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Poésie

Posts Tagged ‘sans fin’

La même vague qui retombe en grondant (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



la même vague
qui retombe
en grondant

sans fin

quand la voix
qui ne peut se taire
ne me laisse
aucun répit

(Charles Juliet)


Illustration: Clark Little

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La Nature brûle comme une amante (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
La Nature brûle comme une amante.
Le Soleil de baisers la couvre,l’étouffe, la tue;
elle le veut encore, toujours et sans fin le rappelle.

— Aimez donc tous, aimez ainsi :
lèvres des amants, unissez-vous;
brûlez ainsi, chairs des amants.

Ayez votre heure d’illusion,
votre part du glorieux mensonge;

un instant dans vos bras mortels,
enfermez, pressez, étreignez
l’immortelle beauté du néant !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Septembre (Thorkild Bjørnvig)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



 

papillon grande-tortue

Septembre

Ajoncs d’or derrière les branches,
silence du soir,
comme si j’étais seul
avec l’appel du merle.
Mais tout est ici,
le lézard épie
attentivement
d’un trou dans le fossé.
De l’eau monte
le pur mouvement de cloche
de la méduse
en moi.
Le papillon grande-tortue
se replie noir
sur le chevron, se préparant
au sommeil hivernal.
Des pommes tombées depuis peu
gonflent dans ma main,
faisant disparaître un instant
ma ligne de vie.
Ah, tout est ici
frais et délicieux,
coulant sans fin
dans ma bouche.

Ce rare
moment d’équilibre
qui vient, non recherché,
est un cadeau de la patience.
Vois, l’air est soulevé
par le soleil couchant
et voltige doré
haut sur le jardin.
(…)

(Thorkild Bjørnvig)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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QUAND TU SERAS BIEN VIEILLE… (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

QUAND TU SERAS BIEN VIEILLE…

Quand tu seras bien vieille et grise, dodelinant
Aux portes du sommeil près du feu : prends ce livre
Et lis sans te hâter, et rêve à la douceur
Qu’eurent tes yeux jadis, dans leurs ombres lourdes.

Combien aimaient alors ta grâce joyeuse,
Qu’ils aimaient ta beauté, de feint ou vrai amour !
Mais un seul homme aima en toi l’âme viatrice
Et aima les chagrins du visage qui change.

Penche-toi donc sur la grille embrasée
Et dis-toi, un peu triste, à voix basse :  » Amour,
Tu as donc fui, tu as erré sans fin sur la montagne,
Tu t’es caché dans l’innombrable étoile.  »

***

WHEN YOU ARE OLD

When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read, and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep ;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how Love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.

(William Butler Yeats)

Illustration: Edouard Vuillard

 

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Ce papillon (Ping Hsin)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Pourquoi envoyer à la mort des millions de vies
les canons grondent sans fin
Dans la sombre nuit criblée de silences
ce papillon qui palpitait dans ma main
je l’ai relâché par la fenêtre

(Ping Hsin)

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Là réside sans fin le mystère (Ping Hsin)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Où donc réside le mystère sans fin
quand le sourire s’efface
avant que se forment les mots
Là réside sans fin le mystère

(Ping Hsin)

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Il n’y a rien à voir (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Les vagues se calment
Les collines
derrière
il n’y a rien à voir

Je traverse
Je reconnais

Sans fin…

(Georges Jean)

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A partir de rien (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



à partir de rien
(était le titre)
et rien c’était même pas la nuit
même pas l’été
et pas un nuage (dans le ciel à perte d’horizon)
pas même une chose
on aurait pu imaginer un fruit une assiette
le courant d’air dans les rideaux
qui s’envolent qui découvrent une chambre
où les amants
ne font rien
d’autre qu’aimer
sans fin tant qu’un soupçon de violent roucoulis
nous maintiendra en vie

(Bernard Chambaz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Pascal Renoux

 

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Ce qui s’enfuit du monde c’est la poésie (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016




Ce qui s’enfuit du monde
c’est la poésie.

La poésie n’est pas un genre littéraire,
elle est l’expérience spirituelle de la vie,
la plus haute densité de précision,
l’intuition aveuglante
que la vie la plus frêle est une vie sans fin.

(Christian Bobin)

Illustration: Alain Gagnon

 

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Entre source et nuage (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2016



magritte_cloud

L’infini n’est autre
Que le va-et-vient
Entre ce qui s’offre
Et ce qui se cherche.
Va-et-vient sans fin
Entre arbre et oiseau,

Entre source et nuage.

(François Cheng)

Illustration: René Magritte

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