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Posts Tagged ‘s’alléger’

AVARE (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




Illustration: Folon

    
AVARE

M’alléger
me dépouiller

réduire mon bagage à l’essentiel

Abandonnant ma longue traîne de plumes
de plumages
de plumetis et de plumets

devenir oiseau avare
ivre du seul vol de ses ailes

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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M’alléger (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Ettore Aldo Del Vigo 795388

M’alléger
Me dépouiller
Réduire mon langage à l’essentiel,
Abandonnant ma longue traîne de plumes
De plumages
De plumetis et de plumets :
Devenir oiseau avare
Ivre du seul vol de ses ailes…

(Michel Leiris)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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QUATRE PEUPLIERS (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




QUATRE PEUPLIERS

Comme derrière elle-même va cette ligne
qui se poursuit dans les limites horizontales
et dans l’occident toujours fugitif
où elle se cherche se dissipe

– comme cette même ligne
par le regard levée
change toutes ses lettres
en une colonne diaphane
résolue en une non touchée
ni entendue ni vue mais pensée
fleur de voyelles et de consonnes

– comme cette ligne qui n’en finit pas de s’écrire
et avant de se consumer se redresse
sans cesser de s’écouler mais vers le haut :

les quatre peupliers.

Aspirés
par la hauteur vide et là en bas,
dans une flaque faite ciel, dupliquée,
les quatre sont un seul peuplier
et ils n’en sont aucun.

Derrière, frondaisons en flammes
qui s’éteignent – le soir à la dérive –
d’autres peupliers déjà haillons spectraux
interminablement ondulent
interminablement immobiles.

Le jaune glisse vers le rose,
la nuit dans le violet s’insinue.

Entre le ciel et l’eau
il y a une frange bleue et verte :
soleil et plantes aquatiques,
calligraphie ardente
écrite par le vent.
C’est un reflet suspendu dans un autre.

Passages : palpitations de l’instant.
Le monde perd corps,
il est une apparition, il est quatre peupliers,
quatre mélodies mauves.

De fragiles branches grimpent par les troncs.
Elles sont un peu de lumière avec un peu de vent.
Va-et-vient immobile. Avec les yeux
je les entends murmurer des paroles d’air.

Le silence s’en va avec le fleuve,
revient avec le ciel.

Réel est ce que je vois :
quatre peupliers sans poids
plantés sur un vertige.
Une fixité qui se précipite
vers le bas, vers le haut,
vers l’eau du ciel dormante
en un svelte effort sans dénouement
pendant que le monde lève l’ancre vers l’obscur.

Pulsation de clartés dernières :
quinze minutes assiégées
que Claude Monet voit d’une barque.

Dans l’eau s’abîme le ciel,
en elle-même l’eau fait naufrage,
le peuplier est un coup de feu bleu:
ce monde n’est pas solide.

Entre être et ne pas être titube l’herbe,
les éléments s’allègent,
les contours s’estompent,
moires, reflets, réverbérations,
scintillement de formes et présences,
brume d’images, éclipses,

nous sommes ce que je vois : miroitements.

(Octavio Paz)

Illustration: Claude Monet

 

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Vient le jour où l’on quitte la gare (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



Illustration
    
Vient le jour où l’on quitte la gare.
Enfermé depuis toujours, on cesse soudain
de chercher des abris.
On lâche les amarres.
Tout s’allège et le ciel s’entrouvre.

Alors, plus nue de n’avoir jamais été nue
notre âme écoute pour la première fois
son silence intérieur.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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Les corps (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: Marie-Claude Gironde
    
Les corps se rapprochent
se touchent font masse et s’allègent
se dérobent se frôlent s’évitent
et comme la vie la danse
devient une matière hétérogène,
un heurt de moments d’émotion et de banalité
un agglomérat confus
traversé d’éclairs de pure beauté

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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BALLADE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    
BALLADE

avec toi dans l’arche de la pluie
entraîne tout ce que tu ne peux dire
si tu es nu partout sera l’entrée
ne cherche pas ses yeux déjà si proches
ils ont veillé tes longs sommeils

ne crains pas ses sûrs doigts de liane
ils nouent les instants futurs
des touffes d’herbe te serviront d’offrande
arrache-les vite sans les choisir
si tu oublies partout sera l’entrée

halée par le chant des arbres
l’arche s’allège avec tous ceux qui montent
même une flaque énumère le ciel
la pluie s’en va te laissant à la barre
si tu es nu partout sera le cap

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Laissez laissez les colombes (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Laissez laissez les colombes
venir sur le sable, les colombes venir
sur l’ombre des nuages sur le monde
ombres de neige de l’hiver à venir.

Laissez laissez ces coeurs parés
près de la mer se poser
elles m’amènent des pensées
belles mêlées au souvenir.

Dieu se cache en leur vol d’eau
Dieu mon ami flèche de feu
que j’attends en tentant le jeu
d’un piège où s’allègent les mots.

Plus de fardeau dans l’air
ne faites pas saigner leurs ailes
ne clouez pas tant de lumière
au sol ainsi marié de ciel.

Ayez pitié de mon esprit
qui pense trouver une échelle
avec ces légères qui s’en vont d’ici
avec ces légères qui s’en reviennent.

J’oublie le pigeonnier que partage l’amour
et la trouble naissance de ces gestes de Dieu
mon regard et mon coeur se soulèvent du feu
dont c’est le pur envers que m’offre ce miroir

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Trois temps autrefois (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
Trois temps
autrefois
harmonisaient la détresse
et la joie
Et maintenant le futur
blesse
On s’allège peu à peu des roueries
des subterfuges
On marche à vif
sur le présent disjoint

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Je redoutais la transparence de mes mains (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Notre mémoire s’allégeait.
Bientôt je redoutai sa transparence,
et que nos corps assaillis de lumière
ne fussent plus dans ces gouffres de verre
que silence et geste sans ombre.
Le jour nous dominait. Seule la voix
du jour tonnait sur les sommets déserts.
Je redoutais la transparence de mes mains,
de tes épaules sous mes mains,
la transparence de la bouche et du regard
pareillement lavés des signes végétaux.

(Jean Joubert)

Illustration: Fabienne Contat

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Cavalier de brume (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



Cavalier de brume

Ce que tu vois,
ce que tu
bois,

ce qui frôle ta paupière,
pèse dans ta main,
s’allège,

ce qui te lisse, te ploie,
ce qui gronde
puis s’apaise,

ce qui lèche le feuillage,
fend la graine,
la partage,

ce qui parle à ton oreille
et ne dit rien
que le vent,

ce qui glace,
ce qui brûle,
ce qui te vêt,
te dénude,

c’est le sang et c’est la chair
de l’oublié,
du cavalier de brume.

(Jean Joubert)


Illustration: Albert Edelfelt

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