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Poésie

Posts Tagged ‘s’assombrir’

Menu débris métaphysique (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Francisco Goya
    
Menu débris métaphysique

Alors qu’il se promenait
clans un paisible paysage,
il crut voir dans un buisson
le mufle noir du néant.

Il s’arrêta frissonnant.
Le jour s’était assombri.

Et soudain le ciel ouvrit
une gigantesque gueule
et, d’un coup, lе dévora
ne laissant ni cendres ni âme.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Les insectes crient (Masaoka Shiki)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Les insectes crient
la lune sort
le jardin s’assombrit

(Masaoka Shiki)

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ENVOI (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018




    
ENVOI

Cе qui manque sans cesse aux mortels,
ce trou dans l’air entre les choses

où le regard s’échappe, s’assombrit ou
s’attriste, voici qu’il prend soudain

la mesure de notre soif en entendant
prononcer à voix basse le mot

jardin, et tout s’éclaire désormais
comme si la fontaine en nous muette

depuis tant d’années avait retrouvé
sa source et coulait ronde et paisible

sur nos joues.

(Guy Goffette)

 

Recueil: L’adieu aux lisières
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ANXIÉTÉ (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
L’ANXIÉTÉ

Au-dessus du précipice
passent des nuées
lorsque s’assombrissent les champs
dans le silence de veillée
que la pelle à feu
en tombant sur la pierre
fait frémir la paysanne
qui dans l’anxiété
fait un bouquet
de fleurs et feuilles
puis faiblement chante
en souvenir
de son fils le meilleur.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce qui manque sans cesse aux mortels (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017




Ce qui manque sans cesse aux mortels,
Ce trou dans l’air entre les choses
Où le regard s’échappe, s’assombrit ou
S’attriste, voici qu’il prend soudain
La mesure de notre soif en entendant
Prononcer à voix basse le mot
Jardin, et tout s’éclaire désormais
Comme si la fontaine en nous muette
Depuis tant d’années avait retrouvé
Sa source et voulait ronde et paisible
Sur nos joues.

(Guy Goffette)

Illustration: Evgeni Gordiets

 

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Reveline (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

Andrey Remnev

Reveline

Pour un bouquet de lilas
Qu´il t´offrit ce jour-là,
Reveline,
Tu as rêvé d´un jardin
Fleurissant tes matins,
Reveline.
Pour un petit brin de cour,
Tu as rêvé d´amour,
Reveline,
Comme si un arc-en-ciel
Suffit pour que le ciel
S´illumine.

Reviens sur terre,
Ma douce amie :
La vie n´est guère
Que la vie.

Avec un soleil pâlot
Qui se posait sur l´eau,
Reveline,
Tu as rêvé que l´été
Durait l´éternité,
Reveline.
Une balade en bateau
Jusqu’au pont de Puteaux,
Reveline,
T´a fait rêver de croisière,
Mexico, le cap Vert,
L´Argentine.

Reviens sur terre,
Ma douce amie :
La vie n´est guère
Que la vie.

Lorsque mon cœur s´assombrit
Et que je broie du gris,
Reveline,
Je voudrais avoir tes yeux
Pour ne voir que du bleu,
Reveline.
Toi, qui changes l´eau en vin,
Toi qui rêves sans fin,
Reveline,
Montre-moi comment tu fais.
Apprends-moi à rêver,
Reveline.

Ne change guère,
Ma douce amie :
La vie n´est guère
Que la vie.

(Georges Moustaki)

Illustration: Andrey Remnev 

 

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Sous tes étoiles blanches (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



 

Sous tes étoiles blanches

sous tes étoiles blanches
tends-moi ta blanche main.
mes mots qui sont des larmes
dans ta main désirent repos.
vois leur éclat s’assombrir
sous mon regard encavé,
aucun abri je ne trouve
pour en retour te les offrir.

mais je voudrais, dieu familier,
te léguer mes possessions,
car en moi brûle un feu
et en le feu mes journées.
toujours entre caves et trous
pleure ce calme meurtrier.
grimpant plus haut – dessus les toits
je te recherche : où es-tu, où ?

me pourchassent avec démence
arrière-cours, escaliers criards.
pendu en corde de violon rompue
pour toi pourtant je chante encore :
sous tes étoiles blanches
tends-moi ta blanche main.
mes mots qui sont des larmes
dans ta main désirent repos.

***

Unter dayne vayse shtern

unter dayne vayse shtern
shtrek tsu mir dayn vayse hant.
mayne verter zaynen trern,
viln ruen in dayn hant.
ze, es tunklt zeyer finkl
in mayn kelerdikn blik,
un ikh hob gornit keyn vinkl
zey tsu shenken dir tsurik.

un ikh vil dokh, got, getrayer,
dir fartroyen mayn farmeg,
vayl es mont in mir a fayer
un in fayer mayne teg.
nor in keler un in lekher
veynt di merderishe ru.
loyf ikh hekher – iber dekher
un ikh zukh: vu bistu, vu?

nemen yogn mikh meshune
trep un hoyfn mit gevoy.
heng ikh a geplatste strune
un ikh zing tsu dir azoy:
unter dayne vayse shtern
shtrek tsu mir dayn vayse hant.
mayne verter zaynen trern
viln ruen in dayn hant.

***

אונטער דײַנע ווײַסע שטערן

אונטער דײַנע ווײַסע שטערן
שטרעק צו מיר בײַן װײַסע האַנט.
מײַנע װערטער זײַנען טרערן
װילן רוען אין דײַן האַנט.
זע, אעס טונקלט וײער פֿינקל
אין מײַן קעלערדיקן בליק
און איך האָב גאָרניט קײן װינקל
זײ צו שענקען דיר צוריק.

און איך װיל דאָך, גאָט, געטרײַער,
דיר פֿאַרטרױען מײַן פֿאַרמעג.
װײַל אעס מאָנט אין מיר אַ פֿײַר
און אין פֿײַער מײַנע טעג.
נאָר אין קעלער און אין לעחער
װײנט די מערדערישע רו.
לױפֿ איך העחער – איבער דעחער
און איך זוך: װוּ ביסטו, װוּ?

נעמען יאָגן מי משונה
טרעפ און הױפֿן – מיט געװױ.
הענג איך אַ געפלאַצטע סטרונע
אין איך זינג צו דיר אַזױ:
אונטער דײַנע ווײַסע שטערן
שטרעק צו מיר בײַן װײַסע האַנט.
מײַנע װערטער זײַנען טרערן
װילן רוען אין דײַן האַנט.

(Avrom Sutzkever)

 Illustration: Zoran Music

Merci à « MarronBleu » pour la découverte de ce poète https://cequetesyeuxvairons.wordpress.com/

 

 

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Idylle champêtre (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



Idylle champêtre

Je jure par ces vers que je n’ai jamais vu languir
un plus beau soir sur de plus douces nues,
fondre plus blonde lune au cœur du firmament
ni les blés se pencher à l’air plus mollement,
qu’à cet instant suprême où je vis deux amants
se donner pour adieu le baiser des serments.

Je jure par ces vers que je n’ai jamais vu soir
plus tendre bleuir sur des épaules nues,
puis s’assombrir plus tristement sur deux élus,
— puis plus triste distance entre deux inconnus.

(Paul Fort)

Illustration

 

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La Nuit monte (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2016



nuit mer [800x600]

La Nuit monte

J’ai bien observé comment cela se passait
Quand le soleil est couché
C’est la mer qui s’assombrit
Le ciel conserve encore longtemps une grande clarté
La nuit monte de l’eau et encercle lentement tout l’horizon
Puis le ciel s’assombrit à son tour avec lenteur
Il y a un moment où il fait tout noir
Puis le noir de l’eau et le noir du ciel reculent
Il s’établit une transparence éburnéenne avec des reflets
dans l’eau et des poches obscures au ciel
Puis le Sac à Charbon sous la Croix du Sud
Puis la Voie Lactée

(Blaise Cendrars)

 

 

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Liqueur de prunelle (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



La claire saison du genièvre
s’assombrit en hiver.
Elle arrosa de liqueur les prunelles
et boucha le bocal de verre.

Lorsque je l’ai dévissé
j’ai senti l’âcre immobilité
troublée d’un buisson
se répandre dans l’office.

Lorsque je l’ai versée
elle tranchait comme une lame
et flambait comme Bételgeuse.

Je bois à toi,
avec ces prunelles
enfumées, bleu-noir,
polies, amères, mais sûres.

(Seamus Heaney)

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