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Poésie

Posts Tagged ‘s’appeler’

La parole descend (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



La parole descend

Tous les coquelicots ou les lèvres des femmes
reflétées dans le ciel
Il a plu
Les enfants se noient sur le trottoir
Et le flot de la rue
La ville en entonnoir

De profil la journée glisse vers le couchant
Le pavé de descelle
Et les bêtes craintives
au bruit que fait le vent
s’en vont
Et elles s’appellent

Sur les balcons les vitres tremblent
– un moment –
La maison a la fièvre
5 heures
à part la nuit qui se mêle au tournant
Les arbres en prières

(Pierre Reverdy)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Quand le papillon lit-il (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2020



Quand le papillon lit-il donc
ce qui vole écrit sur ses ailes ?

Quelles lettres connaît l’abeille
pour savoir son itinéraire ?

Quels chiffres la fourmi a-t-elle
pour retrancher ses soldats morts ?

Comment s’appellent les cyclones
quand ils n’ont pas de mouvement ?

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

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Le sperme (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2020



Le sperme
Des espaces nocturnes,
Interstellaires,

S’appelle silence.

(Guillevic)

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Rondeau du potiron (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020



Illustration
    
Rondeau du potiron

Le rondeau du potiron
S’appelle potirondo
Quarante courges en rond
Chantent derrière son dos
Ré mi fa sol la si do

Attendent-elles Godot
Pour danser avec Lord Byron
Le rondeau

Épatés sont les badauds
Chavirés les avirons
Empotés nous papotons
Tous ensemble admirons
Le rondeau du potiron

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le moment bleu (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



 

Illustration: Stéfane Gautier
    
Le moment bleu

Quand un martin-pêcheur
à ras de l’eau était passé
on s’appelait on se criait :
« Tu l’as vu ?
Il vient juste de passer. »

Mais très souvent l’un d’entre nous
n’avait rien vu
et c’était l’un – ou alors l’autre –
qui gardait seul
le moment bleu.

Ce moment bleu du grand courant
(on remontait jusqu’à la nuit
on se perdait on s’attendait)
tu l’as sur toi.

Dans tes papiers
contre ta carte d’identité
la petite plume
tu l’as glissée.

Elle est pour toi
comme mon poème :
éclair reflet présence absence
doigt sur la bouche.

Nos moments bleus
ils ont filé.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Où nous en sommes ? (Jean Giraudoux)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019


 


 

ÉLECTRE.
– Où nous en sommes ?

LA FEMME NARSÈS.
– Oui, explique ! Je ne saisis jamais bien vite.
Je sens évidemment qu’il se passe quelque chose, mais je me rends mal compte.
Comment cela s’appelle-t-il,
quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché,
que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle,
que les innocents s’entretuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?

ÉLECTRE.
– Demande au mendiant. Il le sait.

LE MENDIANT.
– Cela a un très beau nom, femme Narsès.
Cela s’appelle l’aurore.

(Jean Giraudoux)

Illustration

 

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Les âmes intérieures des poètes (Proust)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Et toutes les âmes intérieures des poètes
sont amies
et s’appellent les unes les autres.

(Proust)


Illustration: Isabelle Planté

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Aubade orientale (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018



Illustration
    
Aubade orientale

Ce lit n’est-il pas comme un rivage,
une bande littorale où nous sommes couchés ?
Rien n’est sûr comme la saillie de tes seins
qui émergent du vertige de mes sens.

Car cette nuit où tant de cris retentirent
— bêtes qui s’appellent et se déchirent —
ne nous est-elle pas atrocement étrangère ?
et ce qui dehors se lève, qu’on nomme le jour,
nous est-il donc plus accessible qu’elle ?

On devrait pouvoir s’enfouir
l’un dans l’autre s’emboîter
tels les pistils et les étamines;
à tel point partout grandit
et se jette contre nous la démesure.

Mais pendant qu’on se serre l’un dans l’autre
pour ne pas voir le péril tout autour
elle peut jaillir de toi ou de moi
car nos âmes vivent de trahir.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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LA ROSE QUI DURE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
LA ROSE QUI DURE

… A peine le dos tourné
Que l’horloge va plus vite.
Le temps voleur en profite
Aussitôt pour me flouer
De quelque riche minute.

À peine un jour commencé
Lisse au coeur, doux au toucher
Qu’un autre invente sa chute,
Je le vois s’effilocher
Le front bas et l’oeil poché.

Et quand mes paumes retiennent
Des perles dans mes années
Je retrouve les colliers,
Tout poussiéreux et fanés
Au bout de quelques semaines.

Le haut mur de la cité
Que soutenaient mes colonnes
Quel mistral me l’a soufflé
Comme une brume d’automne ?

Adieu, jardins fugitifs,
Amours, saisons, écritures
Et musiques passagères
Qu’écrase l’ombre des ifs !

Moi, je veux la fleur sévère,
Je veux la fleur inventée.
J’invente la fleur qui dure
Et s’appelle éternité.

(Norge)

 

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Je me souviens d’un fromage (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



Illustration: La Guerre des Vaches
    
Je me souviens d’un fromage qui s’appelait  » La Vache sérieuse  »
( » la Vache qui rit  » lui a fait un procès et l’a gagné).

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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