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Posts Tagged ‘sanglante’

Chanson (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



Frank Bernard Dicksee   08

 

Chanson

Vous, avec vos yeux, avec tes yeux,
Dans la bastille que tu hantes !
Celui qui dormait s’est éveillé
Au tocsin des heures beuglantes.
Il prendra sans doute
Son bâton de route
Dans ses mains aux paumes sanglantes.

Il ira, du tournoi au combat,
À la défaite réciproque ;
Qu’il fende heaumes beaux et si clairs,
Son pennon, qu’il ventèle, est loque !
Le haubert qui lace
Sa poitrine lasse,
Si léger ! il fait qu’il suffoque.

Ah, que de tes jeux, que de tes pleurs
Aux rémissions tu l’exhortes,
Ah laisse ! tout l’orage a passé
Sur les lys, sur les roses fortes.
Comme un feu de flamme
Ton âme et son âme,
Toutes deux vos âmes sont mortes.

(Jean Moréas)

Illustration: Frank Bernard Dicksee 

 

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La pluie est une blessure (Auguste Bonel)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2017



La pluie est une blessure
au ventre de la terre
une ride sur les feuilles
le vent dans les branches
une valse sanglante
nous transportons la cale
dans toutes nos traversées
en pleine constellation
nous butons sur la caverne

La faim fleurit à la croûte du pain

(Auguste Bonel)

 

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L’Enfant prodigue (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017




L’Enfant prodigue

I

Chez celles dont l’amour est une orange sèche
Qui garde un vieux parfum sans le nectar vermeil,
J’ai cherché l’Infini qui fait que l’homme pèche,
Et n’ai trouvé qu’un Gouffre ennemi du sommeil.

— L’Infini, rêve fier qui berce dans sa houle
Les astres et les cœurs ainsi qu’un sable fin !
— Un Gouffre, hérissé d’âpres ronces, où roule
Un fétide torrent de fard mêlé de vin !

II

Ô la mystique, ô la sanglante, ô l’amoureuse
Folle d’odeurs de cierge et d’encens, qui ne sus
Quel Démon te tordait le soir où, douloureuse,
Tu léchas un tableau du saint-cœur de Jésus,

Tes genoux qu’ont durcis les oraisons rêveuses,
Je les baise, et tes pieds qui calmeraient la mer ;
Je veux plonger ma tête en tes cuisses nerveuses
Et pleurer mon erreur sous ton cilice amer ;

Là, ma sainte, enivré de parfums extatiques,
Dans l’oubli du noir Gouffre et de l’Infini cher,
Après avoir chanté tout bas de longs cantiques
J’endormirai mon mal sur votre fraîche chair.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Sabin Balasa

 

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A la mémoire de Max Jacob (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



… parce qu’il y a peut-être une
chanson liée à l’enfance qui, aux
heures les plus sanglantes, toute
seule défit le malheur et la mort.

(Edmond Jabès)


Illustration

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Tête de faune (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016




Tête de faune

Dans la feuillée, écrin vert taché d’or,
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et crevant l’exquise broderie,

Un faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches
Brunie et sanglante ainsi qu’un vin vieux
Sa lèvre éclate en rires sous les branches.

Et quand il a fui – tel qu’un écureuil-
Son rire tremble encore à chaque feuille
Et l’on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d’or du bois, qui se recueille

(Arthur Rimbaud)

Illustration

 

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Le Baiser (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2016



Le Baiser

Je te voyais sanglante dans la neige
vêtue de lourdes robes
laissant
une sinistre trace.

Longtemps les loups flambèrent à la suite
longtemps grinça la nuit.

Je t’apporte la torche vive
l’arme limpide
le baiser.

(Jean Joubert)

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Au nom de notre dieu (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2016



Au nom de notre dieu, nous avons amassé nos
richesses, établi notre domination.
Notre folie nous a portés jusqu’à l’atroce. Jusqu’au sublime.
Nous avons fait de notre vie un grand livre d’images,
enluminées, sanglantes. Et nous n’avons pas vécu.

(Gérard Pfister)

 

 

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COULEURS (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2015




COULEURS

Au-dessus de Paris
la lune est violette.
Elle devient jaune
dans les villes mortes.

Il y a une lune verte
dans toutes les légendes.
Lune de toile d’araignée
et de verrière brisée,
et par-dessus les déserts
elle est profonde et sanglante.

Mais la lune blanche,
la seule vraie lune,
brille sur les calmes
cimetières de villages.

(Federico Garcia Lorca)

 

 

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