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Rien ne ressemble plus à Dieu dans l’immensité de l’univers que le silence (Maître Eckhart)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



 

Rien ne ressemble plus à Dieu dans l’immensité de l’univers que le silence

Les gens ne devraient pas tant penser à ce qu’ils font,
ils devraient penser à ce qu’ils sont.

Si les gens étaient bons ainsi que leur manière d’être,
leurs œuvres pourraient vivement rayonner.
Si tu es juste, tes œuvres aussi sont justes.

Ne pense pas que la sainteté se fonde sur les actes,
on doit fonder la sainteté sur l’être,
car ce ne sont pas les œuvres qui sanctifient,
c’est nous qui devons sanctifier les œuvres.

Si saintes que soient les œuvres,
elles ne nous sanctifient absolument pas en tant qu’œuvres,
mais dans la mesure où sont saints notre être et notre nature,
dans cette mesure, nous sanctifions toutes nos œuvres,
que ce soit manger, dormir, veiller ou autre chose.
Ceux qui ne sont pas d’une nature élevée,
quelles que soient les œuvres qu’ils accomplissent,
elles ne valent rien.

Remarque par là tout le zèle qu’il faut apporter à être bon,
non pas tant pour ce que l’on fait ou par la nature des œuvres,
mais bien par le fondement des œuvres.

(Maître Eckhart)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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TON FEU QUI TRANSFORME (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
TON FEU QUI TRANSFORME

Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale,
Sanctifie cette vie en la consumant dans Ton feu.
Soulève mon corps afin de le convertir
En une lampe de Ton tabernacle,
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

Que Tes caresses dans le noir, de membre en membre,
Fassent s’épanouir toute la nuit de nouvelles étoiles.
Les traces d’ombre disparaîtront des regards, mes yeux
Ne percevront que Ta lumière de tous côtés.
Toute ma souffrance s’embrasera vers le haut.
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Notre langage est élimé (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018



Illustration: Bernard Bénézet
    
Notre langage est élimé.
Je voudrais creuser chaque mot
pour décrire le jaillissement
solaire, hors de l’argent mat
des oliviers, du campanile pieux.

Pour peindre l’abîme des rues
pleines de petits mendiants bruns,
je ne peux trouver le ton juste, —
ne peux trouver le moindre chant
qui puisse flotter dans cet air.

Tel est le sortilège : trouver de pauvres mots,
leur apprendre tout bas à marcher dans le chant.
Tel est le sortilège : la chevelure ornée
de tilleul, se dresser comme une reine.

Voilà le sortilège : avoir soif de la cruche
de ce délice qui sanctifie l’eau,
tout au fond de la vie éveiller une fugue,
puis contempler l’éternité.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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La Madone aux Lys (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



La Madone aux Lys

J’AI bu, tel un poison, vos souffles éplorés,
Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés

Dédiez au matin votre rose sourire,
Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.

Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,
Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.

Lys purs qui fleurissez les mystiques images,
Sanctifiez les pelouses et les feuillages.

Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,
Exhalez froidement vos souvenirs de mort.

Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,
Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.

Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,
O muguets, lys de la vallée et des grands bois.

O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,
Anémones, lys roux des champs israélites,

Soyez la floraison des douleurs de jadis
Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.

(Renée Vivien)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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Au déclin du jour (Avraham Ben-Yitzhak)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017




    
Au déclin du jour

Lorsque sombrera le brasier rouge de nos vies
nous ôterons de nos fronts la couronne des fêtes
aux feuilles touffues, aux roses tombées,
et nous descendrons en silence vers les fleuves.

Au déclin du jour nous tenant sur la rive,
nous suivrons des yeux leur cours —
abandonnés fièrement à l’immense solitude.

Sous le déferlement du couchant,
nous verrons, éperdus, s’en venir des fleurs, blanches,
entraînées par l’eau glorieuse —
bordures d’un jardin riant
arrachées en plein midi.

Alors nous saurons : notre jeunesse est passée sous nos yeux.
Avec son souvenir pâlissant,
l’ombre du saule chagrin s’inclinera sur nous.

Au-dessus des montagnes, les étoiles, une à une,
sanctifieront la vaste nuit étrangère,
et le vent du soir, en nous frôlant,
vibrera comme un violon noir

(Avraham Ben-Yitzhak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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Elle passe… (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



Elle passe…

LE ciel l’encadre ainsi que ferait une châsse,
Et je vivrais cent ans sans jamais la revoir.
Elle est soudaine : elle est le miracle du soir.
L’instant religieux brille et tinte. Elle passe…

Je suis venue avec la foule des lépreux
Dès l’aurore, ayant su que je serais guérie.
Ils regardent vers elle avec idolâtrie
En pleurant à voix basse. Et je pleure avec eux.

Un rayon d’espérance illumine l’espace,
Car ses pieds nus ont sanctifié le chemin.
Voyez ! un grand lys blanc est tombé de sa main…
Les sanglots se sont tus brusquement. Elle passe.

De nous tous qui pleurions elle a fait ses élus,
Et parmi nous aucun ne pleure ni ne doute.
Elle ne reviendra plus jamais sur la route,
Mais je la vis passer et je ne souffre plus.

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandru Darida

 

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APOTHÉOSE (Henri Barbusse)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016



Alexander Nedzvetskaya (14)

APOTHÉOSE

Ombre, musique.

Mes yeux, lassés du jour qui ment,
O ma sainte, seule en novembre,
Vous cherchent adorablement
Dans la prière de la chambre…

Je m’arrête au seuil sans couleur.
Le grand déluge Vous abîme,
Et dans quelque coin de douleur,
Vous écoutez, travail sublime.

Grise dans le soir en suspens,
Comme heureuse de jours sans nombre,
Votre front s’incline et s’épand,
Dans un cantique de pénombre.

Peu à peu mes regards du jour
S’habituent à votre tendresse…
Je comprends l’indistinct amour,
Et le mystère de caresse.

Sur la tempe un doigt s’attendrit,
Comme un saint et souffrant office ;
La joue un peu creuse sourit
D’un sourire de sacrifice…

Votre cou noyé, frêle à voir,
Vous soutient de douce épouvante,
Perdue en musique du soir,
Infinie, à peine vivante…

Je vois votre cœur rayonnant,
Dans la candeur crépusculaire.
Je vois, docile, maintenant,
Que votre bonté vous éclaire…
A force de tranquillité,
Vous brillez comme auprès d’un cierge,
Dans le soir de réalité
Où vous êtes un peu la Vierge.

La nuit tombe avec ses rayons
Et sanctifie en paix immense
La gloire dont nous défaillons,
A genoux au cœur du silence.

(Henri Barbusse)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya 

 

 

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Ton regard me défie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2015



Ton regard me défie.
Le souffle de l’embrun
Caresse ton sein brun
Que mon chant glorifie.

L’étreinte ratifie
L’entente entre nous.
Je t’honore à genoux
Et je te déifie.

A toi je le confie
Mon grand péché mortel
Et sur son bel autel
L’amour nous sanctifie

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: André Masson

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