Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘saisir’

L’art est, comme la prière (Franz Kafka)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2022




    
L’art est, comme la prière,
une main tendue dans l’obscurité,
qui veut saisir une part de grâce
pour se muer en une main qui donne

(Franz Kafka)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vent (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022




Vent

Cours, cours saisir un nez.
Cours, cours mordre une épaule,
cueillir un oeil cerné.
Cours, il faut que tu frôles
un visage, un menton.
Cours, cours, vent du dimanche,
rassembler les moutons
comme des pages blanches.
Tu as pris mes bras nus,
mes jambes qui t’enlacent,
et tu les as perdus.
Garde au moins mes grimaces.

(Alain Bosquet)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quel mot trouver (Bertrand Degott)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



Quel mot trouver pour ce qui tout d’un coup anime
les arbres des jardins pour le bouillonnement
affriolant des prunus en dentelles fines
pour tant de chair qui s’offre aux magnolias – comment
saisir ce qu’attend de nous ce rose unanime ?

comment saisir ces fleurs qui n’attendent sans doute
rien de moi vieille branche au moignon dénudé
arbre mourant ? quelle rose extraire de mes doutes ?
j’aimerais le vieux rose humble et voisin du pourpre
qui bientôt recouvrira l’arbre de Judée.

(Bertrand Degott)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Circonstances (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2022



    
Circonstances

La géographie et l’histoire de chaque être
Lui sont particulières selon qu’il va naître
Dans tel ou tel pays, de tels ou tels parents,
Sous quelle conjoncture et quels événements.

Son bagage essentiel est sa petite enfance :
L’amour reçu ou, au contraire, la souffrance
Paveront son chemin, seront déterminants,
Et son regard d’adulte en sera différent.

Il n’y a jamais dans une même brassée
Deux fleurs identiques malgré les apparences.
La chaîne et la trame que la vie a tissées
Font notre unicité et notre différence.

Nous ne savons jamais de quoi demain est fait,
De quels accidents ou de quelles rencontres,
Mais, quand nous grandissons, l’expérience nous montre
Qu’il est bon de savoir jouir de chaque bienfait.

Nous sommes tour à tour, selon les circonstances,
Pleins d’ombre ou de lumière, tristes ou joyeux,
Et, si le soleil brille, il faut saisir sa chance
Et vivre le présent comme un cadeau des Cieux.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai écrit ces textes (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2022




    
J’ai écrit ces textes dans des carnets, des cahiers,
sur des pages volantes, des agendas, des tickets, des listes,
des enveloppes, des marque-pages ou dans mon téléphone ;
je les ai écrits dans les gares, les trains, les hôtels,
les cafés, chez moi, dans le métro, en ville et en d’autres lieux.

La poésie demeure pour moi comme une apparition, une attention portée à l’infime,
comme le surgissement d’un éclat fugace au coeur de nos vies.
L’éclosion d’invisibles soleils.

Peut-être, à cet instant-là, les mots peuvent-ils saisir quelque chose de ce jaillissement.
Elle est le regard nu, débarrassé de ce qui pèse, de ce qui encombre,
elle est le retour à la source, la lumière qui s’at-tarde sur un mur,
le frémissement qui parcourt un visage, la chaleur d’un corps aimé,
elle est le mot que l’on attend et qui nous sauvera peut-être.

J’ai eu envie de vous offrir aujourd’hui
cette moisson de mots cueillis jour après jour,
qu’ils aient été d’orage ou d’allégresse.

Mais vivants.
Vivants, oui, et vibrants, toujours.

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions:NOTAB/LIA

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans une des régions les plus raréfiées de l’esprit (Ghérasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022



Dans une des régions
les plus raréfiées de l’esprit
où je campais au pied de la lettre
à une altitude de nul pied
plane un petit nombre
d’idées très particulières
qu’il eût été dommage de ne pas saisir
au vol de mes distractions
… Je faillis ne pas les apercevoir
tant elles étaient creuses au milieu
d’oublis et de vertiges sans nom

(Ghérasim Luca)

Découvert ici: https://purrien.wordpress.com/

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Présentation du maître chan (Xutang Zhiyu)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Présentation du maître chan

Ce que le maître enseigne est déjà en vous-même,
Pensée inépuisable que vous scrutez sans voir.
Si, le coeur concentré, vous voulez la saisir,
Feuille effrayée d’automne, elle tombe dans le vide.

(Xutang Zhiyu)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous voyons des images qui reflètent le néant (Wang Fanzhi)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022




    

Nous voyons des images qui reflètent le néant,
Nous regardons des corps qui ne sont que du vide.
C’est cueillir la lune au fond de l’eau,
C’est attraper le vent au bout des nuages.
C’est saisir l’invisible,
C’est chercher l’inatteignable.
Les existences suivent leurs destinées,
Elles ne sont que les rêves qui parcourent le sommeil.

(Wang Fanzhi)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DEPUIS QUE JE VOUS AI QUITTÉ… (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




    
DEPUIS QUE JE VOUS AI QUITTÉ…
(sonnet CXIII)

Depuis que je vous ai quitté, mon oeil sans cesse
Est dedans mon esprit et guide mal mes pas.
Il semble regarder les choses d’ici-bas
Mais, aveugle à demi, les ignore et délaisse.

Au coeur, aucun aspect n’est transmis par ses soins
De ce qu’il peut saisir : l’oiseau, la fleur, l’image.
De ce vif, à l’esprit rien n’échoit en partage
Lui-même ne retient rien de ce qu’il étreint.

Le rude et le charmant, la mer et le sommet,
L’être comblé de dons, ou bien déshérité,
Le corbeau, la colombe, et le jour et la nuit,

S’il les perçoit, ce n’est que de vos traits formés.
Incapable de plus, et de vous tout empli,
Trop vrai, mon esprit fait mon oeil sans vérité.

***

Since I left you, mine eye is in my mind,
And that which governs me to go about
Doth part his function, and is partly blind,
Seems seeing, but effectively is out;

For it no form delivers to the heart
Of bird, of flow’r, or shape which it doth latch.
Of his quick objects hath the mind no part,
Nor his own vision holds what it doth catch;

For if it see the rud’st or gentlest sight,
The most sweet favour or deformed’st creature,
The mountain, or the sea, the day, or night,

The crow, or dove, it shapes them to your feature.
Incapable of more, replete with you,
My most true mind thus makes mine untrue.

(William Shakespeare)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Jean Rousselot
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CARPE DIEM (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022



 

Jordanka Yaretz  green-apple-tree- [1280x768]

CARPE DIEM

Prends Je jour, saisis-le par les épaules
Le jour blanc corps et âme, noueux
Plus que le bois de hêtre et blanc plus que le saule,
Etreins-le entre tes bras telle une femme et mieux

Ce jour peut-être le dernier non pas des tiens
Dernier anneau de la chaîne des mondes
Sache de tout ton poids faire qu’il rende
Et de sa noble forme le réduire à rien

Comme on fait d’un beau corps moiré par la lumière
Tout chatoyant du reflet des vergers
Quand le fruit encor vert se refuse à la guêpe
Et se donne à l’été.

(Franz Hellens)

Illustration: Jordanka Yaretz

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :