Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘saut’

COMME LES CAILLOUX (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



 

COMME LES CAILLOUX

Comme les cailloux
Que font danser sur l’eau calme
Les enfants des pêcheurs
Et qui font parfois deux sauts
Et parfois vingt
Ainsi je ne sais point
Jusqu’où mon coeur lancé
Par ta main douce
Se rendra palpiter
Sur l’eau grise
Des jours que j’ai cessé d’appeler
Ma jeunesse…

(Gilles Vigneault)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC

Entre deux battements
d’ailes.

Entre deux sauts
du temps.

Entre deux querelles
d’atomes.

Entre deux mots
du poème.

Entre deux paumes
de hasard.

Entre deux regards
qui sèment.

Le centre.

(Jean Mambrino)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

MOUVEMENT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2020



Illustration: Hélène Grasset
    
MOUVEMENT

Si tu es la jument d’ambre
je suis le chemin de sang
Si tu es la première neige
je suis celui qui allume le brasier de l’aube
Si tu es la tour de la nuit
je suis le clou brûlant dans ton front
Si tu es la marée du petit matin
je suis le cri du premier oiseau
Si tu es le panier d’oranges
je suis le couteau de soleil
Si tu es l’autel de pierre
je suis la main sacrilège
Si tu es la terre couchée
je suis le roseau vert
Si tu es le saut du vent
je suis le feu enterré
Si tu es la bouche de l’eau
je suis la bouche de la mousse
Si tu es la forêt de nuages
je suis la hache qui les fend
Si tu es la ville profanée
je suis la pluie de consécration
Si tu es la montagne jaune
je suis les bras rouges du lichen
Si tu es le soleil qui se lève
je suis le chemin de sang

(Octavio Paz)

 

Recueil: Le feu de chaque jour précédé e Mise au net et D’un mot à l’autre
Traduction: Claude Esteban – Roger Cailloix – Jean-Claude Masson
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ECHO (Sultan Catto)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2019



Illustration: Tineke Storteboom 
    
ECHO

Regarder dans sa mémoire, âme qui défie la gravité,
chercher la lumière, rêvant de fleurs de lavande bleue,
contempler les gouttes de pluie qui filent flottant dans l’air
et de l’autre côté conquièrent et reflètent l’univers.

Pouvons-nous faire un saut de quantum,
avancer d’un pas,
ensemble observer l’avenir et revenir,
jeter un coup d’œil sur la théorie de toutes choses ?

Aujourd’hui nous avons tous deux besoin de quelques ficelles,
d’une poignée de rêves agréables, mystérieux, algébriques,
de sentiers minuscules le long d’un espace poétique
et d’un petit trou noir pour nous y emmener

***

ECHO

peer into its memory, soul defying gravity,
visit light dreaming on blue petaled lavender,
watch the spinning raindrops suspended in air
capturing and reflecting the universe beyond.

Can we make a quantum jump,
take a step forward,
observe the future together and return,
have a glimpse at theory of everything?

What we both need today is a few strings,
some sweet, mysterious algebraic dreams,
miniature pathways along poetics of space
and a tiny black hole to give us a ride.

***

ECHO

En su memoria, desafiando el alma la gravedad,
visitar la luz, soñando sobre pétalos azules de lavanda,
ver las gotas de lluvia girando suspendidas en el aire
capturando y reflejando el universo más allá.

¿Podemos dar un salto cuántico,
ir un paso por delante,
observar el futuro juntos y regresar,
vislumbrar la teoría de todo?

Lo que ambos necesitamos hoy son unas cuerdas,
algunos dulces, misteriosos sueños algebraicos,
mínimas sendas surcando la poética del espacio
y un pequeño agujero negro que nos lleve.

***

ECHO

in haar geheugen kijken, de ziel die de zwaartekracht tart,
licht zoeken, dromend op blauwe lavendelbloesems,
kijken naar de spinnende regendruppels zwevend in de lucht
die het universum aan gene zijde veroveren en weerspiegelen.

Kunnen we een kwantumsprong maken,
een stap voorwaarts doen,
samen de toekomst observeren en terugkeren,
een kijkje nemen in de theorie van alle dingen?

Wat we vandaag allebei nodig hebben zijn een paar touwtjes,
een handvol lieve, mysterieuze, algebraïsche dromen,
kleine paadjes langs een poëtische ruimte
en een klein zwart gat om ons een lift te geven.

***

ECO

Scruta la sua memoria, anima che si oppone alla gravità,
visita il sogno della luce su petali blu di lavanda,
osserva il girare delle gocce di pioggia sospese nell’aria
catturare e riflettere l’universo remoto.

Possiamo fare un salto quantico,
avanzare di un passo,
osservare il futuro tutto insieme e ritornare,
intravedere la teoria del tutto?

Ciò di cui entrambi abbiamo bisogno è qualche stringa,
dolci, misteriosi sogni algebrici,
sentieri in miniatura attreverso le poetiche dello spazio
e un piccolo buco nero per darci un passaggio.

***

ECO

Entrevia na memória o desafio à gravidade,
visita à luz dos sonhos, pétalas azuis,
a alfazema, vendo a gota girar no ar
capturando o reflexo do mundo além.

Nós podemos fazer um salto quântico,
um passo à frente.
observando o futuro juntos, que retorna,
tendo a iluminação da teoria e tudo?

O que nós precisamos hoje são as linhas,
algum suave e misterioso sonho algébrico,
pequenas vias sobre a poética do espaço
e um buraco negro ínfimo que nos leve adiante.

***

ECOU

Să explorezi a gravitației memorie, de spirit sfidătoare,
cătând după visata lumină azurie a florii de lavandă
și contemplând învolburații stropi de ploaie
să vezi cum prind și oglindesc spațiul de dincolo.

De-am izbândi să întreprindem saltul cuantic,
menitul pas departe să ne poarte,
afla-vom împreună viitorul, dar ne-am putea întoarce oare
având astfel știință de teoria întregii noastre firi?

Doar ceva corzi azi nouă ne lipsesc,
și-algebrice, din dulci visări mistere,
spre poezia spațiului, subțirile cărări
și-o neagră gaură infimă, să ne deschidă drum.

***

回 声


窥视它的记忆, 灵魂抗拒地心引力,
访光梦蓝瓣薰衣草上,
观察雨丝悬挂空气中
获并反射宇宙之外


我们能否做到突飞猛进,
向前迈一步,
一起观察未来并回归,
看一眼万物的理论?


今天我们都需要的是几根弦
一些甜蜜、神秘的代数梦想,
沿着空
间诗学和一个小黑洞
微型
通道以送我们一程
***

***

ΗΧΩ

Ψάξε μες στη μνήμη, ψυχή που αψηφεί βαρύτητα
φως που ονειρεύεται το γαλάζια πέταλα λεβάντας
πρόσεξε τις σταγόνες που στροβιλίζονται στον αέρα
κι αντανακλούν την οικουμένη συλλαμβάνοντας

θα μπορούσαμε άραγε να κάνουμε το κβαντικό άλμα
ένα βήμα προς τα μπρος
να παρατηρήσουμε το μέλλον επιστρέφοντας
μια ματιά να ρίξουμε στν θεωρία του όλου;

Αυτό που χρειαζόμαστε σημερα είναι μερικά
γλυκά μυστηριώδη μαθηματικά όνειρα
μικροσκοπικά μονοπάτια στον ποιητικό χώρο
και μια μικρή οπή να μας παρει μαζί της

(Sultan Catto)

 

Recueil: ITHACA 603
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / USA / Espagnol Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Chinois William Zhou / Hébreu Dorit Wiseman / Grec Manolis
Aligizakis /
Editions: POINT

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vie a noué sa cravate (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
La vie a noué sa cravate,
s’est aspergée d’eau de Cologne
et s’en est allée au théâtre.

Elle a chaussé ses lunettes
– la vie est un peu myope –
et s’est mise à observer la scène.

Au premier acte, sur le plateau,
c’était une fête exceptionnelle,
une fête comme elle n’en avait jamais vu.

Des amoureux apparaissaient
qui parlaient un langage tel que la vie, depuis qu’elle vit,
n’en avait jamais entendu.

Dieu, la vie ouït-elle jamais de pareils propos !
Au deuxième et au troisième acte survinrent des malheurs
si originaux que la vie dut ôter ses lunettes pour les essuyer.

Jamais, en nul lieu, en nul temps,
la vie n’avait vu des gens se comporter de cette façon.
Le rideau est tombé sur le dernier acte
et la vie a applaudi, crié bravo.

Quand la vie a quitté la représentation, il était déjà tard.
Elle a comparé ce qu’elle avait vu au théâtre
et en a conclu que la vie ne sait pas du tout vivre.
Qu’il lui faudrait, de temps à autre, faire un saut au théâtre
pour apprendre comment les gens se comportent,
afin de savoir quoi faire en des circonstances analogues.

Et, depuis lors, la vie va régulièrement au théâtre,
et la vie devient chaque jour plus intéressante,
meilleure, plus raffinée, plus dramatique.

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le petit écran (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



Dark-and-Mysterious-TV-Head-Scene13

Dans les musées italiens,
les petits écrans peints que le prêtre tenait devant le visage des condamnés
pour qu’ils ne voient pas l’échafaud.

Le saut existentiel, c’est le petit écran.

(Albert Camus)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce piano voyage en dedans (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2019




    
Ce piano voyage en dedans,
voyage par sauts joyeux.
Ensuite il médite, en repos ferré,
cloué par dix horizons.

Il avance. Il se traîne sous des tunnels,
plus loin, sous des tunnels de douleur,
sous des vertèbres qui fuguent naturellement.

D’autres fois, ses trompes vont,
lents et jaunes désirs de vivre,
vont s’éclipsant
et s’épouillent d’insectiles cauchemars
déjà morts pour le tonnerre, héraut des genèses.

Obscur piano qui guettes-tu
avec ta surdité qui m’entend,
avec ton mutisme qui m’assourdit ?

Oh pouls mystérieux.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ligne 9 (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Ligne 9

Ligne de vie
Je revisite l’Histoire entre Nation
Et République

Candide à Voltaire
Terrorisée à Robespierre
Je me réjouis à Bonne Nouvelle

Galeries Lafayette
Me voilà

Je me désaltère Rue de la Pompe
Je m’offre une fleur
À Jasmin
Des choux à Maraîchers

Un saut chez les Yankees
Par Franklin Roosevelt
Un bouillon de cultures à Strasbourg— Saint-Denis

Dents serrées je reste La Muette
Mais je me ferais bien une danse
Avec Marcel Sembat

Attention danger
Le canon rue des Boulets
La mort à Charonne
En 1962

Bienheureusement
Au long du parcours
Ils se relaient
Les quatre saints
Ambroise
Augustin
Philippe qui Roule
Et le Cloud du Pont

Pour nous garder
Sur la voie

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il n’y a pas de saut dans le vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019




    
Il n’y a pas de saut dans le vide.

Même si les anges n’existent pas pour nous soutenir
ni non plus des traverses de la pensée,
ni des relativisations ou des absolus
qui puissent nous retenir par les bras.

Il faut par avance gagner le vide,
le coloniser avec nos abandons
comme s’il était un territoire dépouillé
ou une nouvelle liberté jamais exercée.
Et cultiver à l’intérieur ses fragments flottants
qui s’entremêlent aux choses
pour leur apprendre à ne pas être.
Et presque sans le savoir
arriver à aimer le vide.
Ce qui est aimé nous soutient,
même si cela nous pousse vers l’abîme.

Un vide aimé
ne peut pas nous abandonner.
Et dans un vide non aimé
il n’est même pas possible de sauter.

***

No hay salto al vacío.

Aunque no existan ángeles para sostenernos,
ni tampoco travesaños de pensamiento,
ni relativizaciones o absolutos
que puedan retenernos de los brazos.

Hay que ganar el vacío desde antes,
colonizarlo con nuestros abandonos
como si lisera un despojado territorio
o una nueva libertad nunca ejercida.
Y cultivar adentro sus fragmentos flotantes,
que se entreveran con las cosas
para enseñarles a no ser.
Y casi sin saberlo,
llegar a amar el vacío.
Aquello que se ama nos sostiene,
aunque también nos empuje hacia el abismo.

Un vacío que se ama
no puede abandonarnos.
Y a un vacio que no se lo ama
no es posible ni siquiera saltar.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DEBOUT! (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
DEBOUT!

Il y a longtemps, bien longtemps,
dans la steppe je me suis redressée
j’ai levé la tête et, tête levée, j’ai regardé
j’ai vu, j’ai vu du bleu là au-dessus
un bleu profond par-dessus ma tête
la peur et le plaisir m’ont transpercée
aussitôt j’ai su qu’il faudra mourir
et j’ai su qu’un désir plus vaste que
mon corps allait durer, maintenant
inatteignable par le saut d’arbre en arbre
j’ai su qu’il ne me quitterait jamais
je fus heureuse aussi, crispée de nouveauté
et je cherche depuis le mot qui manque
et que j’appellai bleu, un mot donné
en abondance par tant d’espace et sa lumière
obscure en moi, alors sans bien savoir pourquoi
pour courir les chemins et dire sa magie
à sa rencontre j’ai commencé à inventer ma vie

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :