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Poésie

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Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude. Ils ne sont pas
forcément méchants, ils ne sont pas forcément sournois. La
solitude s’abat sur eux comme l’aigle fond sur sa proie,
l’enfant sur sa glace, la glace dans sa main. On ne choisit
pas la solitude comme on choisit framboise: c’est elle,
framboise, qui vous choisit comme cône.

La solitude n’est pas une maladie, elle ne s’attaque pas
aux fonctions vitales. Pas de symptôme, pas de traitement:
autour de soi le lien se défait et l’on reste seul au bord
de la route, dans le fossé, comme la casserole détachée du
pare-choc arrière de la voiture des jeunes mariés, avec
quelques éraflures sur le manche.

La solitude crée le personnage du solitaire, comme la mort
crée le mort. Elle lui donne ce nom que lui-même porte comme
une croix:

– Tiens, voilà le solitaire.

(On entend un bruit de casserole)

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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Les jours de pluie (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2016



Les jours de pluie le poids du chat
Est plus lourd sur mon bras
La lumière est pâle et si les oiseaux chantent
Les notes éparses s’attaquant à la distance
Sont happées par le vide entre les arbres
Sans le liant du soleil les choses retombent
Loin en elles-mêmes et comme du fond d’un puits
Renvoient un bruit de chute par le cercle des murs

Et par quelle corde se hisser jusqu’au bleu ?

(Heather Dohollau)

 

 

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On me frôle sans m’approcher (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2015



Je regarde et je vois.

Tout à coup
Quelque chose se passe

Qui s’attaque
A ce que je vois,

L’éloigne et l’approche,
L’enfonce et l’élève.

Je touche sans toucher,
On me frôle sans m’approcher.

(Guillevic)

Illustration: ArbreaPhotos

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CHANT DU FEU VAINQUEUR DU FEU (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



CHANT DU FEU
VAINQUEUR DU FEU

Ce feu prenait dans la chair
Et l’aube était son égale
Ce feu prenait dans les mains
Dans le regard dans la voix
ll me faisait avancer
Et je brûlais le désert
Et je caressais ce feu
Feu de terre et de terreur
Contre les terreurs de la nuit
Contre les terreurs de la cendre
Un feu comme une ligne droite
Un feu fatal dans les ténèbres
Comme un pas dans la poussière
Un feu vocal et capital
Qui criait par-dessus les toits

Au feu la mort

Ce feu prenait dans la chair
Ce feu s’en prenait aux chaînes
Aux chaînes et aux murs aux bâillons aux serrures
Aux aveugles aux larmes
Aux naissances infirmes
À la mort que j’avais méchamment mise au monde
Un feu qui s’attaquait aux étoiles éteintes
Aux ailes chues aux fleurs fanées
Un feu qui s’attaquait aux ruines
Un feu qui réparait les désastres du feu

(Paul Eluard)

 

 

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