Guetter l’aube improbable,
Ecarquiller les yeux, ne pas dormir,
ne pas mourir
Avant que ne s’effacent les étoiles.

(Marcel Bréchet)

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Profondes les racines des mots (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




    
Profondes
les racines des mots
traversant les strates géologiques et temporelles
buvant au cratère des lacs anciens,
s’agrippent aux viscères de la terre,
prélèvent toute mémoire sur leur passage,
augmentent, gonflent,
donnent naissance à d’autres formes.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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Différence implacable (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
différence implacable des sexes,
herse où s’agripper ensemble.
adieu langage amour à refaire toujours

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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La rose sauvage (Olav H. Hauge)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
La rose sauvage

On a chanté les roses,
moi je veux chanter les épines
et la racine – celle qui s’agrippe
fort à la montagne, fort comme
la main d’une jeune fille maigre.

***

Klunger

Rosene har dei sunge um.
Eg vil syngja om tornane
og roti, – ho klengjer seg
hardt um berget, hardt som
ei mager gjentehand.

***

Briar Rose

The rose has been sung about.
I want to sing of the thorns,
and the root–how it grips
the rock hard, hard
as a thin girl’s hand.

(Olav H. Hauge)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Respiration (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



Illustration
    
Respiration

Le vent est ainsi
il ne regarde pas il emporte
Cessez vos simagrées
le vent ne regarde pas
Il ne sert à rien de s’agripper
à la rampe de la mosquée
chaque doigt cédera
ou de croire que vous pourrez rester
dans votre villa cité des Pins
éternellement
Le vent emporte
il ne distingue pas le mort du vivant
l’homme de la femme
la cravate de la semelle
petits tourbillons de poussière
ou bourrasques, tempêtes
sur les esquifs bleus et rouges
dans l’orage qui entrechoque les mondes
ou la vivacité d’un ciel clair

Le vent est magnanime
il fait place nette

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Des profondeurs sans fond (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018



 
    
— Des profondeurs sans fond,
avec ceux qui s’agrippent aux flancs du non-sens,
qui tombent en criant un prénom,
qui lâchent et se laissent tomber
j’appelle je ne sais qui et qui n’écoute pas,
Des profondeurs sans fond,

avec ceux que je garde en ma mémoire morte,
qui vivent mais qui sont condamnés,
qui regardent mais qui ne voient pas,
j’appelle je ne sais qui et qui ne répond pas,

Des profondeurs sans fond,
avec ceux que j’aimais et qui ont disparu,
que j’aime et qui m’ont oublié,
qui m’aiment mais qui n’y peuvent rien,
j’appelle je ne sais qui et qui ne viendra pas,

Des profondeurs sans fond,
avec ceux qui prient et qui espèrent encore,
qui prient pour ne plus espérer,
qui se taisent, qui ne regrettent rien,
j’appelle je ne sais qui mais ignore s’il existe ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Aimée (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




Illustration: Josephine Wall
    
aimée

moissonne la coulée en toi

aimée d’un plus-que-souffle
la veine bat sur l’aurore

c’est toi-même à fleur de soi

à l’envers dans le temps
à l’envers dans le blanc

aimée d’un toujours-ciel

disparue sitôt surgie
disparue

ouvre le visage
qui meurt de vie
qui meurt de nuit

stations du lointain souffert
tes mains s’offrent

pour trouver
les pierres de monde

aimée
projette l’ombre
du paradis

où finit le ciel
c’est ta prière qui voit
c’est ton bleu
qui se noie

aimée
tu pleus toute parole
en gouttes de nuit

quelque chose
on ne sait où
sans répit sans repos
dans la pulpe du je t’aime

aimée de pur désert noir
ta nuit vient
plus vive que neige

meurs l’oubli
tiens la foudre
en haleine

laisse le temps
s’effondrer
dans ta blessure

aimée
moissonne le monde en nous

éveille les noms
qui s’agrippent aux étoiles
au feu qui forge la joie

l’ébloui n’est pas oubli
la chute tremble de vie

enroulée
dans la signature du vide
en attente pure

nul fond nulle fin
quand saigne la présence

(Zéno Bianu)

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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