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Aubade orientale (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018



Illustration
    
Aubade orientale

Ce lit n’est-il pas comme un rivage,
une bande littorale où nous sommes couchés ?
Rien n’est sûr comme la saillie de tes seins
qui émergent du vertige de mes sens.

Car cette nuit où tant de cris retentirent
— bêtes qui s’appellent et se déchirent —
ne nous est-elle pas atrocement étrangère ?
et ce qui dehors se lève, qu’on nomme le jour,
nous est-il donc plus accessible qu’elle ?

On devrait pouvoir s’enfouir
l’un dans l’autre s’emboîter
tels les pistils et les étamines;
à tel point partout grandit
et se jette contre nous la démesure.

Mais pendant qu’on se serre l’un dans l’autre
pour ne pas voir le péril tout autour
elle peut jaillir de toi ou de moi
car nos âmes vivent de trahir.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Quel est ce feu sans nom (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



Quel est ce feu sans nom,
quel est ce feu secret dans l’infinie saillie de la vie.
Quel silence de feu et de glace
avant comme après l’incendie de la naissance et de la mort

(Michel Camus)


Illustration

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Le miroir ne retient pas le visage (Yang Lian)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018


 


 

le miroir ne retient pas le visage
ni des idéogrammes les saillies et les creux
derrière le miroir il n’y a pas d’univers

alors le visage se détourne
serein
c’est un autre visage

(Yang Lian)

Illustration

 

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LA VILLE A DÉTERRER (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016




LA VILLE A DÉTERRER

Le désert un peu soulevé
On nous a dit pourquoi — mais ce qui fut
Est là-dessous. Le tertre
Est un peu plus herbu que le pâle désert.

Peut-être une respiration
Qui s’est figée.

En grattant le sol, on déchausse
Des pierres qui sont des signes, quelques-unes
Des regards étonnés ou morts
Que des marchands viennent choisir.

Il faudrait savoir lire.

La moindre saillie
Retient le sable et quelque chose
Est enterré sous chaque bosse.
Le vent perpétuel est sec.

(Jean Tortel)

Illustration

 

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