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Posts Tagged ‘sainteté’

Tout est chemin (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 

Martin Jarrie _yeux

Tout est chemin où tu peux vaguer monstre et ange
selon qui sait ou ne sait pas
Homme si savoureux de toi et autant d’autrui
qui pourrais savoir la prière et la sainteté si les cloches
sonnaient à l’heure dite

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Martin Jarrie

 

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La sainteté (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019


 


Samy Charnine old master

 

La sainteté
c’est juste de ne pas faire le mal qu’on a en soi.

(Christian Bobin)

Illustration: Samy Charnine

 

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II (Suite Mystique) (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
II (Suite Mystique)

O sainteté !
En ce désert
Où j’ai lutté,
J’ai vu ta palme
Profuse et calme :
Haut dans les airs,
Un faible cri
A retenti.
Depuis, je tourne
Autour de l’arbre,
Et tout s’ajourne
Jusqu’à mourir.
Le froid désir
D’un fût de marbre
Sèche les pierres
De mes prières.

(Edmond-Henri Crisinel)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Oeuvres (complètes)
Traduction:
Editions: L’âge d’homme

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TABLEAU DE SAINTETÉ (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Mary Cassatt
    
TABLEAU DE SAINTETÉ

La mère et l’enfant, éternel objet
De tout philosophe et de tout artiste!
Chasser ta pensée ou féroce ou triste,
Sans la mère et sans l’enfant, qui le fait?

Un chapeau trop grand, un verre de lait,
C’est l’enfant content. Et la mère insiste
Pour le faire boire. Oh! la grâce existe
Au milieu du crime, au milieu du laid.

Le ton rouge et frais des mignonnes lèvres
Nous font oublier nos malsaines fièvres.
Oh! les petits mots qu’on ne comprend pas.

La mère, charmante, hésite à sourire,
Elle sait l’amour qu’on ne peut pas dire
Tenant doucement son fils dans ses bras.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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La bonne Volonté d’une Fleur (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



La bonne Volonté d’une Fleur
L’Homme qui s’en voudrait doter
Doit présenter d’abord un Certificat
Avec sceau de Sainteté.

***

The good Will of a Flower
The Man who would possess
Must first present Certificate
Of minted Holiness.

(Emily Dickinson)

Illustration: Odilon Redon

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Que de ténèbres j’ai traversées (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



Illustration: Jeannie Lynn 
    

Que de ténèbres j’ai traversées,
que d’épouvantes et de souffrances!

Et cependant, malgré l’horreur et la nuit du gouffre,
je suis revenu à la surface;

— j’ai revu le sourire de l’enfant, la candeur des vierges,
la sainteté des mères, la grandeur des héros,
toutes ces clartés de l’âme humaine :

— et j’ai de nouveau douté de l’omnipotence du Mal,
comme j’avais fait jadis de celle de Dieu, de sa pureté, de sa bonté.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Tout s’enfle contre moi, tout m’assaille, tout me tente (Jean de Sponde)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017




Tout s’enfle contre moi, tout m’assaille, tout me tente,
Et le Monde et la Chair, et l’Ange révolté,
Dont l’onde, dont l’effort, dont le charme inventé
Et m’abîme, Seigneur, et m’ébranle, et m’enchante.

Quelle nef, quel appui, quelle oreille dormante,
Sans péril, sans tomber, et sans être enchanté,
Me donneras-tu ? Ton Temple où vit la Sainteté,
Ton invincible main, et ta voix si constante ?

Et quoi ? Mon Dieu, je sens combattre maintes fois
Encor avec ton Temple, et ta main, et ta voix,
Cet Ange révolté, cette Chair, et ce Monde.

Mais ton Temple pourtant, ta main, ta voix sera
La nef, l’appui, l’oreille, où ce charme perdra,
Où mourra cet effort, où se rompra cette onde.

(Jean de Sponde)

Illustration: Siegfried Zademack

 

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SAINT JACQUES (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2016



SAINT JACQUES

Compostelle, c’est un voyageur las qui même n’y pense
La sainteté de Saint Jacques, c’est la soif du pèlerin dans
la première auberge venue, le salut de la servante ; l’extase
de Saint Jacques, c’est le soldat enfin ivre de la guerre, repu
de bataille, qui se couche enfin dans le fossé, serrant entre ses
mains la plus proche plante.

(Armand Robin)

Illustration

 

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LITANIE DU SOIR (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2015




LITANIE DU SOIR

Ô dieu, purifiez nos coeurs !
Purifiez nos coeurs !
Oui, les vers que vous m’avez soufflés
En d’agréables lieux,
Et cette beauté, la Venise
Que vous m’avez dévoilée,
Jusqu’à ce que sa beauté soit à mes yeux
Sujet de larmes.

Ô Dieu, de quelle grande bonté
Avons-nous témoigné dans le passé
Puis avons oublié,
Pour mériter cette merveille,
O Dieu des eaux?

Ô Dieu de la nuit,
Quel grand chagrin
Que vous nous remboursiez
Avant qu’il ne revienne!

Ô Dieu du silence
Purifiez nos coeurs,
Purifiez nos coeurs,
Nous avons vu
La gloire de l’ombre
De l’image de votre servante,
Nous vient-il
Oui, la gloire de l’ombre
De votre beauté a marché
Sur l’ombre des eaux
Ici dans Venise.
Et devant la sainteté
De l’ombre de votre servante
J’ai voilé mes yeux,
Ô Dieu des eaux.

Ô Dieu du silence,
Purifiez nos coeurs
Purifiez nos coeurs,
Ô Dieu des eaux,
Purifiez nos coeurs,
Car j’ai vu
Cette ombre en Venise,
Flottant sur les eaux,
Et les étoiles

Ont vu cette chose, dans le lointain,
Elles ont vu cette chose,
Ô Dieu des eaux,
Comme les étoiles sont,
Dans le lointain, silencieuses,
De même mon coeur
En moi devient silencieux.

Purifiez nos coeurs
Ô Dieu du silence,
Purifiez nos coeurs
Ô Dieu des eaux.

(Ezra Pound)

Illustration

 

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Nénuphar (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2015



Nénuphar

Un jour, le diable, traversant la ville de Bruges,
passa devant le couvent des ursulines.
Les religieuses réunies dans la chapelle
chantaient les louanges du Seigneur.
Ses yeux s’arrêtèrent sur une ursuline
placée juste à l’entrée du choeur, près du maître-autel.
« Il serait plaisant de lui ouvrir enfin les yeux,
et de faire de la sainte un petit démon! »

Le soir il s’introduisit dans la cellule de la religieuse
sous la couverture jaune d’un roman à la mode;
il se déguisa en in-octavo, et s’étendit tout grand ouvert sur le prie-Dieu.
Il avait choisi la page la plus échevelée de l’ouvrage,
une scène d’amour pantelante, rutilante, ébouriffante.
De tout temps ces grands morceaux de rhétorique
ont troublé toutes les imaginations et fait l’affaire de messire Satanas.
La jeune fille prit le livre, lut la page marquée,
ouvrit les bras d’un air nonchalant, bâilla et s’endormit sur sa couchette.
Pour le coup le diable était outré.
Il ne lui restait plus qu’à essayer des songes.
Il les convoqua tous, il leur donna ses instructions,
et il voulut lui-même les voir à l’oeuvre.
Il se pencha sur le lit de la jeune fille;
les songes vinrent chacun à leur tour se poser sur son coeur;
rien n’indiqua qu’elle en fût le moins du monde troublée.
Son sommeil était paisible, son teint égal, son pouls régulier comme de coutume.
Il paraît même que vers le milieu de la nuit elle se mit à ronfler.
Le diable, tout malin qu’il est, ne s’était point douté de l’adversaire qu’il attaquait.
Une fois sur la terre, ne pouvant aimer ni être aimée,
incapable de s’associer aux peines et aux joies de l’humanité,
morne et décolorée,
la froide fleur du Nénuphar n’avait trouvé d’autre refuge qu’au couvent.
La vie monotone et languissante des religieuses était celle qui lui convenait.
On lui compta comme vertu l’absence de toutes les vertus.
Soeur Nénuphar mourut en état de sainteté.
Les ursulines de Bruges poursuivent sa canonisation.

(J.J. Grandville)

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