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Poésie

Posts Tagged ‘s’appeler’

Quand le jour se lève (Jean Giraudoux)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



La femme Narsès: « Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui,
et que tout est gâché, que tout est saccagé,
et que l’air pourtant se respire et qu’on a tout perdu,
que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent,
mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ? »

Electre : « Demande au mendiant. Il le sait. »

Le mendiant : « Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore. »

(Jean Giraudoux)

Illustration

 

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Quel droit (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Et comment s’appelle ce mois
sis entre décembre et janvier ?

Quel droit a fait numéroter
les douze raisins de la grappe ?

Pourquoi ne nous a-t-on donné
de longs mois qui durent l’année ?

Le printemps ne t’a-t-il trompé
par des baisers qui n’ont fleuri ?

(Pablo Neruda)

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LE MOMENT BLEU (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



    

LE MOMENT BLEU

Quand un martin-pêcheur
à ras de l’eau était passé
on s’appelait on se criait :
« Tu l’as vu ?
Il vient juste de passer. »

Mais très souvent l’un d’entre nous
n’avait rien vu
et c’était l’un — ou alors l’autre —
qui gardait seul
le moment bleu.

Ce moment bleu du grand courant
(on remontait jusqu’à la nuit
on se perdait on s’attendait)
tu l’as sur toi.

Dans tes papiers
contre ta carte d’identité
la petite plume
tu l’as glissée.

Elle est pour toi
comme mon poème :
éclair reflet présence absence
doigt sur la bouche.

Nos moments bleus
ils ont filé.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Fatalité de l’univers (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Nous sommes pareils à ces crapauds
qui dans l’austère nuit des marais
s’appellent et ne se voient pas,
ployant à leur cri d’amour
toute la fatalité de l’univers.

(René Char)

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Origine (Michel Voiturier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017




    

Origine

Autrefois, frontière s’appelait rivière ou éperon, mer ou brisant.

Quand vinrent les hommes avec leur idée de lopin, tout changea.

Il devint impensable de se rendre au-delà de ou à travers la parcelle
que quelqu’un avait annexée à la présence de son corps.

Le terroir se morcela, de sorte que chaque morceau
soit étiqueté du nom de celui qui avait pris pieds sur lui.
Le sol n’accepta plus que trace d’un seul unique pas.

(Michel Voiturier)

 

Recueil: Dits en plain désert
Editions: Clarisse

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Marilyn (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
je m’appelle Norma Jeane Baker
petite soeur absolue
sainte Marilyn

petite soeur de toutes les femmes
j’ai donné
donné sans retour

J ai signé
j’ai payé
diamant sur l’ongle

j’ai cherché
la grande consolation
toujours cherché autre chose

au-delà de tout
jusqu’à me rencontrer
là où les corps célestes brillent en enfer

dans le choeur des damnés
des désaccordés
jusqu’à me rencontrer

et comprendre
qu’une goutte de sang pouvait
se transformer en fleur

qu’un désespoir en talons aiguilles
pouvait défier
le monde

je suis la présence je suis
la pureté
mais la pureté blue-jean bop

la pureté valium
la pureté
cadillac

avec mes frissons d’ange
avec ma peau aux arcs-en-ciel fragiles
avec ma voix aux yeux si tristes

avec mon étourdissant besoin d’enfance
quand ai-je commencé
ma chute en paradis

je fonds sans fin
je suis
un sucre d’amour

je fonds en larmes internes
je suis la douceur de la jouissance
je pourrais faire mourir quelqu’un d’émotion

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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MIROIR DE TOUS LES DOUBLES (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017



Illustration: Julia Perret  
    
MIROIR DE TOUS LES DOUBLES
pour Jean-Pierre Duprey

nous passons
sans cesse et sans trêve
du berceau au tombeau
nous passons
assoiffés d’une plénitude autre
que le manque qui nous troue
et nous désosse
nous avançons tant bien que mal
et soudain quelqu’un écrit

ce qui nous anime
s’appelle la joie du gouffre

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Ourses (Samuel Marchak)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



Sur la banquise au pôle
Deux ourses
Rigolent:
– Oh, ces étoiles,
Qu’elles sont drôles!
Elles s’appellent comme nous
Mais ressemblent à des casseroles…

(Samuel Marchak)

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L’enfer, c’est de ne plus aimer (Georges Bernanos)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2017



L’enfer,
c’est de ne plus aimer.

*

On parle toujours du feu de l’enfer,
mais personne ne l’a vu.
L’enfer,
c’est le froid.

*

Le démon de notre coeur
s’appelle:
« A quoi bon ! »

*

Le diable,c’est l’ami
qui ne reste jamais
jusqu’au bout.

(Georges Bernanos)

 Illustration: Auguste Rodin

 

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Toujours et Jamais (Paul Vincensini)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2016



janus

Toujours et Jamais

Toujours et Jamais étaient toujours ensemble
ne se quittaient jamais. On les rencontrait
dans toutes les foires.
On les voyait le soir traverser le village
sur un tandem.
Toujours guidait
Jamais pédalait
C’est du moins ce qu’on supposait…

Ils avaient tous les deux une jolie casquette
L’une était noire à carreaux blancs
L’autre blanche à carreaux noirs
A cela on’ aurait pu les reconnaître
mais ils passaient toujours le soir
et avec la vitesse…

Certains d’ailleurs les soupçonnaient
Non sans raison peut-être
D’échanger certains soirs leur casquette
Une autre particularité
Aurait dû les distinguer
L’un disait toujours bonjour
L’autre toujours bonsoir
mais on ne sut jamais
Si c’était Toujours qui disait bonjour
Ou Jamais qui disait bonsoir
Car entre eux ils s’appelaient toujours
monsieur Albert monsieur Octave.

(Paul Vincensini)

 

 

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