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Posts Tagged ‘s’aimer’

A L’ENCHEVÊTREMENT (Gabrielle Marquet)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021



A L’ENCHEVÊTREMENT

A l’enchevêtrement des racines
négatif des branches
auprès des sources en gestation
et des terriers feutrés
loin des nasses du soleil
des embûches de la lumière
les bêtes aux paupières cousues
s’aiment comme les autres.

(Gabrielle Marquet)

 

 

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Si tu le veux bien (Léon Randin)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




    
Si tu le veux bien

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

L’aurore paraît, la nuit fuit le jour,
Pour toi l’oiseau dit ses chansons d’amour,
Et la fleur s’éveille, ô ma douce amie.
L’aurore parait, la nuit fuit le jour,
Et toi seule encor restes endormie.

Je connais au bois de vrais coins charmants,
Tout frais… et cachés, faits pour les amants,
Comme le bon Dieu rarement parsème.
Je connais au bois de vrais coins charmants
Où l’on est heureux, où toujours l’on s’aime.

Et là nous irons la main dans la main,
Sans s’inquièter ni du lendemain,
Ni du monde vain qui jamais ne rêve.
Viens, là, nons irons la main dans la main,
Enivrés et seuls, et rêvant sans trêve.

Viens, car le soleil monte dans le ciel
Plus étincelant et plus solennel,
Jetant sur les prés ses rayons de flammes.
Viens, car le soleil monte dans le ciel :
C’est l’heure d’aller où chantent les âmes.

De rêve et d’amour ce n’est point assez,
Dirons-nous tous deux mollement bercés
Par le chaud zéphir ou la folle brise.
De rêve et d’amour ce n’est point assez
Dira notre coeur qui, je crois, se grise.

Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Recherchant avide un regard divin
Et les habits blancs d’adorables anges.
Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Et nous chanterons de pures louanges.

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

(Léon Randin)

 

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NOCTURNE (ET PUIS) (Christian Arabian)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Alice Pike Barney 29739 [1280x768]

NOCTURNE
(ET PUIS)

Et puis
Je crois qu’on s’aimait vraiment
Et puis
Tout était grave et charmant
Et puis
J’allais chez toi chaque nuit
Et puis
Tu m’appelais en dormant

Alors, le matin nous reprenait
Alors, nous allions nous promener
Alors, c’était une autre journée
Et puis
Le soleil ou bien la pluie
Et ces jours heureux je te les dois
Je peux les compter sur mes doigts
Peut-être moins d’une semaine à peine à peine
Un train s’en allait et je l’ai pris
Et je ne t’ai jamais écrit
Comme j’en avais fait promesse promesse de Paris

Et puis
Je ne sais plus qui tu es
Et puis
Je me suis habitué
Et puis
Je ne sais plus où je suis
Et puis
Je vais chez toi chaque nuit
Et puis
Et puis
Et puis.

(Christian Arabian)

Illustration: Alice Pike Barney

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Un homme comme une ville et une femme comme une fleur (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

Un homme comme une ville et une femme comme une fleur
— et qui s’aiment. Deux femmes. Trois femmes.
D’innombrables femmes, chacune comme une fleur.
Mais
seulement un homme — comme une ville.

***

A manlike and a city and a woman like a flower
— who are in love. Two women. Three women.
Innumerable women, each like a flower.
But
only one man — like a city.

(William Carlos Williams)

Illustration: Robert Doisneau

 

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Anachorète (Habiba Djahnine)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Anachorète

Hier j’ai regardé ses rides une à une
J’ai dévisagé les sillons de son âme
Pour dérouler le fil des ans
Qui ont tissé tant d’histoires sur sa peau.

Hier je me suis approchée de sa demeure
Frêle et éphémère
Gardant les traces de sa vie nomade
Terre meuble, qui se déplace avec ses pas.

Hier je me suis approchée de son oasis
Son dromadaire m’accueille larmoyant
Face à la dune, l’unique dune
Il veille sur les rides de l’ermite.

Il enfile ses poèmes un à un pour conter le désert
Il dit que les poèmes ne lui appartiennent pas
Les vents lui ont offert les vers
Et les tempêtes la mémoire pour les garder.

Maintenant c’est l’heure du thé
Le bois sec brûle
C’est le moment
De se souvenir du sens des vents
Les plus belles histoires
Sont celles où les êtres s’aiment dans le dénuement
Et les plus cruelles
Sont celles où les êtres se font la guerre dans l’opulence.

Hier j’ai regardé ses rides une à une
J’ai dévisagé les sillons de son âme
Pour dérouler le fil des ans
Qui ont tissé tant d’histoires sur sa peau.

(Habiba Djahnine)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Tu me tends une main qui n’est pas la tienne (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2020




    
Tu me tends une main
qui n’est pas la tienne
La mienne non plus
ne m’appartient pas
Comment s’aimer
avec ces formes empruntées

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

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Lui et le saule (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



Lui et le saule il se l’aime tant
Mais elle reste froide
Ses cheveux sont trop longs dit-elle
Et puis quoi faire de ce grand désolé
Moi qui ne pense qu’à rire

(Pierre Albert-Birot)

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Dans le bois de la nuit (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



Dans le bois de la nuit
Il faudrait des millions de Christine
Et des millions d’Yvon.
Je t’ai embrassée comme une première fois
Petite fille, je te le jure.
Tu sentais la vie comme la bruyère
Comme le dahlia frais de rosée
Sur ma figure.
Ton baiser était nouveau
Profond comme la forêt
Long comme le chemin
Et on s’est perdu
Dans un petit bois d’un petit village
Peut-être qu’on voulait se perdre ?
On a ri comme des gosses,
Regarde les gens,
Ils sont heureux de nous voir.
Endors-toi,
Réveille-toi,
Prends la bruyère
Cours, aime, chante, dis l’amour ; fais l’amour.
On ne peut pas nous tuer
La vie rigole Christine,
Parce que les enfants sont gentils
Quand on ne les frappe pas ;
Parce qu’on était heureux
Avec nos deux mains
Avec nos lèvres
Avec nos caresses
Avec nos yeux bleus et marrons
L’autre jour, l’autre vie dans la forêt
Aujourd’hui, demain je t’aime,
Viens avec la Vie, on se rencontrera,
C’est vrai
J’arrête mes mots parce qu’on s’embrasse,
Tu joues
Tu travailles
Tu ris à côté
de moi et tu me dis « Viens plus près ».
Il faudrait des millions de Christine
Et des millions d’Yvon.
Tu es là comme pour la première fois
Il ne faut pas se perdre
Donne-moi la main,
Ta main qui travaille, qui caresse, qui…
Porte un fusil pour s’aimer.

(Yvon Le Men)

 

 

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Te dirai-je tout ce voyage (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



 

Oleg Zhivetin  (22) [1280x768]

Te dirai-je tout ce voyage,
Et la route qui mène ici?
Veux-tu savoir ma vie, mon âge
Et mes bonheurs, et mon souci?

Veux-tu que je rêve un poème,
Que je fredonne ma chanson?
Que je déclame que je t’aime,
Ou que je te parle raison?

Quelle langue sera la nôtre,
La tienne, ou la mienne, ou la leur?
Ou nous aimerons-nous l’un l’autre
D’un parfum, d’une saveur?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Oleg Zhivetin

 

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JE VEUX QUE VOUS DISIEZ AUX CHOSES … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020




JE VEUX QUE VOUS DISIEZ AUX CHOSES …

Je veux que vous disiez aux choses
Que c’est moi qui fait votre émoi ;
Je veux que vous disiez aux roses
Que vous les aimez moins que moi ;

Je veux que vous disiez aux branches
Que mes pas sont plus émouvants
Que le bruit des feuilles qui penchent
Leur frais vertige dans le vent ;

Et que vous disiez aux corolles
Que tous leurs plus vibrants parfums
Sont moins grisants que les paroles
Dont je frôle vos cheveux bruns

Et que vous disiez à l’aurore
Qui s’étire parmi l’Azur
Qu’en mes yeux le jour est encore
Plus profond, plus tendre et plus pur

Je veux que vous disiez aux femmes :
« Votre doux coeur ne m’est de rien ;
Le seul soin que je vous réclame
C’est de ne pas toucher au sien » ;

Que vous disiez à tous les hommes :
« Je me moque de vos désirs ;
Nous ne sommes rien, mais nous sommes
Ceux qui s’aiment pour le plaisir» ;

Et je veux que vous disiez même
Au Seigneur vous ouvrant le ciel :
« Y mettrez-vous celui que j’aime ?
Car c’est là qu’est l’essentiel… »

(Emile Ripert)


Illustration: Marc Chagall

 

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