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Quand la brume était épaisse (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016




Quand la brume était épaisse : visibilité réduite, vitesse
limitée. D’une enjambée, la presqu’île sortait de
l’invisible et se tenait à proximité.
Un beuglement toutes les deux minutes. Les yeux
lisaient droits dans l’invisible.
(Avait-il le dédale en tête?)
Les minutes passaient.
Les fonds et les îlots remémorés comme des psaumes.
Et cette sensation d’être « et nulle part ailleurs» qu’il
fallait conserver, comme lorsqu’on porte un vase
rempli jusqu’à ras bord et qu’on ne doit rien renverser.

Un regard jeté dans la salle des machines.
La machine compound, aussi robuste que le coeur
humain, travaillait avec des gestes délicatement
élastiques, acrobates d’acier, et des parfums montaient
comme d’une cuisine.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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