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Poésie

Posts Tagged ‘s’assembler’

Quand ils s’assemblent (André Cuisenier)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2019



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Quand ils s’assemblent
Des absents sont là
Et des morts renaissent.

***

Passant de Fleury,
Prie pour mes rues et mes arbres
Sur ma place vide.

(André Cuisenier)

 

 

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Même la nuit (Fujiwara no Toshiyuki Ason)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



Même la nuit

Les vagues s’assemblent sur la côte
De la baie de Souminoe:
Même la nuit,
Dans les chemins du rêve,
Je devrai fuir les yeux des hommes.

(Fujiwara no Toshiyuki Ason)


Illustration: Hokusaï

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Quand vient le soir (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Bao-Pham Thienbao 444181899c89

Quand vient le soir,
Des cygnes noirs,
Ou des fées sombres,
Sortent des fleurs, des choses, de nous
Ce sont nos ombres.

Elles avancent ; le jour recule.
Elles vont dans le crépuscule,
D’un mouvement glissant et lent.
Elles s’assemblent, elles s’appellent,
Se cherchent sans bruit,
Et toutes ensemble,
De leurs petites ailes,
Font la grande nuit.

Mais l’Aube dans l’eau
S’éveille et prend son grand flambeau.
Puis elle monte,
En rêve monte, et peu à peu,
Sur les ondes elle élève
Sa tête blonde,
Et ses yeux bleus.

Aussitôt, en fuite furtive,
Les ombres s’esquivent,
On ne sait où.
Est-ce dans l’eau ? Est-ce sous terre ?
Dans une fleur ? Dans une pierre ?
Est-ce dans nous ?
On ne sait pas. Leurs ailes closes
Enfin reposent.
Et c’est matin.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

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A LA DAME DU LAC (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



 

François Avons  la_dame_du_lac

A LA DAME DU LAC

I
Forts de savoir ce que dit le bonheur
Nous pouvons sans danger écouter les sirènes

II
Les syllabes de l’eau dansent comme des barques
Juste au bord de l’ouïe heureuse dont les berges
Prennent la forme obscure du beau lac
Dès qu’on s’écoute on flotte dans les chambres
Persiennes branchies des merveilles du dehors
Vous êtes du lac et je tiens votre dame qui dort
[…]

V
Et tout ce qui était digne de reflets
S’emplissait jusqu’au bord d’un bleu mouvant
Des palmes venaient passer un instant près de nous
Des oiseaux traversaient les ramages des murs
Et de leur juste poids de fleurs les vases
Equilibraient les plateaux du soleil et de l’ombre

Lac dormant dans les yeux donne assez de lumière
Pour faire fleurir nos profondeurs
Dans les coins de la chambre
[…]

VII
Les lignes des perspectives étaient enguirlandées de feuilles
Et courbées par le poids des grappes
Les verticales en cortège se rendaient
Au rendez-vous solaire des cyprès
Dignitaires du feu
L’ombre faisait son nid sous le sein des statues
Une corbeille d’eau se noyait dans les fleurs
Le jet d’eau lançait tout le jardin en l’air
Et sur nous à jamais retomberont ses flammes
[…]

IX
Heures délicieuses vous nous serviez l’oubli dans la pénombre
Vous alliez et veniez autour de nous
Comme des fées nous apportant sans cesse de beaux dons
J’entends sur vos plateaux brillants
Tinter les frêles sabliers
Ainsi nous égrainions les forces naturelles
Nous étions tour à tour
Sabliers d’ombre vivant de gouttes de lumière
Sabliers de soleil avides de la nuit

X
Le soleil au balcon est heureux dans sa cage
Le tableau ouvert tient le ciel à mi-corps
Sur la table un disque lumineux plein de fruits qui s’élève
Aux vitres on voit non les vagues
Mais les trésors présents du lac

Et tous les reflets projetés dans la chambre
Cherchent à s’assembler pour te faire un miroir

(Ernest Delève)

Illustration: François Avons

 

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Briser aussi les mots (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
Briser aussi les mots,
comme s’ils étaient des alibis face à l’abîme
ou des cristaux trompés
par une conspiration de la lumière et de l’ombre.

Puis parler avec les fragments,
avec des morceaux de mots,
puisqu’il n’a servi de rien ou presque
de parler avec les mots entiers.

Reconquérir le balbutiement oublié
qui répondait à l’origine aux choses
et laisser les fragments s’assembler tout seuls,
comme se soudent les os,
comme se soudent les ruines.

Parfois l’épars précède l’entier,
les parties d’une chose précèdent la chose.
L’apprentissage de l’unité
est encore plus humble et incertain
qu’on ne le soupçonne.
La vérité est aussi peu sûre
que sa négation.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Ils se sont assemblés (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



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Ils se sont assemblés
De leurs petites vies qu’entend-on
leurs rires m’éclaboussent
Je passe
des mots poisseux s’attachent
et l’ennui m’asphyxie

On ne peut pas partir
On traîne tant de choses qu’on croit voir derrière soi
l’encrier bâille sur ma table
un bruit seul a glissé
contre le mur des espoirs rampent
Je me pétrifie

Où sauter
une crainte s’évapore
Le silence
puis une lettre s’insinue
Il faudrait arracher des nuages
S’en aller

(Philippe Soupault)

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L’éclair me dure (René Char)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



L’éclair me dure.
La poésie me volera de la mort.
Enfonce-toi dans l’inconnu qui creuse. Oblige-toi à tournoyer.
Je ne puis être et ne veux vivre que dans l’espace et dans la liberté de mon amour.
Tout ce qui nous aidera, plus tard, à nous dégager de nos déconvenues s’assemble
autour de nos premiers pas.
Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore.
Nous sommes écartelés entre l’avidité de connaître et le désespoir d’avoir connu.
L’aiguillon ne renonce pas à sa cuisson et nous à notre espoir.

(René Char)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Misha Gordin

 

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Rien ne s’annonce (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



Illustration: Ravary Roussot
    
rien ne s’annonce
mon silence est muet
mais je demeure en attente
prêt à capter ce qui va sourdre

soudain des mots
surgissent s’assemblent
et lentement
au profond de la nuit
les murs s’élèvent

une maison basse et retirée
où chantonne
en permanence le vivifiant
murmure de la source

où celui qui s’est perdu
pourra venir se rejoindre
retrouver son visage
renouer avec son sang

Apaisement

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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SAISON (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
SAISON

Mon coeur n’est pas salive mais sang
mon coeur n’est pas cendre mais feu
silence silence sur la nuit
des ailes s’assemblent des quatre vents
pour fréter des oiseaux purs
ô forêt agenouillée d’automne
d’une longue averse de feuilles
tu dépares l’autel du froid.

Je suis loin des saisons
rien n’est proche de mon sang
le ciel tourne sur son ancre
feux gelés en attente
étoiles enchaînées enchâssées dans mes veux
la sève monte à l’arbre comme un enfant léger
pris de soudain vertige
qui s’endort dans les branches.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Chapelle de Marins (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Marie-Claude Deyts
    
Chapelle de Marins

Voici le soir… Voici l’orage aux cris amers,
Et la foule s’assemble au fond de la chapelle
Où l’on cherche Marie et n’espère qu’en Elle.

O vaisseau qui se noie en l’abîme des mers,
O Dieu ! je cherche en vain l’ombre de la chapelle,
Voici le soir… Voici l’orage aux cris amers.

Et dans mon coeur sévit la tempête des mers !
O Dieu 1 je cherche en vain l’ombre de la chapelle.
Marie ! — O lys très blanc, qui règnes sur la mer !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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