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Posts Tagged ‘sarabande’

Lindau (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Lindau

L’hirondelle y apporte
des brins d’herbe, elle refuse que la vie passe.
Mais entre les digues, la nuit, l’eau morte
use les pierres.
Sous les torches fumeuses toujours
une ombre dérive le long des berges vides.
Dans le cercle de la place une sarabande
s’agite quand mugissent les bateaux à aubes.

***

Lindau
La rondine vi porta
fili d’erba, non vuole the la vita passi.
Ma tra gli argini, a notte, l’acqua morta
logora i sassi.
Sotto le torce fumicose sbanda
sempre qualche ombra salle prode vuote.
Nel cerchio della piazza una sarabanda
s’agita al mugghio dei battelli a ruote.

(Eugenio Montale)


Illustration

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LINDAU (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



LINDAU

L’hirondelle y apporte
des brins d’herbe, elle ne veut pas que la vie cesse.
Mais entre les digues, la nuit, l’eau morte use les galets.
Sous les torches fumeuses toujours vacillent
quelques ombres sur la rive déserte.
Dans le cercle de la place une sarabande
se déchaîne au grondement des bateaux à aubes.

(Eugenio Montale)


Illustration

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Sarabande (René Chalupt)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



Sarabande

Les jets d’eau dansent des sarabandes
Sur l’herbe parfumée des boulingrins ;
Il y a des rumeurs de soie dans le jardin
Et de mystérieuses présences.
Sur le marbre rose d’une margelle
Trois tourterelles
Se sont posées,
Comme sur tes lèvres trois baisers ;
Leurs plumes s’effeuillent dans le bassin…
Les fleurs fraîches des marronniers
Neigent lentement sur tes seins
Et font frissonner ta chair nue,
Car tu es nue
Sous ton manteau.
Et c’est pour toi que les jets d’eau
Dansent de sveltes sarabandes,
Que le parc est plein de présences
Et que les tourterelles blanches,
Comme de vivantes guirlandes,
Viennent fleurir au bord de l’eau.

***

Saraband

The fountains dance sarabands
On the perfumed grass of the lawns;
There is a rustling of silk in the garden
And mysterious presences.
On the pink marbled edge
Three turtledoves
Have alighted
Like three kisses on your lips,
Shedding their feathers in the basin…
The new flowers of the chestnut trees
Snow down slowly onto your breasts
And make your nude flesh shiver,
For you are naked
Beneath your coat.
And it is for you that the fountains
Dance slender sarabands,
That the park is full of presences,
And that the white turtledoves
Like living garlands
Come to flower by the water’s edge.

(René Chalupt)

Illustration

 

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JE T’AI TANT DE FOIS… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



JE T’AI TANT DE FOIS…

Je t’ai tant de fois attendue,
Porteuse d’astres, de fourrures,
O, souffle chaud qui me rassures
Dans la sarabande des rues !
Et chaque fois tu es venue…

Es-tu flamme dans la cohue ?
Es-tu femme dans ta peau nue ?
Puis-je dire que je t’ai vue ?
C’est toi, c’est moi, ce peu de sel
Qui sèche dans nos mains fidèles.

Ceci m’appartient ; c’est mon ombre.
Tu ne peux pas ne pas m’aimer
Ni moi te refuser, te rompre,
Toi que j’ignore, qui jamais
Ne franchiras les bords du songe.

(Jean Rousselot)

Illustration: Alfons Mucha

 

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IL S’EN PASSE DES CHOSES PENDANT QUE VOUS DORMEZ… (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2015



IL S’EN PASSE DES CHOSES
PENDANT QUE VOUS DORMEZ…

Pendant que Dieu montre du doigt
Aux vents les routes de l’espace,
Vois le chêne qui se déplace
Dans ses gros pantalons de bois !

Arrêtez la fuite des arbres
Leurs quadrilles intermittents,
Et vite, changez-les en marbres
Alors qu’il en est encor temps !

Croyez-vous que l’orme s’endorme
Lorsque les volets sont fermés ?
Eh non. Il va voir d’autres ormes,
Tous ceux qu’il a le plus aimés.

Dans les tréfonds des nuits du monde
Immobiles sous la clarté,
Les tilleuls aussi se répondent
De tous leurs parfums exaltés.

La truffe fleure au bas des pierres
Éparse aux taillis maigriots.
La source entr’ouvre ses paupières.
Les sapins frottent leurs griots.

Les buissons dansent sous la lune
Où l’églantier se tend la main.
Des forêts, il n’en est pas une
Qui soit telle le lendemain.

Et toujours cette sarabande
Se bouscule aux quatre saisons
Que les loups désertent en bande
Noire sur l’or des lunaisons.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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