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Posts Tagged ‘salvatrice’

Faut-il que l’homme demeure extrême nourriture (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Euan Macleod    969

Faut-il que l’homme demeure extrême nourriture
et que hors de l’extrême adversaire
le héros soit radeau quêtant la voile salvatrice.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Euan Macleod 

 

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Faut-il (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo -   (91)

Faut-il que l’homme demeure extrême nourriture
et que hors de l’extrême adversaire
le héros soit radeau quêtant la voile salvatrice

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Poursuis, poète (David Gascoyne)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



 

Poursuis, poète

Poursuis, poète, poursuis toujours
Jusqu’au fond de la nuit,
De ta voix ouverte et libre
Persuade nous encore de nous réjouir,
Par la culture du poème,
Fais de la malédiction une vigne,
Chante l’échec de l’homme
Dans une extase de douleur ;
Dans les déserts du cœur
Que jaillisse la fontaine salvatrice ;
Dans la prison de ses jours
Enseigne à l’homme libre a louange.

(David Gascoyne)

Illustration: SknijKunst

 

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AUX MUETS (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



 

AUX MUETS

O la folie de la grande ville quand le soir
Des arbres rabougris sont là, figés contre un mur noir,
A travers le masque d’argent l’esprit du mal regarde ;
La lumière, de son fouet magnétique, repousse la nuit de pierre.
O, le son englouti des cloches du soir.

Prostituée qui, avec des frissons glacés, accouche d’un enfant mort.
Furieusement la colère de Dieu fouette le front du possédé,
Epidémie pourpre, faim qui brise des yeux verts.
O, l’atroce rire de l’or.

Mais saigne en silence dans l’ombre d’une caverne
Une humanité plus muette
Qui, assemblant de durs métaux, forme la tête salvatrice.
Voyait la neige tomber dans le branchage nu
Et l’ombre de l’assassin dans la pénombre du vestibule.

Argentée la tête de celui qui n’était pas né tomba.

***

AN DIE VERSTUMMTEN

O, der Wahnsinn der grossen Stadt, da am Abend
An schwarzer Mauer verkrüppelte Bäume starren,
Aus silberner Maske der Geist des Bösen schaut ;
Licht mit magnetischer Geissel die steinerne Nacht verdrängt.
O, das versunkene Läuten der Abendglocken.

Hure, die in eisigen Schauern ein totes Kindlein gebärt.
Rasend peitscht Gottes Zorn die Stirne des Besessenen,
Purpurne Seuche, Hunger, der grüne Augen zerbricht.
O, das grässliche Lachen des Golds.

Aber stille blutet in dunkler Höhle stummere Menschheit,
Fügt aus harten Metallen das erlösende Haupt.
Sah, dans Schnee fiel in kahles Gezweig
Und im dämmernden Hausflur den Schatten des Mórders.

Silbern sank des Ungebornen Haupt hin.

(Georg Trakl)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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L’homme collait sa poitrine aux barreaux (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

Júlia Fernández Sánchez 9518

L’homme collait sa poitrine aux barreaux d’une baraque pauvre entre les pauvres
Il était seul seul parmi trente compagnons tenaces
compagnons témoins sans papilles de son jour
témoins sans prunelles de sa nuit et des crispations
de sa face et des rictus dévoilés de l’âme
La vie était dehors achevant son travail quotidien
avec les mains humaines avec les mains des arbres
avec les battements du coeur de la mer et les battements des coeurs charnels
avec l’intelligence dure et fertile de la terre et l’intelligence infectée de l’homme
La vie était dehors – malaxant vie et mort mort et vie

et la bouée du sommeil.

L’homme fixait le grand corps mou de la nuit s’infiltrant
souplement en ondes sombres parmi les cimes des sapins
Il regardait il écoutait isolé dans son espacement morne
Isolé dans son cerveau et dans sa demande malgré ses compagnons et le sort commun
Il était seul comme un homme est seul parmi les hommes.
Cet homme regardait la nuit Il écoutait la nuit
bavarde la nuit silencieuse comme la méditation des yeux clairs d’un chat
L’homme fermé s’ouvrait devant la nuit salvatrice
devant la nuit consolatrice de toutes peines

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

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Mesurons la défaite (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



Les murs ne tombent pas
[33]

Mesurons la défaite
en termes de pain et de viande,

et les continents
en étendue relative des champs

de blé ; n’enseignons pas
ce que nous avons mal appris

et dont nous n’avons pas profité ;
ne concoctons pas

de potions salvatrices pour les morts,
ni n’inventons

de nouvelles couleurs
pour des yeux aveugles.

***

Let us measure defeat
interms of bread and meat

and continents
in relative extent of wheat

fields; let us not teach
what we have learned badly

and not profited by;
let us not concoct

healing potions for the dead,
nor invent

new colours
for blind eyes.

(Hilda Doolittle)

Illustration: John Everett Millais

 

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