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Posts Tagged ‘sandale’

J’ai cherché trente ans (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



 

Arantza Martinez -tr-art-04 [1280x768]

J’ai cherché trente ans, mes soeurs
Où s’est-il caché?
J’ai marché trente ans, mes soeurs,
Sans m’en rapprocher…

J’ai marché trente ans, mes soeurs,
Et mes pieds sont las ;
Il était partout, mes soeurs,
Et n’existe pas…

L’heure est triste enfin, mes soeurs,
Otez mes sandales;
Le soir meurt aussi, mes soeurs,
Et mon âme a mal…

Vous avez seize ans, mes soeurs,
Allez loin d’ici;
Prenez mon bourdon, mes soeurs,
Et cherchez aussi…

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Arantza Martinez

 

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Une livre de chair (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



Une livre de chair

Parfois je prends tes sandales
Et je marche vers toi

Parfois je revêts ta robe
Et j’ai tes seins et j’ai ton ventre

Alors je me vois sous ton masque
Et je me reconnais.

(Paul Eluard)

 

 

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LE SOMMEIL (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Ingrid Tusell  (29)

LE SOMMEIL

Penses-tu que ces fleurs, ces feuilles et ces fruits,
Et cet âpre laurier plus amer que la cendre,
Penses-tu que mes mains pour eux les aient cueillis?

Si j’ai mêlé tout bas à l’onde des fontaines
Les larmes que leur eau pleure encore aujourd’hui,
Crois-tu que j’ignorais combien elles sont vaines?

Si, debout, j’ai marché sur le sable changeant,
Était-ce pour marquer mon pas sur son arène,
Puisqu’il n’en reste rien quand a passé le vent?

Et pourtant j’ai voulu être un homme et me vivre
Et faire tour à tour ce que font les vivants;
J’ai noué la sandale à mon pied pour les suivre.

Amour, haine, colère, ivresse, j’ai voulu,
Par la flûte de buis comme au clairon de cuivre,
Entendre dans l’écho ce que je n’étais plus.

Si j’ai drapé mon corps de pourpres et de bures,
N’en savais-je pas moins que mon corps était nu
Et que ma chair n’était que sa cendre future?

Non, ce laurier sans joie et ces fruits sans désir,
Et la vaine rumeur dont toute vie est faite,
Non, tout cela, c’était pour pouvoir mieux dormir

L’ombre définitive et la nuit satisfaite!

(Henri De Régnier)

Illustration: Ingrid Tusell

 

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LE CORPS FAIT ARBRE (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



LE CORPS FAIT ARBRE

Le parfum de ta robe attire les abeilles,
Plus que les fruits mangés que ta sandale broie.
Accueillons cet élan de végétale joie,
Ce silence de la campagne où Pan sommeille.

Rêve que désormais immobile, sans âge,
Les pieds enracinés et les mains étendues,
Tu laisses s’agiter aux orageuses nues
Une chevelure odorante de feuillage.

Les guêpes voleront sur toi sans que s’émeuve
L’écorce de ta chair où la cigale chante,
Et ton sang éternel sera, comme les fleuves,
La circulation de la terre vivante.

(François Mauriac)

Illustration: Raipun

 

 

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L’aube (Issa)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019



sans même quitter les sandales de marche
je bois la coupe du nouvel an
– l’aube

(Issa)

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C’était un homme d’une grande bonté (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



Gaspard

La floraison du bâton

[39]
C’était un homme d’une grande bonté
et il avait d’innombrables enfants,

mais il n’était pas Abraham revenu ;
il était Kaspar le Magian ;

il dit je suis Kaspar,
car il lui fallait se tenir à quelque chose ;

je suis Kaspar, dit-il quand une mince jeune fille
qui portait une jarre, lui demanda avec déférence

si elle pouvait la faire descendre dans son puits ;
je suis Kaspar ; si sa tête était voilée

et voilée elle l’était presque toujours,
il se souviendrait, bien que jamais

un instant il n’eût vraiment oublié
la torsion d’un poignet qui nouait un foulard,

la forme safran de la sandale,
les plis de la robe, le drapé du vêtement

quand Marie souleva le loquet et la porte s’entrouvrit,
et la porte se ferma, et il y avait la porte plate

qu’il fixait encore et encore,
comme si la ligne du bois, le bord rugueux

de la surface polie ou brute,
avaient chacun un sens, comme si chaque trace et marque

était un hiéroglyphe, un parchemin d’incroyable valeur
ou une carte de marin.

***

Fie was a very kind man
and he had numberless children,

but he was not Abraham come again;
he was the Magian Kaspar;

he said I am Kaspar,
for he had to hold on to something;

I am Kaspar, he said when a slender girl
holding a jar, asked deferentially

if she might lower it into his well;
I am Kaspar; if her head were veiled

and veiled it almost always would be,
he would remember, though never

for a moment did he quite forget
the turn of a wrist as it fastened a scarf,

the saffron-shape of the sandal,
the pleat of the robe, the fold of the garment

as Mary lifted the latch and the door half-parted,
and the door shut, and there was the flat door

at which he stared and stared,
asif the line of wood, the rough edge

or the polished surface or plain,
were each significant, as if each scratch and mark

were hieroglyph, a parchment of incredible worth
or a mariner’s map.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Fantôme (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


fantôme

« Le seul fantôme que j’aie jamais vu
De Malines était vêtu –
Il n’avait pas de sandale à son pied –
Et comme flocons il allait –

Son Pas, était silencieux, comme l’Oiseau –
Mais preste – comme le Chevreuil –
Ses façons, bizarres, Mozaïques –
Ou peut-être, Druidiques –

Sa conversation – rare –
Son rire, pareil à la Brise
Qui se meurt en Fossettes
Dans les Arbres pensifs –

Notre entrevue – fut éphémère –
De moi, lui-même avait peur –
Et à Dieu ne plaise que je regarde en arrière –
Depuis cet effroyable Jour! »

(Emily Dickinson)

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LA SANDALE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LA SANDALE

De ce cortège aux masques éclatants,
Lucien n’avait rien retenu,
— et presque rien écouté de ces musiques difficiles à croire.
Mais la sandale d’une fille,
— une sandale changea pour toujours la qualité de ses rêves.

(Norge)

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J’ai tout repeint en bleu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



J’ai atteint
à la béatitude
des anges
de bazar
j’ai tout repeint
en bleu
Les oursins
du coeur
les sandales
d’Empédocle
sur l’Etna
les machines
à sous du sexe
l’oeil
de verre
des USA
J’ai tout repeint
en bleu
nirvana
comme on fait
aux volets
de campagne
à cause
des mouches
qui n’aiment
pas cette couleur
Et j’ai tourné
sept fois
ma langue
dans l’oreille
de Dieu
pour le faire rire

(Werner Lambersy)


Illustration: Fabienne Contat

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Il brûle dans tes yeux un mystère (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Il brûle dans tes yeux un mystère, vierge
farouche, ma compagne.

Haine ou amour — le sais-je? — la lumière inépuisable
de ton noir carquois.

Tu seras près de moi, tant que mon corps projettera
de l’ombre et qu’à mes sandales s’attachera le sable.
— Es-tu la soif ou l’eau sur mon chemin?
Dis-moi,vierge farouche, ma compagne.

(Antonio Machado)

Illustration: Dorina Costras 

 

 

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