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Que m’est odieuse la lumière des monotones étoiles (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



Que m’est odieuse la lumière
Des monotones étoiles !
Salut, mon ancien délire,
Du clocher l’essor ogival !

O change-toi, pierre, en dentelle,
Et deviens toile d’araignée !
Que le torse vide du ciel
S’ouvre à ton aiguille aiguisée !

Mon tour aussi viendra de m’élancer.
Je sens déjà l’essor d’une aile.
Mais vers quel but, de la vive pensée,
La flèche s’envolera-t-elle ?

Ou bien je serai de retour,
Ayant mon temps et ma route épuisé.
Ici je redoute l’amour,
Là-bas je n’ai pas pu aimer…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Vincent Van Gogh

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L’INTERNATIONALE (Eugène Pottier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
L’INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

(Eugène Pottier)

 

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IL EST UNE ÉPOUVANTE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



 

Rockwell Kent   (11)

IL EST UNE ÉPOUVANTE

Il est une épouvante : être —
Dans le chaos et dans la nuit
Chercher l’issue et pressentir
Qu’il n’est point de salut, point de salut.

Parfois entre les rocs blessés
En silence se coule l’or
De l’aurore — on irait encore,
Mais on se sent déjà tué.

Comme si l’aube se blessait
Quand elle déploie sa toile,
Quand elle verse ses eaux de feu
Et t’appelle sous le mont : lève-toi,
Vois les montagnes fracassées flambent!
— Tu Le sens, mais tu ne crois pas en Lui.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Salut, toi (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2020




Salut, toi – réalité
instantanée à l’autre
bout du soi-disant fil.

(Robert Creeley)

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Salut, l’épi! (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2020



Salut, l’épi!
Je verrai ta fin.

(Guillevic)

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Les Messies hongrois (Endre Ady)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020




Illustration: Joaquin Sorolla
    
Les Messies hongrois

Plus salées sont leurs larmes
Et leurs douleurs particulières.
Mille fois Messies
Les Messies hongrois.

*

Mille fois ils meurent
Sans salut sur la croix
Car ils ne peuvent rien faire,
Oh, ils ne peuvent rien faire.

***

A magyar Messiások

Sósabbak itt a könnyek
S a fájdalmak is mások.
Ezerszer Messiások
A magyar Messiások.

*

Ezerszer is meghalnak
S üdve nincs a keresztnek,
Mert semmit se tehettek,
Óh, semmit se tehettek.

(Endre Ady)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Hongrois
Editions:

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Que serait mon salut? (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Claude Sauzet  (1)

Nos liens furent cachés –
Silencieux je m’afflige
Qu’Oubli ton coeur oblige,
Que tu sois détachée.
Te revoir à cette heure,
De longs ans révolus:
Que serait mon salut?
– De silence et de pleurs.

(Lord Byron)

Illustration: Claude Sauzet 

 

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J’entends courir mon sang vers le salut (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019



 

Albert Asensio l

J’entends courir mon sang vers le salut

Rien qu’à entendre un verbe
qui me semble vrai
j’entends courir mon sang
vers le salut. C’est comme rentrer chez soi
et retrouver une charitable fraîcheur de draps.

(Patrizia Cavalli)

 

 

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Baguenaude en quête de baisers (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019



 

Baguenaude en quête de baisers

Cette baguenaude en quête de baisers
qui prolonge les visites et jamais ne conclut
et puis s’échine à inventer des excuses,
ma spécialité, ma spécialité.

Hors de moi en amour,
de moi-même exclue,
nécessité rapide,
c’est ça le salut.

(Patrizia Cavalli)

Illustration

 

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NOTRE VILLE FLAMBE (Mordehaï Gebirtig)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
NOTRE VILLE FLAMBE

Ça flambe, mes frères, ça flambe,
C’est notre ville, hélas, qui flambe,
Des vents cruels, des vents de haine
Soufflent, déchirent, se déchaînent
Les flammes sauvages s’étendent
Aux environs déjà tout flambe.

Et vous, vous êtes là, vous regardez
Les mains immobiles,
Et vous, vous êtes là, vous regardez
Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe
C’est notre ville, hélas, qui flambe
Et les flammes carnassières
Dévorent notre ville entière
Et les vents de colère hurlent
Notre ville brûle.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,
Les mains immobiles,
Et vous, vous êtes là, vous regardez,
Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe,
Oh l’heure peut venir, hélas
Où notre ville et nous ensemble
Ne serons plus rien que des cendres,
Seuls resteront, comme après une guerre,
Des murs noircis, des murs déserts.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,
Les mains immobiles,
Et vous, vous êtes là, vous regardez
Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe,
Il n’est de salut qu’en vous-mêmes,
Prenez les outils, éteignez le feu,
Éteignez-le de votre propre sang.
Vous le pouvez, alors prouvez-le !

Ne restez pas ainsi, frères, à regarder,
Les mains immobiles,
Frères, n’attendez pas, éteignez l’incendie
Qui brûle notre ville.

(Mordehaï Gebirtig)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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