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Posts Tagged ‘(Salah Stétié)’

AUBE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Anne Yvonne Gilbert  2

AUBE

L’intuition dit verdure
Mais l’arbre où le saisir ?
Vidé de sa substance absent du ciel et pierres
Ni vallée ni rivière à douceur avant voix
vers lui à disparaître
Au coin du paysage, qu’il emporte ses noix !
Liant en lui et déliant désert et souffle

Mais rien que presque étoile à rayons et rayures

L’intuition est assise avec ses jeunes filles
Anxieuses étonnées sous sa première feuille
Ouvertes endormies
Enfin – rien – mais – lui – s’ébroue

Il faut l’écrire avec ses oiseaux dans la mort

(Salah Stétié)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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Cette souple armure (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Dongmin Lai reclining-nude-ii

Ne dites pas de soie cette souple armure
où la femme semble se couler comme ruisseaux réunis par amitié de muscles longs,
entre deux langues d’herbe verte.

(Salah Stétié)

Illustration: Dongmin Lai

 

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Les Conversants (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



 

Sam Wolfe Connelly Harvest_main

Les Conversants –

Nous avons donc parlé sous la tonnelle
De la diversité concertante des anges
Des fourmis affairées dans le jardin
Où l’eau brillait parmi ses catégories
Jusqu’au lointain des cruches

La poésie dormait dans ses racines d’arbre
Depuis l’antiquité comme une jeune fille
Agrippée au désastre de la parole
Pour ce naufrage où la terre est consolatrice

La terre était l’enfant de nos viscères
Où déjà des fleurs de formaient préparant
Notre silence vide le plus intime
Sous le ciel dur invisiblement défait
Par la mêlée des grues et des nuages

(Salah Stétié)

Illustration: Sam Wolfe Connelly

 

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Liens (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



 

cygne

Liens –

Dans toute voix, ma voix, il y a sans doute
Un cygne fait de larmes
Près des gorges de l’eau, près de cet arbre,
Si noir d’automne et rouge
Si noir et si noué
Avec le fil étincelant du sang

Pour ce sou de l’aimée, pour ses blessures
L’arbre écrit sa limpidité sur la route
Où sont des soldats ligotés par le vent
La flamme ouverte de leur main sur des champs
Couverts évasivement de lampes vives
Eclairées par des rencontres de colombes
Qui vont dormir quand ils disparaîtront

(Salah Stétié)

Illustration

 

http://www.influencia.net/fr/actualites1/ricochets,cygne-noir-eucatastrophe,46,2904.html

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EROS GRAMOPHONE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



 

gramophone

EROS GRAMOPHONE

Comme est douceur un très vieux disque
Voix tournoyante, fatiguée, et qui s’efface
Ô tout ce noir amour ! C’est lui
Qui tourne dans la rue, c’est lui qui passe
Et la rue est de neige et les couleurs s’effacent
Rutilantes couleurs, tous vos drapeaux s’endorment !

S’endorment ; puis revivent. Le temps du rouge :
C’est le midi du jour et c’est rouge et c’est louve
– Cette blessure au plus féminin du soleil.
La voix, la voix chantait.
La voix chantait comme est douceur un très vieux disque
D’avant mourir, d’avant l’oreille fermée de cire.
Cela après l’été dans ses éclaboussures,
Et, aussitôt,
Le corps avec le corps inventa le printemps

Cela chanta, puis s’éteignit : un couple
Avait perdu sa tête unique. Il la chercha.
La retrouva. La reperdit. Ô mal d’amour !
Les amoureux ont la vie dispersée
Leur mort aussi, leur mort est dispersion.
Leur disque seul continue son noir sillon.

(Salah Stétié)

 

 

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LE BLEU DE LA QUESTION (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



 

vache-10

LE BLEU DE LA QUESTION

L’homme est fait de la matière de l’arc-en-ciel
Il est couleur
Le jaune le bleu nilotique le noir le rouge d’Amérique
Le blanc, le blanc aussi, est couleur
D’autres couleurs existent que je ne connais pas
Qui sont à l’intérieur dans les cœurs et les âmes
Couleurs qui paraissent qui transparaissent
Dans les beaux yeux des femmes les yeux des hommes
L’iris et le frais cristallin des enfants
Iris bleu iris violet iris marron iris vert
Iris noir, tout ce champ de fleurs naïves
Tourné en grand jardin vers le soleil visible
Transparence de l’air feu de l’orage
Et l’invisible aussi
Que l’homme voit si même il dit ne pas le voir
Cela qui fait de nous l’humanité
Celle qui rêve et qui vit qui crée et souffre
Qui souffre et s’interroge
Et qui est vraie de la vérité des vraies racines
Hommes et femmes ayant rendez-vous de parole
Sous l’arbre des prairies
Leurs passions leurs récits leurs fables leurs poèmes
Conduits comme un troupeau vers la trompe d’Eustache
Mots chanteurs nidifiant
Puis, tout quitté, l’incompréhensible vache
Laboure avec ses cornes le bleu de la Question

(Salah Stétié)

Illustration

 

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