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Poésie

Posts Tagged ‘sang’

TU ES L’AUTOUR (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2020



Illustration
    
TU ES L’AUTOUR

Fonds sur moi dans l’herbe
tu es l’autour
qui emporte mon sang
plus haut que la forêt
entends-tu les plaintes
de ma joie
entre tes serres

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’espoir des lendemains qui chantent (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2020



Illustration: Marie-Paule Deville Chabrolle
    
L’espoir des lendemains qui chantent a pesé son poids de larmes, de fer et de sang.
A force d’avoir les yeux tournés vers l’avenir, nous avons presque réussi à le détruire.
L’espoir ne doit plus être tourné vers l’avenir, mais vers l’invisible.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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En chemin de roses (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



en chemin de roses
ou de sang versé
nos ombres s’arrêtent
où aller sans elles
tout le ciel s’approche
nous vole nos pas
nos buts nos bagages
en bleu dans le bleu
s’écrivent les vies
que l’on vit pour rien

(Jean-François Mathé)


Illustration: Isabelle Plante

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RONDEAU DE LA CHAIR TROP LOURDE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration
    
RONDEAU DE LA CHAIR TROP LOURDE

Toujours ce poids qui t’attache à la terre,
Ce pied de plomb tirant sur le genou,
Et cette tête à ton tronc peu légère,
Mal emmanchée à ton douloureux cou;
Toujours le fiel dans cette bouche amère,
Des yeux piquants l’âcre larme qui sourd,
La cire épaisse au creux du tympan sourd;
Du gros cerveau que la tempe resserre
Toujours ce poids!

Toujours ces dents dont l’ivoire s’altère,
Ce crin hirsute en guerre avec le pou,
Toujours ce ventre enflant en demi-sphère
La pommaison de son grotesque chou.
A sa grinçante et peineuse charnière
Toujours ce bras qui pend débile et gourd,
Cette main moite où toute crasse accourt;
Du sang, de l’os, du muscle et du viscère
Toujours ce poids!

Nul réconfort au fond de ta misère
Que de presser un être encor plus mou,
Encor plus creux : tel lard en souricière,
Offrant l’appât de son funeste trou.
Lors sans bonnet sur ton occiput glabre,
Sans gant le carpe et le fémur sans bas,
En toute paix par les luneux sabbats
Tu branleras le tarse au bal macabre.
Courage encor!

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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En toi ces amours que les morts ont laissées (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



en toi ces amours que les morts ont laissées
tu les enclos pour que le ciel ne les gagne
et les tue avec le bleu terrible des
saisons tu es seul
la pluie froide épaule
se charge de tous les toits tuiles oublis
laissant le vent des rues errer dans notre sang
alors nous crions de la douce douleur
d’être vivants avec des corps et des sommeils
toi tu es là dans la pire des nuits
préservant contre tout un éclat d’étoiles

(Jean-François Mathé)


Illustration: Sabin Balasa

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Réflexions (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Réflexions

J’ignore les limites
Et ébauche un geste vers l’infini
Sur cette grève démesurée
D’un mouvement des bras
Je paralyse tout un paysage
De bocage touffu
Avec ses haies
Ses chemins creux
Pour embuscades
J’accapare toute la lumière
Qui tombe sur la lande
La branche de l’arbre
Qui me protège
Soutient le ciel
Mon sang est plus vif que la sève
Mon rêve plus vrai que la vie
Mais c’est toujours le même décor
Pour la même tragédie.

(Jean-Baptiste Besnard)

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De quoi sera faite la nuit ? (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



De quoi sera faite la nuit ?
Je m’en vais solitaire
au bras de mon parapluie.

Un chat noir et malin
sort d’un pommier en fleur
et coupe mon chemin.

De quoi sera faite la nuit ?
La femme qui m’aimait
sur les épaules m’a lancé
sa haine et son balai
et comme une casserolée d’eau sur la nuque
le sang déjà fané de sa blessure.

De quoi sera faite la nuit
si elle n’est plus la forêt
où l’on pouvait s’étendre
dans des cabanes de ténèbres ?

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

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Sentir en soi (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



Sentir
en soi la vie
comme un caillou
qui aurait vécu
sur une autre planète,

le sang
comme du sable
qui se déposerait à chaque ronde
dans les tempes
et dans la mémoire,

sentir
en soi la mort
comme une lumière
sans morsure,
comme un feu
où nulle sève ne brûle.

(Gérard Le Gouic)

 

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Dans les bois (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



 

Dans les bois

D’autres, – des innocents ou bien des lymphatiques, –
Ne trouvent dans les bois que charmes langoureux,
Souffles frais et parfums tièdes. Ils sont heureux !
D’autres s’y sentent pris – rêveurs – d’effrois mystiques.

Ils sont heureux! Pour moi, nerveux, et qu’un remords
Épouvantable et vague affole sans relâche,
Par les forêts je tremble à la façon d’un lâche
Qui craindrait une embûche ou qui verrait des morts.

Ces grands rameaux jamais apaisés, comme l’onde,
D’où tombe un noir silence avec une ombre encor
Plus noire, tout ce morne et sinistre décor
Me remplit d’une horreur triviale et profonde.

Surtout les soirs d’été: la rougeur du couchant
Se fond dans le gris bleu des brumes qu’elle teinte
D’incendie et de sang; et l’angélus qui tinte
Au lointain semble un cri plaintif se rapprochant.

Le vent se lève chaud et lourd, un frisson passe
Et repasse, toujours plus fort, dans l’épaisseur
Toujours plus sombre des hauts chênes, obsesseur,
Et s’éparpille, ainsi qu’un miasme, dans l’espace.

La nuit vient. Le hibou s’envole. C’est l’instant
Où l’on songe aux récits des aïeules naïves…
Sous un fourré, là-bas, là-bas, des sources vives
Font un bruit d’assassins postés se concertant.

(Paul Verlaine)

Illustration

 

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Coeur de bois (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration
    
Coeur de bois

Amandine si hautaine
Amandine au coeur de bois
Ce soir, je serai ton Roi.
Si tu veux, tu seras la Reine.

J’ai ôté mon tablier
J’ai mis mes plus beaux souliers
Dans ma poche des sous neufs
Pour les distribuer aux veufs

Comme trône j’ai le fauteuil
Du Grand Oncle Cancrelat
Qui fume dans son cercueil
Une pipe en chocolat.

Ma couronne vif argent
Vient tout droit du pâtissier.
Sur mes épaules flotte un drap
On se cachera dedans.

Le fauteuil est à roulettes
Quelle aubaine pour un Roi !
Je le déplace et les traîtres
Frappent au mauvais endroit.

Amandine, tes yeux verts
Illuminent toutes mes nuits.
Je voudrais t’écrire en vers
Quand je serai plus instruit

Amandine, tu m’as dit .
« Je viendrai sept heures sonnées.
Je viendrai dans ton grenier
Avec ma chemise à plis. »

L’heure passe et je suis là
Ma couronne pour les rats !
Ah ! ce bruit de patinette !
Mais non, ce n’est pas ici.

Le sang me monte à la tête
J’entends les cloches aussi.
Et pourtant, je suis le Roi !
Tu devrais, genou en terre,

Baiser le bout de mon drap
Et pleurer pour la manière !
« Madame, relevez-vous »
Te dirai-je noblement !

Et sur tes lèvres de houx
T’embrasserai jusqu’à cent.
L’heure fuit , mes oripeaux
Juste bons pour les corbeaux !

Amandine, tu te moques
Tu te ris toujours de moi.
Quand tu remontes tes socques
Je tremble et ne sais pourquoi…

Amandine, je vais mourir
Si vraiment tu ne viens pas.
Je t’ordonne de courir
De grandir entre mes bras !

Le silence, seul, répond
Aile blanche sur mon front.

Le grenier comme un navire
Se balance dans la nuit.
Le trône vide chavire
L’Oncle fume en son réduit.

Amandine sans foi ni loi
Amandine ne viendra pas.
Jamais elle ne sera Reine
D’Occident ou de Saba

Jamais elle ne régnera
Sur c’qu’il y a de plus sacré.
Peste noire ou choléra
Jamais ne pourra pleurer.

Et pourtant comme je l’aime
Amandine des chevaux d’bois
De Jean-Pierre et de Ghislaine
De tout le monde à la fois !

Et pourtant comme je l’aime
(À mes pieds tombe le drap)
Amandine si hautaine
Amandine au coeur de bois.

(René de Obaldia)

 

Recueil: Innocentines
Traduction:
Editions: Gracet & Fasquelle

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