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Poésie

Posts Tagged ‘salon’

REFRAIN POPULAIRE (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



    

REFRAIN POPULAIRE

Des palais bâtis de pierre,
Ferronnerie aux balcons,
Blancheur des perrons de marbre
Et dorures des salons.

Lustres scintillants de gemmes
Qu’aux vitres l’on voit danser:
Là viendra celui que j’aime
Pour se choisir fiancée,

Sa fiancée à choisir
En ce lieu plus belle et claire.
Moi je resterai moisir
Comme feuille au vent d’hiver.

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le salon s’est rempli de désert (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
Le salon s’est rempli de désert

L’air ne tremble pas
Les bruits s’avachissent
Les gestes restent inachevés

Seule se déploie
L’odeur pressante
Des lys qui pataugent dans le vase
Coeurs ouverts
Jusqu’à l’indécence

Un peu grise
Je chante Mozart

Éclair volé
À l’éternité

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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AVEU (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
AVEU

Je vous aime, quoique j’enrage,
que ce soit ridicule et vain.
En outre il faut qu’à vos genoux
j’avoue ma sottise et ma honte.
Avec ma figure ! A mon âge !
Il serait temps de s’assagir.
Mais tous les indices sont clairs :
je suis atteint du mal d’amour.
Loin de vous je m’ennuie,— je bâille —
près de vous la langueur m’est douce
et je n’en peux mais : je dois dire,
cher ange, combien je vous aime.
Quand j’entends, venant du salon,
vos pas, le bas de votre robe
ou votre voix juvénile et candide,
je perds d’un seul coup la raison.
Souriez-vous ? Je suis aux anges.
Vous m’ignorez ? J’ai le coeur lourd.
Tout un jour de peine s’efface
si vous m’offrez votre main pâle.

Quand, absorbée par votre ouvrage,
vous laissez ruisseler vos boucles
indolemment, les yeux baissés,
je m’attendris, ne dis plus mot,
vous contemplant comme un enfant.
Vous conterai-je ma détresse,
ma tristesse, ma jalousie,
quand par tous les temps vous allez
au loin, trop loin, vous promener ?
Ou bien vos larmes solitaires,
les propos à deux dans un coin,
ou les petits voyages en ville
ou les soirées près du piano ?
Aline, ayez pitié de moi !
Je n’ose exiger de l’amour.
Il se peut que, pour mes péchés,
je sois indigne d’être aimé.
Faites semblant ! Votre regard
exprime si bien tant de choses.
Je suis si facile à tromper!
Et voudrais tant l’être par vous !

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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Morceau à quatre mains (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



 

Claude-Zélie Girardin Jeune fille au piano 9

Morceau à quatre mains

Le salon s’ouvre sur le parc
Où les grands arbres, d’un vert sombre,
Unissent leurs rameaux en arc
Sur les gazons qu’ils baignent d’ombre.

Si je me retourne soudain
Dans le fauteuil où j’ai pris place,
Je revois encor le jardin
Qui se reflète dans la glace ;

Et je goûte l’amusement
D’avoir, à gauche comme à droite,
Deux parcs, pareils absolument,
Dans la porte et la glace étroite.

Par un jeu charmant du hasard,
Les deux jeunes soeurs, très exquises,
Pour jouer un peu de Mozart,
Au piano se sont assises.

Comme les deux parcs du décor,
Elles sont tout à fait pareilles ;
Les quatre mêmes bijoux d’or
Scintillent à leurs quatre oreilles.

J’examine autant que je veux,
Grâce aux yeux baissés sur les touches,
La même fleur sur leurs cheveux,
La même fleur sur leurs deux bouches ;

Et parfois, pour mieux regarder,
Beaucoup plus que pour mieux entendre,
Je me lève et viens m’accouder
Au piano de palissandre.

(François Coppée)

Illustration: Claude-Zélie Girardin

 

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Je ne connais pas vos mains (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
Je ne connais pas vos mains elles ne sont jamais les miennes
Je ne connais pas ces colonnes qui vous font séduisante au marché
L’orchidée blonde de votre ventre eut des bontés pour d’autres veines
Que celles de mon imagination nue et montrée sans majesté;
Non je n’ai point fréquenté le salon de votre beau
corps décoré par la fureur de colombes et de vents d’orage
N’ayant su parler votre langue à votre bouche de flatterie
je vous ai perdue en voyage
Ô Renommée ou fille implacable en un désordre de lingeriе.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’éternité sera bien assez longue (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



 

L’éternité sera bien assez longue

J’entre et je sors de moi-même souvent.
Je me demande audience parfois.
Je me rencontre en de longs corridors,
Je fais semblant de ne pas me surprendre
Ou je m’ignore.

Un bref sanglot nocturne
Brise un miroir. On voyage, on voyage,
Et l’on se quitte, on joue à cache-cache,
Mon corps et moi, mariés de l’aurore.

Suis-je sans être ? Et rêver n’est-il vivre
Hors de soi-même, hors les murs, hors le doute,
Là où le corps ne va pas, car il pèse
Plus que le bronze et le plomb des pensées ?

Et je m’en vais sur des lieux de musique
Pour oublier mon lieu de résidence :
L’argile épaisse où j’entre et sors, et j’ose
Me résigner à vivre sans mes ailes.

– Entrez chez moi, j’ai pour vous mille chambres
Et des salons, et des orangeraies…
Mais nul ne vient, le seul hôte est moi-même
Dans ma maison bien trop vaste pour moi.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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OÙ EST MA BELLE ? (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



OÙ EST MA BELLE ?

Rare, cette beauté sans égale
Ebranle le coeur du pays entier
Aurai-je l’occasion de la revoir
parmi les fleurs ?
Arqués, ses sourcils ressemblent
A la crête des montagnes lointaines
Dans la douleur ma pensée s’envole vers elle

Derrière le paravent vert au phénix doré
Je regrette mon rêve interrompu
Les rideaux fermes
Le salon désert
Aucun chemin ne dessert les cieux émeraude
Impossible d’y envoyer mon message
Dans notre ancienne chambre
M’envahit une tristesse indescriptible

(Wei Zhuang)

 

 

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C’est (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



C’est un vieux papier que je déplie
tramway du dimanche
course de ferraille sur une route de banlieue
complet complet
sonnerie jardin soleil bonjour papa
elle devait avoir des seins droits
dans le petit salon orné de marines
piano-noir-métal-doré
d’où nous regardions tomber la pluie

4h 1/2! si je m’habillais pour partir

(Pierre Albert-Birot)

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Où sont ses pieds rosés aux chevilles d’ivoire? (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Où sont ses pieds rosés aux chevilles d’ivoire?
Sa hanche au grand contour, les globes de ses seins ?
Son crâne a-t-il encor cette crinière noire
Que l’orgie autrefois couronnait de raisins ?

Et son ventre, son dos ? Oh ! que sont devenues
Surtout, par les hasards de l’insensible azur,
Ces épaules cold-cream? et ces lèvres charnues
Où mes dents mordillaient comme dans un fruit mûr?

Et ces cuisses que j’ai fait craquer dans les miennes?
Et ce col délicat, ce menton et ce nez,
Ces yeux d’enfer pareils à ceux des Bohémiennes
Et ses pâles doigts fins aux ongles carminés ?

Il n’y a que l’échange universel des choses,
Rien n’est seul, rien ne naît, rien n’est anéanti,
Et pour les longs baisers de ses métamorphoses,
Ce qui fut mon épouse au hasard est parti!

Parti pour les sillons, les forêts et les sentes,
Les mûres des chemins, les prés verts, les troupeaux,
Les vagabonds hâlés, les moissons d’or mouvantes,
Et les grands nénuphars où pondent les crapauds,

Parti pour les cités et leurs arbres phtisiques,
Les miasmes de leurs nuits où flambe le gaz cru,
Les bouges, les salons, les halles, les boutiques,
Et la maigre catin et le boursier ventru.

Parti… fleurir peut-être un vieux mur de clôture
Par-dessus qui, dans l’ombre et les chansons des nids,
Deux voisins s’ennuyant en villégiature
Échangeront un soir des serments infinis !

(Jules Laforgue)


Illustration: Niklaus Manuel Deutsch

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Agir et penser comme un chat (5) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
J’aime dans le chat cette indifférence
avec laquelle il passe des salons
à ses gouttières natales.

(René de Chateaubriant)


A ma connaissance, le chat demeure
le seul animal dont toutes les émotions
se lisent au travers de l’orientation des oreilles,
pupilles et battements de queue.

(Anne Calife)


Quand je joue avec mon chat,
qui sait s’il ne s’amuse pas plus de moi
que je fais de lui ?

(Michel de Montaigne)


Il est des beautés qui excèdent le vocabulaire.
Les chats appartiennent à cet ordre.

(Louis Nucéra)


Le chat se contente d’être,
c’est le verbe qui lui va le mieux.

(Louis Nucéra)


La seule personne qui me comprenne,
sur cette terre,
c’est mon chat.

(Diane Gontier)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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