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Le temps,une grâce princière (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018




    
le temps,une grâce princière que ses pondérations
d’une générosité au-delà du croyable
(bien que chair et sang l’accusent de coercition
qu’esprit et âme de trahison le croient coupable)

ses actes aussi peu raisonnés qu’irraisonnés
sa sagesse annulant l’accord ou le conflit
– les saharas comptent par siècle;huit ou dix milliers
auprès d’un seul instant de rose paraissent petits

il est un temps pour les larmes et un temps pour rire
pour l’espoir la détresse la paix ou les passions
— et un temps pour grandir et un temps pour mourir
un nuit pour le silence:un jour pour les chansons

étais plus que tout(comme viennent tes bien plus que prunelles
me le dire)il est un temps pour l’intemporel

***

in time’s a noble mercy of proportion
with generosities beyond believing
(though flesh and blood accuse him of coercion
or mind and soul convict him of deceiving)

whose ways are neither reasoned nor unreasoned
his wisdom cancels conflict and agreement
– saharas have their centuries; ten thousand
of which are smaller than a rose’s moment

there’s time for laughing and there’s time for crying –
for hoping for despair for peace for longing
– a time for growing and a time for dying:
a night for silence and a day for singing

but more than all (as all your more than eyes
tell me) there is a time for timelessness

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! (Antoine de Saint-Exupéry)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



J’ai vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement,
jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans.

Quelque chose s’était cassé dans mon moteur.
Et comme je n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers,
je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile.
C’était pour moi une question de vie ou de mort.
J’avais à peine de l’eau à boire pour huit jours.

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée.
J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan.
Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé.

– S’il vous plaît… dessine-moi un mouton !

(Antoine de Saint-Exupéry)

 

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UNE SILHOUETTE DE NAGEUR OBSCURE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2016



UNE SILHOUETTE DE NAGEUR OBSCURE

À propos d’une peinture préhistorique
sur un rocher du Sahara:
une silhouette de nageur obscure
dans une ancienne rivière qui est jeune pourtant.

Sans armes ni stratégies
sans reposer ni même bondir
mais toujours séparée de son ombre :
elle glisse sur le fond du courant.

Il avait lutté pour se défaire
d’une image verdâtre et assoupie,
pour enfin rejoindre le rivage
et ne faire qu’un avec son ombre.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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