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Poésie

Posts Tagged ‘s’assoupir’

Venu voir les fleurs (Yosa Buson)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2019



    

Illustration: Toyohara Chikanobu

 

(Yosa Buson)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Le pauvre pion (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



pion

Le pauvre pion

Le pauvre pion doux si sale m’a dit : j’ai
bien mal aux yeux et le bras droit paralysé.

Bien sûr que le pauvre diable n’a pas de mère
pour le consoler doucement de sa misère.

Il vit comme cela, pion dans une boîte,
et passe parfois sur son front froid sa main moite.

Avec ses bras il fait un coussin sur un banc
et s’assoupit un peu comme un petit enfant.

Mais au lieu de traversin bien blanc, sa vareuse
se mêle à sa barbe dure, grise et crasseuse.

Il économise pour se faire soigner.
Il a des douleurs. C’est trop cher de se doucher.

Alors il enveloppe dans un pauvre linge
tout son pauvre corps misérable de grand singe.

Le pauvre pion doux si sale m’a dit : j’ai
bien mal aux yeux et le bras droit paralysé.

(Francis Jammes)

 

 

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Eté (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

Albert Pinkham Ryder  6 [1280x768]

Eté

Le clair soleil d’avril ruisselle au long des bois.
Sous les blancs cerisiers et sous les lilas roses
C’est l’heure de courir au rire des hautbois.

Vos lèvres et vos seins, ô les vierges moroses,
Vont éclore aux baisers zézayants du zéphyr
Comme aux rosiers en fleur les corolles des roses.

Déjà par les sentiers où s’étouffe un soupir,
Au profond des taillis où l’eau pure murmure,
Dans le soir où l’on sent le sommeil s’assoupir,

Les couples d’amoureux dont la jeunesse mûre
Tressaille de désir sous la sève d’été
S’arrêtent en oyant remuer la ramure

Et hument dans l’air lourd la langueur du Léthé.

(Stuart Merrill)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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Visions marines (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019




Visions marines

La mer s’assoupit près du rivage las
L’île s’étire avant de s’endormir
et bercée par le bruit des vagues échevelées
fait le rêve de flotter jusqu’au rivage
pour l’étreindre

Tandis que le sable sec meurt de soif
l’horizon se baigne dans la mer

J’entends hurler la meute des vents
qui accourent du large et poursuit
le troupeau effrayé des flots
qui bêle lamentablement

Les mouettes couvrent le ciel
comme des marguerites dans un pré
et leurs ailes protègent la plage
d’un soleil trop ardent
dans l’ombre de leur vol

La plage ourle le rivage
d’une marge de sable
sous un ciel ponctué d’oiseaux
et la vague pétille
comme une mousse joyeuse

Un cormoran rase la vague
d’une mer hirsute
alors qu’une barbe d’écume
cache le menton de l’îlot

Un navire efface l’horizon
qui disparaît dans son sillage

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Tu me seras fidèle (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018




    
Ô mon Dieu,
Tu donnes la lumière, la joie de Toi pendant le jour,
mais pendant la nuit, simplement, fidèlement, sans joie ni lumière, Tu es là.

Dans ma fatigue à ras de terre,
quand je suis trop faible pour aimer Dieu ni homme.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans mon usure, quand je ne vois plus clair, que mon cœur se refroidit,
que ma dernière vertu à bout de forces s’assoupit et somnole comme une vieille femme.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans ma nuit la plus noire, dans le gouffre terrible où Dieu se renverse,
où la foi s’écroule comme un château de nuages, où il n’y a plus trace d’espérance sur la terre comme au ciel.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans la mort où tout disparaît, dans la nuit de la mort
où l’âme n’a plus ni espace, ni temps, dans le rien où je ne trouverai plus moi ni personne.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Amen

(Marie Noël)

 

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Où donc m’assoupir dans cet état d’ivresse (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Où donc m’assoupir
dans cet état d’ivresse –
la fleur de lotus

***

yoi fushi no
tokorowa koko ka
basu no hana

(Ryôkan)

Illustration

 

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Quand tu contemples une rose (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Quand tu contemples une rose
qui a blessé un mur et que tu te dis :
J’ai bon espoir de guérir du sable,
ton cœur verdit…

Quand, par une journée belle comme une icône,
tu accompagnes une femme au cirque
et que tu es convié à la danse des chevaux,
ton cœur rougit…

Quand tu comptes les étoiles, que tu te trompes
après la treizième et que tu t’assoupis
comme l’enfant
dans la bleuité de la nuit,
ton cœur blanchit…

Quand tu marches et
que tu ne
trouves pas
le songe
allant devant toi comme l’ombre,
ton cœur jaunit…

*

When You Gaze Long

When you gaze long at a rose
that has wounded a wall, you say to yourself:
I hop e for a cure ftom the sand.
Your heart turns green…

When you take a woman to the circus,
a woman whose day is lovely as an icon…
and you dismount like a guest to the horse’s prance.
your heart turns red…

When you count the stars, and make a mistake after
thirteen, and you doze like a child
in the blue of the night,
your heart turns white…

When you journey, and do not find the dream
that walks before you like a shadow,
your heart turns yellow…

(Mahmoud Darwich)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

 

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Cire ou miel ou eau (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration: Marie-Hélène Stokkink
    
Cire ou miel ou eau
très douce mais ferme
quand la source qui dort,
brusquement caressée,
jette en avant semence
à l’air libre, et le corps
s’assoupit tout à coup.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Dormir sept ans
Traduction:
Editions: De la Différence

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NUIT (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



    

NUIT

Le jour las décline vers la nuit,
le roulis de la houle s’est assoupi,
le soleil s’est éteint, et la lune
songeuse, glisse sur le monde.
La plaine en silence écoute
le murmure du ruisseau paisible.
La forêt sombre, penchée, somnole,
un rossignol lance ses trilles.
Tout ouïe et caressant
le fleuve chuchote avec ses rives.
On entend au-dessus de l’eau
le joyeux froissement des roseaux.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Idylle (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



Idylle

Dans le matin vermeil
Tu cueilles
Des coupes de feuilles
Pour boire le soleil

Tu rapièces ta robe
Avec des pièces de nuages
En me souriant en cachette

Tu ris dans la lumière
Et dans le vent salé
Ou sous la pluie des lampes

Je dessine sur toi
De beaux oiseau de proie
Et mille gouttes d’eau

Les mouettes écrivent
Sur les pages du toit
Des récits de voyages
Que nous lirons ensemble

La porte est ouverte
Ecoute le rire de la mer
Vois le ciel enlacer la vague
Et le jour s’assoupir

Le rivage bâille comme un coquillage
Tu pourras poser ta tête
Sur le sein de la nuit
Contre la mienne.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: François-Joseph Durand

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