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Poésie

Posts Tagged ‘s’allonger’

Je m’allongerai sous tes paupières (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



Je m’allongerai sous tes paupières.
Lorsque tu les baisseras pour t’endormir,
je lancerai de l’or dans ton sommeil.
De l’or et des songes pareils à des nuages.

(Christian Bobin)

Illustration: Constantin Brancusi

 

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Encore une heure de lumière (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



Illustration: Christian Girault
    
Encore une heure de lumière
pour m’asseoir à tes côtés

te regarder
sous toutes tes faces

suivre au creux de ton épaule
l’action du temps sur ton visage :

comment il passe
sur lui et transforme derrière, au bout du sable

l’eau en des champs qui se déroulent
côte à côte, pendant que la lumière

jaune baisse puis remonte
s’incurve puis s’allonge un peu

Encore un moment, on ne la verra plus
Elle s’éteindra presque.

***

(Israël Eliraz)

Adaptatipn de Jean-Pierre Lemaire
 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Leur angoisse discrète (Peter Bakowski)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2022




Illustration
    
Leur angoisse discrète

Dans les bars
les salles de billard
les bas-fonds
je vois des hommes
sans amour depuis si longtemps.

Pour continuer à vivre,
certains d’entre eux
ont du fermer leur coeur,
s’endurcir,
étriquer leur façon de voir et de penser.
Ils disent « Les hommes sont comme ci, les femmes sont comme ça… »
Des équations qui les aident
à marcher
jusqu’à l’épicier du coin.

Ils ont peint la cascade en noir, massacré le tigre,
enterré les photos cornées de l’horizon.
Ils habitent des garçonnières,
où ils écoutent
assis
les remous de la circulation,
les querelles des pigeons sur le toit.
En regardant
le jour devenir nuit,
les étoiles grandir dans le ciel.
Ils s’allongent
dans le noir
en attendant
la clémence du sommeil.

(Peter Bakowski)
Le coeur à trois heures du matin

Recueil: L’insurrection poétique Manifeste pour vivre ici
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Nous partout (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Géraldine Alibeu
    
Nous partout

J’aime quand nous allons un peu plus loin.
Quand tout le monde descend, et que nous, c’est l’arrêt suivant.
Quand on est dans la lune, et qu’on rit.
On dit qu’on revient dans cinq minutes
et ça dure des heures.
Tu m’as dit que le temps peut s’allonger parfois,
qu’on peut goûter les secondes une à une,
que la vie, c’est notre tout petit infini.
— Où pars-tu pour les vacances ?
— Je ne sais pas encore, juste un peu plus loin.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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Poème pour apprendre à conjuguer (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



    

Poème pour apprendre à conjuguer

J’étoile, tu étoiles, il étoile, nous étoilons, vous étoilez,
ils brillent un peu, les mots.
J’infinis, tu infinis, elle infinit, nous infinissons, vous infinissez,
elles s’allongent un peu, les phrases.
Je nuage, tu nuages, il nuage, nous nuageons, vous nuagez,
ils ajoutent du ciel bleu, les stylos.
Je page, tu pages, elle page, nous pageons, vous pagez,
elles vivent hors des lignes, les idées.
Je poème, tu poèmes, il poème, nous poèmons, vous poèmez.
Je queneau, tu michaux, il prévert, nous tardieusons, vous jacobez, ils norgent.
Hé l’art du poème, à présent, on dirait que tu l’aimes.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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Au fond de mes yeux (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




Des lignes colorées se croisent
Et s’entrecroisent
Elles s’allongent et se rétractent
Et se convulsent
Elles s’éclipsent et reparaissent
Au fond de mes yeux
Qui découvrent d’étranges galaxies

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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LESSIVE (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2022



Illustration: Jeffrey T. Larson  
    
LESSIVE

Elle va derrière le linge
Lorsque son ombre va devant.
Si son ombre de côté change
Elle s’écourte elle s’allonge
Elle met la jupe du vent.

(Jean Cocteau)

Recueil: Poèmes Appogiatures Clair-obscur Paraprosodies
Editions: Du Rocher

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Rien d’autre à faire (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2021




Illustration: Hiroshige
    
rien d’autre à faire
que de m’allonger sur les feuilles mortes
la beauté de la montagne

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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Un être bleu, peut-être un Ange (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2021



Quand s’allongent les longues pensées de l’herbe.
Un corps de lettres majuscules
avec des lèvres attachées à un prénom
comme l’alevin s’attache à la rivière.
Un être bleu.

Je crois aux anges.

(Mathieu Bénézet)


Illustration: Frederick Carl Frieseke

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SUBSTANCE FEMME (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020


 


Colette Deblé .-Venus-anonyme-Technique-mixte-1024x6921

 

SUBSTANCE FEMME
(sur des lavis de Colette Deblé)

je me désenfouis
je me dresse
je suis de nulle part
je prends toutes les formes du monde

j’apparais
j’accueille tous les souffles
je ne crains pas
les loups du couchant

je porte mon poids de nuit
pour retomber toute en pluie
je suis une haute gisante
dans l’entre-temps du paradis

je m’allonge sur le cosmos
tout au fond des mots
je perds la tête et un peu plus
je sais toutes les brûlures

oiseau du coeur à la renverse
je suis ravissement
blessure vive
ma sueur se dissipe aux rayons de lune

je viens te dire
la liqueur des anges
je viens te dire
l’infinité de mon tombeau

(Zéno Bianu)

Illustration: Colette Deblé

 

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