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Poésie

Posts Tagged ‘s’aiguiser’

Chantent les grillons-carillon (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Chantent les grillons-carillon,
C’est la fièvre qui frémit,
Crisse le four desséché,
C’est une soie rouge qui brûle.

Les souris s’aiguisent les dents
Sur le fond ténu de la vie.
Une hirondelle ou bien l’enfant
Aura détaché mon esquif.

Que chuchote au toit la pluie —
C’est une soie noire qui brûle —
Mais le merisier entendra
Jusqu’au fond des mers — adieu.

Vu que la mort est innocente
Et qu’on ne peut rien y changer —
Dans la fièvre du rossignol
Le coeur est encore brûlant.

(Ossip Mandelstam)


Illustration

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Parfois je suis vivant (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: Irina Karkabi
    
parfois je suis vivant parce qu’avec
moi dort son corps d’arbre alerte
que je sentirai lentement s’aiguiser
par amour plus distinct lentement,
qui dans mes épaules plonge de douces dents
pour que nous atteignons l’odorant printemps
intense et vaste instant coloré de nous

le moment agréable et effrayant

où,sa bouche soudain dressée,se met toute
entière à taquiner férocement la mienne
(et de mes cuisses qui s’agitent haletantes
une pluie meurtrière atteint bondissante
la profonde fleur singulière qu’elle
emporte d’un mouvement de ses hanches)

***

sometimes i am alive because with
me her alert treelike body sleeps
which i will feel slowly sharpening
becoming distinct with love slowly,
who in my shoulder sinks sweetly teeth
until we shall attain the Springsmelling
intense large togethercoloured instant

the moment pleasantly frightful

when,her mouth suddenly rising,wholly
begins with mine fiercely to fool
(and from my thighs which shrug and pant
a murdering rain leapingly reaches the
upward singular deepest flower which she
carries in a gesture of her hips)

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Le jour d’hiver plus sombre (Atsuo Nasu)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2017



Le jour d’hiver plus sombre,
les épines de rose
s’aiguisent

(Atsuo Nasu)

 

 

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Les mots c’est une roue en mouvement (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



Les mots c’est une roue en mouvement et pourrais-je ordonner leur vertige ?
Ma voix s’aiguise à cette meule.

Gel et silence : le simple cri d’une herbe bouleverserait ce désert.
Découverte surprenante : hennir et devenir vert !

Un arbre s’ébroue, un cheval se couvre de feuilles.
Étendues raides, et pourtant nul coup n’a retenti :
antilopes de la joie, si beaux cadavres.

Qui dérange ainsi le damier de la nuit ? Il va falloir couper cette infatigable main.
L’encre aux doigts d’énigme, les hiéroglyphes de la page.

À peine délivré des mailles de la pensée, je retombe dans les rets du chant.
Être un instant cette mouette qui équilibre toute la mer !

(Jules Tordjman)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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