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Poésie

Posts Tagged ‘sanctuaire’

On dit que l’effraie (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020



On dit que l’effraie
boit l’huile aux lampes du sanctuaire
dans les églises du village;
elle entre par le vitrail brisé
dans ces heures de nuit
quand les bons et les violents s’endorment
quand l’orgueil et l’amour s’épuisent
quand le feuillage rêve.
La bête réchauffe son sang
avec l’huile éclairant et vierge.

(Jean Follain)

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Sur ce sanctuaire (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2019



Yosano Akiko
    
Sur ce sanctuaire
Que l’humanité bâtit
Depuis toujours,
Je veux moi aussi planter
Un clou en or à mon tour

***

Kôsho yori
tsukuri itonamu
dendô ni
ware mo kogane no
kugi hitotsu utsu

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Toujours insaisissable (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Toujours insaisissable —
La vague à venir roulera sur la rive son trésor de mer,
La fleur à venir ouvrira son coeur doré, la pierre sera étoile.
Proche mais si lointain
Ce vert sanctuaire d’où le merle
Jette son chant sauvage sur l’aile du vent.
Délivré de ce corps opaque,
As-tu, chercheur perdu, trouvé?

***

Always just beyond —
The next wave will lift its deep-sea treasure to the strand,
The next flower open golden centre, stone be star.
And yet the near how far
From whose green sanctuary
The ousel flings its wild wind-drifted song.
From body’s blindfold free,
Have you, lost seeker, found?

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Va vers toi-même (Gabriel Ringlet)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017




    
Va vers toi-même

Va vers toi-même.
Etonne-toi de toi.
Accueille la polyphonie qui t’habite.
Les couleurs de ta palette sont plus nombreuses que tu ne l’imagines.
Réveille les lumières de ton vitrail intérieur.
As-tu déjà contemplé un vitrail de près ?
Vu de l’extérieur, il paraît un peu gris et triste.
Il faut entrer dans le sanctuaire ou dans la maison.
Et s’asseoir.
Pas seulement un jour, une fois.
S’asseoir souvent, quelques minutes, mais à des heures différentes,
quand il fait beau soleil, quand il fait pluie, par temps de neige ou de
brouillard.
Quelle vie, un vitrail !
À chaque saison du jour une lumière nouvelle.
Assieds-toi près de toi, respire un bon coup, laisse un peu de souffle
t’envahir, et dis-toi que le premier vitrail, c’est toi.

(Gabriel Ringlet)

 

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Journée d’hiver (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Journée d’hiver

Nul rayon, ce matin, n’a pénétré la brume,
Et le lâche soleil est monté sans rien voir.
Aujourd’hui dans mes yeux nul désir ne s’allume ;
Songe au présent, mon âme, et cesse de vouloir.

Le vieil astre s’éteint comme un bloc sur l’enclume,
Et rien n’a rejailli sur les rideaux du soir.
Je sombre tout entier dans ma propre amertume ;
Songe au passé, mon âme, et vois comme il est noir !

Les anges de la nuit traînent leurs lourds suaires ;
Ils ne suspendront pas leurs lampes au plafond ;
Mon âme, songe à ceux qui sans pleurer s’en vont !

Songe aux échos muets des anciens sanctuaires.
Sépulcre aussi, rempli de cendres jusqu’aux bords,
Mon âme, songe à l’ombre, au sommeil, songe aux morts !

(Léon Dierx)

Illustration

 

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La rouge chanson (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Illustration
    
La rouge chanson

Mes oiseaux à l’aile meurtrie,
Le coeur en sang,
Que le vent d’octobre charrie
Au hasard, sans
Egard pour vos ailes meurtries;

Mes vagues oiseaux qui sombrez
Aux berges moites
Des étangs givreux, sur les prés
Noirs où miroite
Cette eau glacée où vous sombrez;

Outardes, macreuses transies
Dans les remous
Du vent froid qui vous supplicie,
Cadavres fous
Que bercent les brumes transies;

Oiseaux, voici mon coeur en sang
Dressant son phare
Parmi l’ouragan frémissant
Qui vous égare;
Oiseaux, voici mon coeur en sang.

Il est l’étrange sanctuaire
Tout luisant d’or,
Où mieux qu’au lit des estuaires
Dorment des morts
Sous la pourpre de leurs suaires.

Brisez, brisez les vitraux d’or,
Ailes blafardes,
Qu’en moi s’éteigne votre essor,
Grèbes, outardes;
Brisez, brisez les vitraux d’or.

Dormez, désirs, l’aile meurtrie,
Mourez aussi,
Délivrés du vent qui charrie
Les vols transis;
Dormez, désirs, l’aile meurtrie.

Dormez sous les dams sanglants,
Les pourpres lourdes,
Dont le calme va s’étalant
En splendeurs gourdes,
Dormez, dormez oiseaux sanglants!

(Marie Dauguet)

 

 

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HOMMES DE MON PAYS (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration
    
HOMMES DE MON PAYS

Dans nos montagnes il y a des hommes,
ce sont des amis de la nuit;
leurs yeux brillent du noir des chèvres,
leurs gestes raides comme la pluie.
Ils ont pour maître l’olivier,
simple vieillard aux bras croisés.
Eux,
leurs mains sont de chardons,
leurs poitrines sanctuaires,
« le ciel tourne autour de leurs fronts,
comme un insecte lourd à la chaude saison ».
Dans nos montagnes il y a des hommes,
qui ressemblent au tonnerre,
et savent que le monde est gros comme une pomme.

(Nadia Tueni)

 

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L’âme cesse d’être solitude (Saint Bernard de Clairvaux)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2017



L’âme cesse d’être solitude
quand elle devient sanctuaire.

(Saint Bernard de Clairvaux)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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Aux immortels couchants ! (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Guy Baron
    
Aux immortels couchants !

Le vent a moissonné les gestes gracieux
De notre amour sincère, une feuille d’aurore
Aux immortels couchants ! Remous capricieux !
J’ai entendu ton encre ou j’ose à peine éclore.

L’allure débraillée en matin de printemps,
Je darderai l’étoile éclose de ton rêve,
Je t’offrirai l’éclair de mon âme, le temps
D’une éphémère vie, un dévoué sans trêve.

Ambitieux d’espoir à l’abri des lotus
Sacrés, et sur le lac immortel, l’espérance
Est des schèmes émus, des songes court-vêtus
Un sanctuaire en fils brodés de patience.

Un calicot fleurit d’or pour te contempler !
J’ai rêvé ton soleil ou dansent tes lumières,
Et j’ai carillonné la noirceur pour pleurer !
Sur ta peau j’ai glissé sur tes épistolières.

Et ta fontaine arrose ainsi tes mots d’amour
Que l’océan des nuits profondes et magiques
A dessiné l’éclat des violons du jour
Ou le silence implore ainsi nos sens cloniques !

L’écho de mes douceurs s’évanouira au ciel
Comme un cristal limpide, un tableau poétique
Illuminé d’aisance, un amour essentiel
Pour tracer le portrait de notre été lyrique.

(James Denis)

 

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Dis-moi le sanctuaire (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
dis-moi le sanctuaire
dans le coeur du coeur noir
dis-moi la sève et le souffle

dis-moi le silence
la langue de l’éternité
l’agonie des grands soleils

pour oublier l’absence du monde
dans le coeur du coeur noir
pour oublier l’oubli

au coin des rues ou des neurones
tu habites l’invisible
ta cendre est sertie de miel

comme mon amie la mort
dans le coeur du coeur noir
avec sa bouche de sel

tu habites la chair des mots
oùje dis ton nom de nuit
dormeuse au sang de pluie

où je dis ton nom de ciel
dans le coeur du coeur noir
dans le lait bleu de ton ombre

car tu portes aussi
le nom de l’ombre
au plus aimé de toi-même

au plus blessé de toi-même
dans le coeur du coeur noir
où tes paupières ouvrent l’immensité

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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