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Poésie

Posts Tagged ‘salive’

A écouter la mer (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019


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En retenant sa salive,
en se taillant un chalumeau
dans le tuyau
d’un froid roseau,
on deviendrait
dune
à écouter la mer

(René Char)

Illustration

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Les rideaux de saveurs se déchirent (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



les rideaux de saveurs
se déchirent
secrets secrétés
avec des joies paresseuses
d’huile
à descendre le verre

morsure

falaises de pulpe
au revif des salives

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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Ce soir (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Ettore Aldo Del Vigo   (5)

 

Ce soir dans la paix des pipes
la mémoire est un plat froid,
la salive sur la lippe
remonte de l’autrefois.
On est toujours loin des nôtres
— entre eux et soi que de croix !
quand tu te souviens de toi,
songeur, c’est encore un autre.
Au printemps des papillons
tu revois passer la morte,
elle suit le couloir long
et disparaît par la porte.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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L’onde étale (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



les seins poudrés de la lumière
parmi les plis de robe
du parfum

les velours rebroussés
savants de nos salives difficiles
avant le mot

puis le tronc de la chaleur
s’abat

coupé d’un souffle

sous la caresse
ton corps
juste l’onde étale
après la grande gondole

(Werner Lambersy)


Illustration: Pascal Renoux

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SVETLA (Jean-Baptiste Para)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




Illustration: Jeanie Tomanek
    
SVETLA

Des journées entières
je donne mon coeur au silence
et si je ferme les yeux je vois
un cyprès blanc auprès d’une source
une aire de sable où marchent les paons
un mouchoir mouillé de salive
la silhouette des saints
sur le fond d’or de l’icône
et ton visage qui se découpe
dans la lumière de ton nom.

Les yeux ouverts
tout a gardé
sa forme intacte.

(Jean-Baptiste Para)

 

Recueil: La faim des ombres
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Petites leçons d’érotisme (Giaconda Belli)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: François Joxe
    
Petites leçons d’érotisme

1
Parcourir un corps dans son extension de voile
C’est s’ouvrir sur le monde
Traverser sans boussole la rose des vents
Îles golfes péninsules digues battues par des vagues furieuses
Pour être plaisante, ce n’est point tâche facile
Ne pense pas y parvenir en un jour ou une nuit de draps en bataille
Il est des secrets dans les pores pour combler tant de lunes

2
Le corps est une carte astrale en langage chiffré
Découvres-tu un astre, peut-être te faudra-t-il alors
Changer de cap lorsque nuée ouragan ou hurlement profond
Te feront tressaillir
Conque de la main que tu ne soupçonnais pas

3
Parcours plusieurs fois telle étendue
Découvre le lac aux nénuphars
Caresse de ton ancre le centre du lys
Plonge suffoque distends-toi
Ne te refuse point l’odeur le sel le sucre
Les vents profonds cumulus rhumbs des poumons
Brume dans le cerveau
Tremblement des jambes
Raz-de-marée assoupi des baisers

4
Attends pied dans l’humus sans peur de la fatigue sans hâte
Ne prétends pas atteindre le terme
Retarde l’entrée au paradis
Place ton ange retombé ébouriffe sa dense chevelure
De l’épée de feu usurpée
Croque la pomme

5
Sens
Ressens
Échange des regards salive imprègne-toi
Tourne et retourne imprime des sanglots peau qui s’éclipse
Pied découverte à l’extrémité de la jambe
Suis cherche secret du pas forme du talon
Courbure de la démarche baies croquant une allure cambrée
Savoure…

6
Écoute conque de l’oreille
Comme gémit l’humidité
Lobe qui s’approche de la lèvre rumeur de la respiration
Pores qui se dressent formant de minuscules montagnes
Sensation frémissante de peau insurgée au toucher
Pont suave nuque descends à la houle poitrine
Marée du coeur susurre à ton oreille
Découvre la grotte de l’eau

7
Franchis la terre de feu la bonne espérance
Navigue fou là où se rejoignent les océans
Traverse les algues arme-toi de coraux hulule gémis
Émerge avec le rameau d’olivier pleure fouissant des tendresses
occultes
Dé‚nude des regards stupéfaits
Éveille le sextant depuis le haut des cils
Hausse les sourcils dilate les narines

8
Aspire soupire
Meurs un peu
Doucement lentement meurs
Agonise contre la pupille accrois la jouissance
Plie le mât gonfle les voiles
Navigue cingle vers Vénus
Étoile du matin
— la mer comme un vaste cristal étamé —
endors-toi naufragé‚.

(Giaconda Belli)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Dans la nuit déchirée (Eric Brogniet)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018




Dans la nuit déchirée
avec les lucarnes et les murs inquiets
qui pénètre notre infirmité
A la boue aux lèvres tachées
opposer l’eau du ciel
les salives terrestres

D’une architecture de brindilles
et de poussière l’oiseau

Apprivoise ses saisons
prend appui sur le vent

Porte bienfaisance
dans le feu lucide
des os et des pierres

(Eric Brogniet)

Illustration

 

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La poésie (Julien Delmaire)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2018



Grand Corps Malade   
    
[…]

Ce feu-là nous l’avons perdu
Oublié trahi renié
Parfois lorsque la mélancolie gerce nos habitudes
Un goût de métal froid se mêle à la salive
Les mots s’entrechoquent dans nos bouches
Mais rien ne sort
Rien ou juste un truc
Un truc pas net
Pas correct
Pas propre
Pas poli
Pas convenu
Pas convenable

Ce truc c’est la poésie

La poésie c’est le mot qui brûle
C’est l’enfance rendue à sa révolte…

(Julien Delmaire)

 

Recueil: Turbulences
Traduction:
Editions: Le temps des cerises

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L’ENVIE DE DIRE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



L’ENVIE DE DIRE…

L’envie de dire vient aux mâchoires
Comme une salive un peu plus amère ;
L’envie de dire dès qu’on voit ;
C’est une étrange maladie.
C’est une atroce boule d’enfance
Qui remonte la gorge ; on la baptise
Poésie ; et beaucoup en sont morts
Sur ces terres nouvelles que le sang fertilise.

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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LA CHAIR (Shirô Murano)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



 

Achille Funi sarfatti2

LA CHAIR
NIKUTAI

Servante que tu es, servante obèse de l’âme
Toi
Qui es dotée d’une molle entrée
Vase à fleurs qui coule sans arrêt
— Cela c’est la salive de Dieu en quantité

Toi
Que dorment les époux du bétail domestique
Tu es le dortoir licencieux

Toi quelquefois
Tu es la chapelle sans pasteur

Ou alors quelquefois
Tu es comme la maison désolée
Quand s’y trouve une infirmière

Ou bien
La caisse d’un instrument
Dont la corde a été tendue
Et puis sur l’espace plein de meurtrissures

C’est un paysage
Qui va s’étendre au loin

(Shirô Murano)

Illustration: Achille Funi

 

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