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Poésie

Posts Tagged ‘s’apercevoir’

L’homme parla longuement (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


 


Oskar Kokoschka

 

L’homme parla longuement. Sa parole était chaude et dense.
Longuement on l’écouta. On ne s’aperçut pas de son départ.
Le silence continuait de parler.
Le lieu avait gardé la parole.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Oskar Kokoschka

 

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Choses qui font battre le coeur (Sei Shōnagon)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

Oisillon-moineau-friquet

Choses qui font battre le coeur

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d’encens
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Une nuit où l’on attend quelqu’un.
Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.

(Sei Shōnagon)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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TABLEAU (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



Illustration: Mathieu Triolet
    
TABLEAU

un temps blême
et la neige blanche
– comme toujours –
blanche jusqu’à la mort
au fond
on aperçoit
un moineau
en train de gratter le paysage
il tremble
son petit corps tremble
avant ce soir il sera glacé
parmi une foule de péchés
son âme s’élèvera
balle perdue
menacer le froid
le silence

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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SOUS LA PLUIE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



SOUS LA PLUIE

Ah que la pluie dure !
Lente fraîcheur
Sur le monde replié
Passif et doux.

Pluie pluie
Lente lente pluie
Sur celle qui dort
Ramenant sur soi le sommeil transparent
Tel un frêle abri fluide.

Séjour à demi caché
Sous la pluie
Cour intérieure dérobée
Où les gestes de peine
Ont l’air de reflets dans l’eau
Tremblante et pure

Toutes les gouttes du jour
Versées sur celle qui dort.

Nous n’apercevons son coeur
Qu’à travers le jour qu’il fait

Le jour qu’elle ramène
Sur sa peine
Comme un voile d’eau.

(Anne Hébert)

Illustration: Irène Landau

 

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Un oiseau chante (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    

Un oiseau chante
et sa chanson
est une boule transparente
où tournent
les couleurs
elle monte
de plus en plus haut
jusqu’à ce que l’oiseau s’aperçoive
qu’elle ne lui
appartient plus

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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On passe la première moitié de sa vie à se sous-estimer (Grégoire Lacroix)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



calimero_016

On passe la première moitié de sa vie à se sous-estimer
et la deuxième à s’apercevoir qu’on a surtout surestimé les autres.

(Grégoire Lacroix)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

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Je m’aperçois que je me suis laissé partout (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
Je m’aperçois que je me suis laissé
Partout où je suis passé depuis que je suis né
Et je traîne derrière moi un film déjà bien long
Alors si nous achetions une ombrelle japonaise
Nous venons de l’ouvrir en arrivant
La joie qui a jailli de ses violets
A repoussé les six parois de la chambre
Comprenez-vous maintenant pourquoi le monde est plus grand l’été

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

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TU CROIS QUE ÇA VA DURER ? (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
TU CROIS QUE ÇA VA DURER ?

Et un merle qui n’en finissait pas
de piailler dans l’arbre du voisin.

Et la douceur de cette soirée exceptionnelle —
tout le monde le disait — pour la saison.

Et la rumeur particulière de la ville
(les cloches à un moment
puis les voitures une ambulance).

Tout cela avait fait
que je n’avais rien fait d’autre
que de prêter l’oreille
à toutes ces choses qui passent
comme du jour à la nuit
sans qu’on s’en aperçoive.

« Tu crois que ça va durer ? »
avais-tu dit alors
de la pièce d’à côté.

Et tes mots étaient simples
qui posaient la question
de l’évidence qui passe
dans le langage aussi
sans qu’on s’en aperçoive.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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La chance bue comme l’eau (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
La chance bue comme
l’eau dans une tasse trop simple
pour que cela soit connu

Le bonheur comme un chat
ronronnant à l’orée de la conscience
soudain parti
quand on s’aperçoit de ses caresses

La chance et le bonheur
bruit doux du chat
lapant l’eau

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE JOUEUR DE FLÛTE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



 

Illustration
    
LE JOUEUR DE FLÛTE

Un cheval est mort dans la rue
Tout au fond de son oeil une étoile remue
Et tandis que sonnent les heures
Dans d’autres rues
Il y a d’autres chevaux, qui meurent

Des chevaux comme des enfants
Et aussi des enfants qui meurent
Celui qui tient entre ses doigts
Sa longue vie comme une flûte
Descend le fleuve et ne sait pas
Que ces enfants le dévisagent
Que dans la nuit des portes s’ouvrent
Et que soudain dans l’escalier
Des pas répondent à l’appel
De sa chanson au bord du fleuve

Mais seulement devant la mer
Quand fatigué par le voyage
Doucement son regard se pose
Sur toutes choses méritées
Il s’aperçoit qu’il n’est plus seul
Que les enfants l’ont devancé
A l’intérieur de sa vie même
Que son amour est dépassé.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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