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Poésie

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JEU DE CARTES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018




JEU DE CARTES

Je n’ai que six carreaux
et
sept coeurs.

Aussi une fenêtre d’eau.

Un valet qui ondule
et puis ce cavalier marin
et son épée.

Une reine farouche
aux cheveux sanguinaires
et aux blondes mains d’or.

Maintenant qu’on me dise
je joue quoi j’avance quoi
je mets quoi je retire quoi
ces cartes qui naviguent
ou ces coeurs solitaires
la reine ou l’épée.

Que quelqu’un regarde et me dise,
regarde le jeu du temps,
les heures de la vie,
les cartes du silence,
l’ombre et ses desseins,
et me dise quoi jouer
pour continuer à perdre.

(Pablo Neruda)

 

 

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Je ne trace pas de cercle (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration
    
Je ne trace pas de cercle
je le franchis —

Je veux des mots
comme des éperviers
volant
fonçant
ivres de soleil
sanguinaires
sans pardon

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je me suis vêtu de blanc comme on chante… (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



    

Je me suis vêtu de blanc comme on chante…

Femme nue, femme masquée,
Perle folle ou fruit de l’ombre,
A chacune j’ai consacré
L’antique bijou qui la brûle.

L’ombre d’une aile sur la gorge.
L’ombre d’un bec au creux du ventre.
Le cri du coq à la dormeuse
Éblouie de sa propre chair;

Un loup de cerne à l’innocence,
Jusqu’aux cuisses des bas de boue,
A l’infante un éclat de nuit
Léché de langues amoureuses;

Une vipère au ventre ému,
A la rêveuse une morsure,
Une griffe à la désireuse,
Une corde à la désirée,
Aux mains perdues la sanguinaire
Qui fleurit aux jardins mortels.

Fille masquée, femme de fer,
Soeurs captives de vos richesses,
À votre feu noir je préfère
La nudité pour mes princesses.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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En guerre (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



En guerre

Ville frappée de cécité
dans la jungle des rues
l’horreur tisse un filet

Des enfants
la peur dans des yeux sans étoiles
des amputés poussent comme des champignons
dans le lichen sanguinaire du ghetto
À la croisée des fenêtres pendent des squelettes
Des calots de soldat couvrent des têtes de morts

Le cauchemar erre mendiant
de porte en porte
Nous posons nos cœurs
dans sa sébile

***

Im Krieg

Erblindete Stadt
im Dickicht der Straßen
spinnt das Grauen ein Netz

Kinder
ihre Angst in sternlosen Augen
Krüppel wachsen wie Pilze
im Blutmoos des Gettos
Auf Fensterkreuzen hängen Gerippe
Soldatenkappen bedecken Totenköpfe

Der Alpdruck wandert als Bettler
von Tür zu Tür
Wir legen unsre Herzen
in seine Schale

(Rose Ausländer)

 

 

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