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Poésie

Posts Tagged ‘sans cesse’

Le nuage (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018



Le nuage

Un nuage, parmi les autres,
Reforme sans cesse un visage.

Il promène sur les villages
Un regard dont il ne sait rien,
Et il sourit au paysage,
Ce sourire n’est pas le sien.

Mais l’homme qui le voit sourire
Et qui sourit à son passage,
En sut-il jamais davantage ?

(Maurice Carême)

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Du violet des nuages (Chiyo-Ni)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018




    
Du violet des nuages
au mauve des iris
ma pensée va sans cesse

(Chiyo-Ni)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Miroirs de la nature
Traduction:
Editions: Seuil

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DIRE OUI A LA VIE (Maurice Zundel)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017




    
DIRE OUI A LA VIE

Il faut garder la jeunesse de notre corps dans la mesure du possible,
la Jeunesse de notre mémoire et de notre. intelligence.
Et toujours garder la jeunesse de notre coeur.
Et la garder, ce sera cela:
être simplement tourné sans cesse vers cet Orient
où luit le visage de l’éternelle jeunesse.
II faut que nous soyons toujours disponibles
A toutes les idées,
A toutes les découvertes,
A toutes les rencontres,
A tous les renouvellements,
que nous changions de clavier à cinquante, à soixante ans…
Il faut que nous soyons entièrement disponibles
au point de vue de toutes les opinions
en gardant simplement la continuité de direction vers la lumière vivante,
vers la lumière toujours jeune et toujours belle
qui vient à nous avec un Visage de candeur…
Cette éternelle jeunesse, c’est celle qui est ici définie:

la seule jeunesse impérissable est celle du OUI.
Il faut entrer à nouveau chaque matin dans le monde
par le consentement à la vie…
Dire oui à la vie telle qu’elle est,
dire oui aux autres tels qu’ils sont,
oui à la création tout entière,
c’est entrer chaque matin de nouveau dans le monde,
c’est renaître, c’est communier au oui créateur,
c’est être jeune enfin de la jeunesse éternelle de Dieu.

(Maurice Zundel)

 

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Ma main d’avoir touché ton corps (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017




    
Ma main d’avoir touché ton corps
saura-t-elle mieux écrire.

Les mêmes heures
sonnent dans le même air
et de nouveau nous voici séparés
par elles et par lui.

Mais le souvenir de ton approche
est une encre nouvelle
à laquelle sans cesse je reviendrai
afin d’étendre devant moi
une autre lumière et une autre ombre.

Mais mon désir de toi
est une nébuleuse
où je trie déjà des étoiles neuves.

Mais la promesse de ton corps
me crucifie avant de me fleurir
et c’est avec ton léger fantôme
que je couche ici déjà
de plume et de pensée.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Je sais que vous veillez (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Illustration: Francine Van Hove
    
Je sais que vous veillez dans cette nuit si blanche
qu’on croirait un verger assailli par le vent
et l’heure des lampes devient douce
si votre ombre descend sur la plage d’un livre
si votre souffle éveille le charbon du poème
à la vie de la flamme.

Peut-être suis-je seul avec ma blessure
et mon sang qui écrit
peut-être suis-je loin de vous
de ce visage dont j’existe
et de ces mains ravies à l’écume des astres
et de ce corps si pur et sans baiser
peut-être

et j’envie votre chambre
qui peut vous voir sans cesse
cette table ces livres et la couleur du mur
et la fenêtre mi le visage du soir écrase sa noirceur
et l’eau qui coule entre vos doigts
sans souvenirs ni pensée.

O je vous aime
ma solitude crie à travers ce papier
comme dans le château
la voix du prince vers la belle endormie.

O je vous aime
ma solitude crie et tend ses mains lointaines
à tâtons vers vos mains
je ne veux plus de ce poème
ni du mensonge de mon rêne
mais le pain de vos lèvres
mais le vin de vos yeux
mais l’air de votre souffle.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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On s’amusait sous la lumière jaune (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



    
On s’amusait sous la lumière jaune,
Le cercle, près des murs, rétrécissait,
La masse des danseurs se dédoublait sans cesse,
Et j’avais l’illusion qu’un ami me suivait.

Le désir faisait se soulever les poitrines,
Sur les visages la chaleur se reflétait.
Je déambulais rêvant de miracle,
Et j’étais accablé par leurs désirs lascifs…

On eût dit que, derrière le voile de poussière,
Quelqu’un vivait, caché parmi la foule,
Et son étrange regard épiait sans cesse,
Et sa voix s’élevait, et chantait et parlait…

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Dehors c’est un couchant (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Dehors c’est un couchant, sombre joyau
enchâssé dans le temps,
et une profonde ville aveugle
de ne pas t’avoir vue.
Le soir se tait ou chante.
Quelqu’un libère les désirs
que le piano crucifiait.
Sans cesse, la multitude de ta beauté.

(Jorge Luis Borges)

 

Recueil: L’or des tigres
Traduction: Ibarra
Editions: Gallimard

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LA TERRE, RÊVEUR SOLITAIRE (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



    
LA TERRE, RÊVEUR SOLITAIRE

La Terre, rêveur solitaire,
Ne va-t-elle plus t’inspirer,
Ni plus t’inviter la Nature
Si nul feu ne peut t’embraser?

Sans cesse ton esprit parcourt
Des régions obscures pour toi;
Renonce à ces randonnées vaines :
Reviens demeurer avec moi.

Je sais que mes brises des monts
Toujours t’enchantent, puis t’apaisent;
Je sais que mon soleil t’est cher
Malgré ton ondoyant vouloir.

Quand le jour se fond dans le soir
Et déserte le ciel d’été,
J’ai vu ton esprit prosterné
Dans une idolâtre ferveur.

Pour t’avoir guetté à toute heure,
Je sais mon souverain empire,
Je sais mon magique pouvoir
De bannir au loin tes ennuis.

S’il est peu de coeurs ici-bas
Que dévore autant la langueur,
Nul plus que toi ne brigue un Ciel
A l’image de cette terre.

Laisse mes vents te caresser;
Laisse que je sois ta compagne;
Toi que ne satisfait rien d’autre,
Reviens demeurer avec moi.

***

SHALL EARTH NO MORE INSPlRE THEE

Shall Earth no more inspire thee,
Thou lonely dreamer now?
Since passion may not fire thee
Shall Nature cease to bow?

Thy mind is ever moving
In regions dark to thee;
Recall its useless roving—
Come back and dwell with me.

I know my mountain-breezes
Enchant and soothe thee still—
I know my sunshine pleases
Despite thy wayward will.

When day with evening blending
Sinks from the summer sky,
I’ve seen thy spirit bending
In fond idolatry.

I’ve watched thee every hour;
I know my mighty sway,
I know my magic power
To drive thy griefs away.

Few hearts to mortals given
On earth so wildly pine;
Yet none would ask a Heaven
More like this Earth than thine.

Then let my winds caress thee;
Thy comrade let me be—
Since nought beside can bless thee,
Return and dwell with me.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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SÉPARATION (C. Hsing-Ling)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



papillon

SÉPARATION

J’écoute le tac-tac de la pluie, hors la gaze de la fenêtre.
Et, par ces tristes pensées d’amour, je crois que c’est le bruit de mes larmes.

Seul, en face d’une petite lampe, je passe cette nuit douloureuse.
Un ressentiment m’oppresse ; la joue contre l’oreiller, je ne peux pas rêver.

La brume froide du matin, voile à demi les plus hauts étages d’une maison… et, c’est là !…
Mais celle qui paraîtra, désormais, à la fenêtre, n’est plus la même…

Que puis-je faire de mon âme, à présent ?
Ah ! qu’elle s’envole, comme un papillon, pour suivre l’absente,
et palpiter, sans cesse contre la soie de sa jupe !…

(C. Hsing-Ling)

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Au bout du jour (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



au bout du jour
il n’est pas grand-chose à quoi
peuvent s’accrocher les doigts
dans un silence de chair remuée
vive
le plus souvent on s’est tenu
à la surface des gens ou des choses
avec en dedans
un grand désir
muet

***

les êtres s’échappent

d’autres amis remplacent les morts

on est toujours là
peut-être un peu plus lourd de souvenirs
pour personne

***

hommes sans cesse
très vite disparaissant
dans la terre sans livre

tant de terre et tant d’hommes
remués
si longtemps
sans faire d’histoire
décisive

on ne crie plus guère

on veille parmi les livres
lorsque les mains sont vides

***

l’élargissement viendra
du dedans
s’il doit venir

pour l’heure
on aménage l’espace restreint
et sous les livres
on arrive à ne plus voir les murs

ainsi
à l’étroit dans ce qui est possible
on est
debout
encore

on dure

(Antoine Emaz)

Illustration: Misha Gordin

 

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