Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sandale’

L’aube (Issa)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019



sans même quitter les sandales de marche
je bois la coupe du nouvel an
– l’aube

(Issa)

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C’était un homme d’une grande bonté (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



Gaspard

La floraison du bâton

[39]
C’était un homme d’une grande bonté
et il avait d’innombrables enfants,

mais il n’était pas Abraham revenu ;
il était Kaspar le Magian ;

il dit je suis Kaspar,
car il lui fallait se tenir à quelque chose ;

je suis Kaspar, dit-il quand une mince jeune fille
qui portait une jarre, lui demanda avec déférence

si elle pouvait la faire descendre dans son puits ;
je suis Kaspar ; si sa tête était voilée

et voilée elle l’était presque toujours,
il se souviendrait, bien que jamais

un instant il n’eût vraiment oublié
la torsion d’un poignet qui nouait un foulard,

la forme safran de la sandale,
les plis de la robe, le drapé du vêtement

quand Marie souleva le loquet et la porte s’entrouvrit,
et la porte se ferma, et il y avait la porte plate

qu’il fixait encore et encore,
comme si la ligne du bois, le bord rugueux

de la surface polie ou brute,
avaient chacun un sens, comme si chaque trace et marque

était un hiéroglyphe, un parchemin d’incroyable valeur
ou une carte de marin.

***

Fie was a very kind man
and he had numberless children,

but he was not Abraham come again;
he was the Magian Kaspar;

he said I am Kaspar,
for he had to hold on to something;

I am Kaspar, he said when a slender girl
holding a jar, asked deferentially

if she might lower it into his well;
I am Kaspar; if her head were veiled

and veiled it almost always would be,
he would remember, though never

for a moment did he quite forget
the turn of a wrist as it fastened a scarf,

the saffron-shape of the sandal,
the pleat of the robe, the fold of the garment

as Mary lifted the latch and the door half-parted,
and the door shut, and there was the flat door

at which he stared and stared,
asif the line of wood, the rough edge

or the polished surface or plain,
were each significant, as if each scratch and mark

were hieroglyph, a parchment of incredible worth
or a mariner’s map.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Fantôme (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


fantôme

« Le seul fantôme que j’aie jamais vu
De Malines était vêtu –
Il n’avait pas de sandale à son pied –
Et comme flocons il allait –

Son Pas, était silencieux, comme l’Oiseau –
Mais preste – comme le Chevreuil –
Ses façons, bizarres, Mozaïques –
Ou peut-être, Druidiques –

Sa conversation – rare –
Son rire, pareil à la Brise
Qui se meurt en Fossettes
Dans les Arbres pensifs –

Notre entrevue – fut éphémère –
De moi, lui-même avait peur –
Et à Dieu ne plaise que je regarde en arrière –
Depuis cet effroyable Jour! »

(Emily Dickinson)

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LA SANDALE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LA SANDALE

De ce cortège aux masques éclatants,
Lucien n’avait rien retenu,
— et presque rien écouté de ces musiques difficiles à croire.
Mais la sandale d’une fille,
— une sandale changea pour toujours la qualité de ses rêves.

(Norge)

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J’ai tout repeint en bleu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



J’ai atteint
à la béatitude
des anges
de bazar
j’ai tout repeint
en bleu
Les oursins
du coeur
les sandales
d’Empédocle
sur l’Etna
les machines
à sous du sexe
l’oeil
de verre
des USA
J’ai tout repeint
en bleu
nirvana
comme on fait
aux volets
de campagne
à cause
des mouches
qui n’aiment
pas cette couleur
Et j’ai tourné
sept fois
ma langue
dans l’oreille
de Dieu
pour le faire rire

(Werner Lambersy)


Illustration: Fabienne Contat

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Il brûle dans tes yeux un mystère (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Il brûle dans tes yeux un mystère, vierge
farouche, ma compagne.

Haine ou amour — le sais-je? — la lumière inépuisable
de ton noir carquois.

Tu seras près de moi, tant que mon corps projettera
de l’ombre et qu’à mes sandales s’attachera le sable.
— Es-tu la soif ou l’eau sur mon chemin?
Dis-moi,vierge farouche, ma compagne.

(Antonio Machado)

Illustration: Dorina Costras 

 

 

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BILITIS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



    

BILITIS

Une femme s’enveloppe de laine blanche. Une autre se vêt de soie et d’or.
Une autre se couvre de fleurs, de feuilles vertes et de raisins.

Moi je ne saurais vivre que nue. Mon amant, prends-moi comme je suis :
sans robe ni bijoux ni sandales, voici Bilitis toute seule.

Mes cheveux sont noirs de leur noir et mes lèvres rouges de leur rouge.
Mes boucles flottent autour de moi, libres et rondes comme des plumes.

Prends-moi telle que ma mère m’a faite dans une nuit d’amour lointaine,
et si je te plais ainsi, n’oublie pas de me le dire.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ARBRE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Illustration 
    
L’ARBRE

Je me suis dévêtue pour monter à un arbre ;
mes cuisses nues embrassaient l’écorce lisse et humide;
mes sandales marchaient sur les branches.

Tout en haut, mais encore sous les feuilles et à l’ombre de la chaleur,
je me suis mise à cheval sur une fourche écartée
en balançant mes pieds dans le vide.

Il avait plu. Des gouttes d’eau tombaient et coulaient sur ma peau.
Mes mains étaient tachées de mousse,
et mes orteils étaient rouges, à cause des fleurs écrasées.

Je sentais le bel arbre vivre quand le vent passait au travers;
alors je serrais mes jambes davantage et j’appliquais mes lèvres ouvertes
sur la nuque chevelue d’un rameau.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Empédocle (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018




    
Le vivace aujourd’hui,
le vorace autrefois ont laissé des traces de leur combat
au bord du vide, où pousse une fleur bleue
juste à côté des sandales d’Empédocle. Philosophe
au front brûlant, purificateur isolant l’amour
et le poison dont la haine a besoin
pour séparer les éléments,
je pense à toi quand j’ai la fièvre et des visions.

Icare au bord du gouffre, en proie
au vertige au-dessus du volcan, attiré
par un soleil bas qui brûle même en hiver,
ton envol à l’envers me donne encore des frissons.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

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LE DIEU DÉTERRÉ (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



 

fumeur Maya

LE DIEU DÉTERRÉ

Voilà qu’on sort à l’ombre devenue pierre
l’air fait limon
l’invisible fait temps
voilà que survient, fraction de nuit, l’oeil de pierre

La main perforée avec laquelle il regarda le monde
fut aperçue par le dieu de la mort
et son visage s’évanouit dans un autre visage
aux yeux plus profonds que l’oubli

Son corps, insaisissable, parcourut le jour
plus rapide que l’air et que l’esprit
toucha le vide de ses songes
et comme un feu se coucha sur ses braises

Voilà que l’on extrait le dieu de la fumée
le semeur de discorde et de maux
aux sandales d’obsidienne rompue
racines durcies d’un arbre de pierre

La lumière noire coule de ses doigts
comme cendre de son corps
la bouche insatiable, qui a tout avalé,
comme un miroir s’avale maintenant elle-même

Voici — disent-ils — le créateur
qui ne peut se donner la vie
une pierre de plus entre les pierres déchues
un instant enseveli sous des montagnes d’instants

(Homero Aridjis)

 

 

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