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Poésie

Posts Tagged ‘s’approprier’

Celle qu’il a désirée (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2021



Celle qu’il a désirée
Assez pour croire

Pouvoir par elle
S’approprier
Jusqu’au désert.

(Guillevic)

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Même si rien n’avait de sens (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Même si rien
N’avait de sens,

Il resterait:

S’approprier le souffle
Etendu dans l’espace.

(Guillevic)

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Mon élan (Robert Roman)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2021




    
Mon élan
S’approprie
La rapidité
De la falaise

(Robert Roman)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Pensées Ultérieures
Traduction:
Editions: Le Contentieux

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Les gens qui doutent (Anne Sylvestre)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2020




    
Les gens qui doutent

J’aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur cœur se balancer
J’aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J’aime les gens qui tremblent
Que parfois ils nous semblent
Capables de juger
J’aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

[Refrain]
J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut
Ceux qui, avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n’auront pas honte
De n’être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n’avoir pas su dire :
« Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur »

[Refrain]
J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui n’osent
S’approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien être
Qu’une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme
Et daltoniens de l’âme
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l’histoire
Leur rende les honneurs

[Refrain]
J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui doutent
Mais voudraient qu’on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu’on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu’on leur dise que l’âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu’on les remercie
Qu’on leur dise, on leur crie :
« Merci d’avoir vécu
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu’elles ont pu »

(Anne Sylvestre)


  
voir chez Luciole ici un bel hommage au fils d’Anne assassiné au Bataclan

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Les idées n’ont rien à voir avec la poésie (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Les idées n’ont rien à voir avec la poésie :
c’est l’inexprimable qui compte.

Les idées n’appartiennent pas à l’homme,
elles viennent du ciel, de la terre, de la mer,
des images, on se les approprie.

Rien de plus triste, de plus pesant que les idées,
mais si vous les ressentez avec passion, avec expérience,
transformez les en sentiments.

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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Habiter un lieu (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Habiter un lieu

Habiter une chambre, qu’est-ce que c’est?
Habiter un lieu, est-ce se l’approprier?
Qu’est-ce que s’approprier un lieu?
A partir de quand un lieu devient-il vraiment vôtre?

Est-ce quand on a mis à tremper ses trois paires de chaussettes
dans une bassine de matière plastique rose?
Est-ce quand on s’est fait réchauffer des spaghettis
au-dessus d’un camping-gaz?

Est-ce quand on a utilisé tous les cintres dépareillés de l’armoire-penderie?
Est-ce quand on a punaisé au mur une vieille carte postale
représentant le Songe de sainte Ursule de Carpaccio?

Est-ce quand on y a éprouvé les affres de l’attente,
ou les exaltations de la passion,
ou les tourments de la rage de dents?
Est-ce quand on tendu les fenêtres de rideaux à sa convenance,
et posé les papiers peints, et poncé les parquets?

(Georges Perec)

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Si tu ne devais laisser ni parole ni rien (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017




    
Si tu ne devais laisser ni parole
ni rien de ce qui se possède
ta vie à elle seule aura été témoignage
respirer pour s’approprier un lieu.

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

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La vie est plus belle que l’union du ciel et de la mer (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



La vie est plus belle que l’union du ciel et de la mer.
Vous la gâtez parce qu’il vous semble que vous devez vous l’approprier.
Mais non, cent fois non …
Ce n’est pas en se couchant sur les choses qu’on les possède …

En étreignant l’objet que vous désirez vous le souillez de vos misères,
vous lui donnez l’odeur rebutante de la terre qui vous recouvrira.
Et c’est bien le vertige de votre déchéance prochaine qui
vous suggère de saisir le beau comme une proie.

Vous prenez les choses entre vos mains pour vous rassurer contre leur souveraineté.
Vous les éteignez, cela vous donne un instant l’illusion que vous êtes un flambeau.
C’est ainsi que tout cela a commencé …
Vous vous souvenez de ce que nous avons dit.

Vous vous apercevez qu’il existe un être plus digne que vous de l’existence.
L’aubaine, c’est de s’aviser que tous les hommes, même les plus misérables,
vous semblent plus dignes que vous de porter un nom ; et que ce n’est pas diminuant.

Alors, vous grandissez hors de vous-même … Le jour s’ouvre.
C’est le moment délicieux où vous faites une différence
entre le crépuscule du matin et le crépuscule du soir.
n n’y a plus rien entre la lumière et l’eau et l’herbe et le vent…

Et vous pensez…

(Joë Bousquet)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Le monde discerne la beauté, et, par là le laid se révèle (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



Le monde discerne la beauté,
et, par là
le laid se révèle.
Le monde reconnaît le bien
et, par là
le mal se révèle.
Car l’être et le non-être
s’engendrent sans fin.
Le difficile et le facile
s’accomplissent l’un par l’autre.
Le long et le court
se complètent.
Le haut et la bas
reposent l’un sur l’autre.
Le son et le silence
créent l’harmonie.
L’avant et l’après se suivent.
Le tout et le rien
ont le même visage.
C’est pourquoi
le Sage s’abstient de toute action.
Impassible,
il enseigne par son silence.
Les hommes,
autour de lui,
agissent.
Il ne leur refuse pas son aide.
Il crée sans s’approprier
et oeuvre sans rien attendre.
Il ne s’attache pas
à ses oeuvres.
Et, par là,
il les rend éternelles.

(Lao Tseu)

 

 

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