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Poésie

Posts Tagged ‘(Saint-John Perse)’

Autoportrait (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



Autoportrait

Et vous pouvez me dire: Où avez-vous pris cela?
– Textes reçus en langage clair! versions données sur
deux versants!… Toi-même stèle et pierre d’angle! Et
pour des fourvoiements nouveaux, je t’appelle en litige
sur ta chaise dièdre,

Ô Poète, ô bilingue, entre toutes choses bisaiguës, et
toi-même litige entre toutes choses litigieuses – homme
assailli du dieu! homme parlant dans l’équivoque! ah!
comme un homme fourvoyé dans une mêlée d’ailes et
de ronces, parmi des noces de busaigles!

(Saint-John Perse)

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Ô joie inexplicable (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



 

Elihu Vedder  Soul-of-the-Sunflower

Ô joie inexplicable sinon par la lumière !

(Saint-John Perse)

Illustration: Elihu Vedder

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Le Parasol de Chèvre (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018



Le Parasol de Chèvre

Il est dans l’odeur grise de poussière,
dans la soupente du grenier.
Il est sous une table à trois pieds;
c’est dans la caisse où il y a du sable
pour la chatte et le fût décerclé
où s’entasse la plume.

(Saint-John Perse)

Illustration

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Neige (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Neige

L’ouvert ouvre sur le vide d’un espace blanc.
La neige est la meilleure image d’un retour à l’uni,
la paix, le silence de ce matin d’enfance,
le jardin croulant sous son manteau immaculé:
«L’aube muette dans sa plume… »

(Saint-John Perse)

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Assis (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

 

Assis, dans l’amitié de mes genoux.

(Saint-John Perse)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

 

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Le Vent frappe à ta porte (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018




Le Vent frappe à ta porte comme un Maître de camp,
A ta porte timbrée du gantelet de fer.Et toi, douceur, qui vas mourir, couvre-toi la face de ta toge
Et du parfum terrestre de nos mains …

Le Vent s’accroisse sur nos grèves et sur la terre calcinée des songes !
Les hommes en foule sont passés sur la route des hommes,
Allant où vont les hommes, à leurs tombes. Et c’est au bruit
Des hautes narrations du large, sur ce sillage encore de splendeur vers l’Ouest, parmi la feuille noire et les glaives du soir …

Et moi j’ai dit : N’ouvre pas ton lit à la tristesse. Les dieux
s’assemblent sur les sources,

Et c’est un murmure encore de prodiges parmi les hautes narrations du large ….

(Saint-John Perse)

Illustration

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Au foyer de l’instant (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018


Bougie


Nous qui mourrons peut-être un jour
disons l’homme immortel
au foyer de l’instant

(Saint-John Perse)

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Appuyé du menton à la dernière étoile (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

étoile filante

Appuyé du menton à la dernière étoile,
il voit au fond du ciel à jeun
de grandes choses pures qui tournent au plaisir.

(Saint-John Perse)

Illustration

 

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Exil (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017



Illustration
    

Exil

III

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette splendeur,
« Et comme un haut fait d’armes en marche par le monde,
comme un dénombrement de peuples en exode,
comme une fondation d’empires par tumulte prétorien, ha !
comme un gonflement de lèvres sur la naissance des grands Livres,
« Cette grande chose sourde par le monde
et qui s’accroît soudain comme une ébriété.

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette grandeur,
« Cette chose errante par le monde,
cette haute transe par le monde,
et sur toutes grèves de ce monde,
du même souffle proférée, la même vague proférant
« Une seule et longue phrase sans césure à jamais inintelligible…

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette fureur
« Et ce très haut ressac au comble de l’accès,
toujours, au faîte du désir,

la même mouette sur son aile, la même mouette sur son aire,
à tire-d’aile ralliant les stances de l’exil,
et sur toutes grèves de ce monde, du même souffle proférée,
la même plainte sans mesure
« A la poursuite, sur les sables, de mon âme numide… »

Je vous connais, ô monstre ! Nous voici de nouveau face à face.
Nous reprenons ce long débat où nous l’avions laissé.
Et vous pouvez pousser vos arguments comme des mufles bas sur l’eau :
je ne vous laisserai point de pause ni répit.
Sur trop de grèves visitées furent mes pas lavés avant le jour,
sur trop de couches désertées fut mon âme livrée au cancer du silence.

Que voulez-vous encore de moi, ô souffle originel ?
Et vous, que pensez-vous encore tirer de ma lèvre vivante,
Ô force errante sur mon seuil,
ô Mendiante dans nos voies et sur les traces du Prodigue ?

Le vent nous conte sa vieillesse, le vent nous conte sa jeunesse…
Honore, ô Prince, ton exil !
Et soudain tout m’est force et présence, où fume encore le thème du néant.

« … Plus haute, chaque nuit, cette clameur muette sur mon seuil,
plus haute, chaque nuit, cette levée de siècles sous l’écaille,
« Et, sur toutes grèves de ce monde, un ïambe plus farouche à nourrir de mon être !…

« Tant de hauteur n’épuisera la rive accore de ton seuil,
ô Saisisseur de glaives à l’aurore,
« Ô Manieur d’aigles par leurs angles,
et Nourrisseur des filles les plus aigres sous la plume de fer !

« Toute chose à naître s’horripile à l’orient du monde,
toute chair naissante exulte aux premiers feux du jour !
« Et voici qu’il s’élève une rumeur plus vaste par le monde, comme une insurrection de l’âme…

« Tu ne te tairas point clameur !
que je n’aie dépouillé sur les sables toute allégeance humaine.
( Qui sait encore le lieu de ma naissance ? ) »

(Saint-John Perse)

 

Recueil: Apologie du poète
Editions: Fata Morgana

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Si la poésie n’est pas, comme on l’a dit, «le réel absolu» (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2016



 

Si la poésie n’est pas,
comme on l’a dit, «le réel absolu»,
elle en est bien la plus proche convoitise
et la plus proche appréhension,
à cette limite extrême de complicité
où le réel dans le poème semble s’informer lui-même.

Par la pensée analogique et symbolique,
par l’illumination lointaine de l’image médiatrice,
et par le jeu de ses correspondances,
sur mille chaînes de réactions et d’associations étrangères,
par la grâce enfin d’un langage
où se transmet le mouvement même de l’Être,
le poète s’investit d’une surréalité
qui ne peut être celle de la science.

Est-il chez l’homme plus saisissante dialectique
et qui de l’homme engage plus?
Lorsque les philosophes eux-mêmes
désertent le seuil métaphysique,
il advient au poète de relever là le métaphysicien;
et c’est la poésie, alors, non la philosophie,
qui se révèle la vraie «fille de l’étonnement»,
selon l’expression du philosophe antique
à qui elle fut le plus suspecte.

Mais plus que mode de connaissance,
la poésie est d’abord mode de vie – et de vie intégrale.
Le poète existait dans l’homme des cavernes,
il existera dans l’homme des âges atomiques parce qu’il est part irréductible de l’homme.

De l’exigence poétique, exigence spirituelle,
sont nées les religions elles-mêmes, et par la grâce poétique,
l’étincelle du divin vit à jamais dans le silex humain.
Quand les mythologies s’effondrent,
c’est dans la poésie que trouve refuge le divin;
peut-être même son relais.
Et jusque dans l’ordre social et l’immédiat humain,
quand les Porteuses de pain de l’antique cortège
cèdent le pas aux Porteuses de flambeaux,
c’est à l’imagination poétique que s’allume encore
la haute passion des peuples en quête de clarté.

(Saint-John Perse)

Tiré de son discours lors de la remise de son Prix Nobel 1960
Discours intégral ici: http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1960/perse-speech-fr.html

Illustration

 

 

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