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Posts Tagged ‘saut’

Chats de partout (Henri Monnier)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

 

Chats de partout

Je suis le chat de cimetière,
De terrain vague et de gouttière,
De Haute-Egypte et du ruisseau
Je suis venu de saut en saut.

Je suis le chat qui se prélasse
A l’instant où le soleil passe,
Dans vos jardins et dans vos cours
Sans avoir patte de velours.

Je suis le chat de l’infortune,
Le trublion du clair de lune
Qui vous réveille dans la nuit
Au beau milieu de vos ennuis.

Je suis le chat des maléfices
Condamné par le Saint-Office ;
J’évoque la superstition
Qui cause vos malédictions.

Je suis le chat qui déambule
Dans vos couloirs de vestibules,
Et qui fait ses petits besoins
Sous la porte cochère du coin.

Je suis le félin bas de gamme,
La bonne action des vieilles dames
Qui me prodiguent le ron-ron
Sans souci du qu’en dira-t-on.

Epargnez-moi par vos prières
Le châtiment de la fourrière
Où finissent vos émigrés
Sans demeure et sans pedigree.

(Henri Monnier)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

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La stratégie de l’extase (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021



Illustration: Nathalie Mounier
    
La stratégie de l’extase

Esprit, fais-toi mer pour franchir la mer, nature pour surmonter la nature,
Mortel et agonisant pour devancer la mort et l’agonie.
Embrasse le monde afin de traverser le monde, d’absorber en toi tout l’espace et son temps !
Ton cœur fait monde, esprit, sans rien en retenir,
Par la grâce du saut léger te voilà sauvé de toi-même.
Mais le don ne s’achève qu’en te livrant à ce monde triste avec joie,
En t’y abandonnant dès aujourd’hui au risque de ta perte totale.
Au cœur de l’orage il y aura peut être un instant de rencontre:
Un seul éclair suffit, avant la dispersion mortelle dans la nuit.

(Claude Vigée)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Le vieux cheval (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020




    
Le vieux cheval, à l’orée de la plaine,
S’immobilise, se figeant en statue.
Lui qui enchaînait galop sur galop
N’est plus que muette attente du grand saut.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le lézard (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



Le lézard, s’il s’élance
sous la grande ardeur
d’entre les chaumes —

la voile, quand elle gonfle
et s’abîme au saut
du rocher —

le canon de midi
plus ténu que ton coeur
et le chronomètre s’il
se déclenche sans bruit —

alors? Lueur d’éclair

vainement vous transmue en chose
riche et singulière. Tout autre était ta marque.

***

Il ramarro, se scocca
sotto la grande fersa
dalle stoppie –

la vela, quando fiotta
e s’inabissa al salto
della rocca –

i1 cannone di mezzodi
più fioco del tuo cuore
e il cronometro se
scatta senza rumore –

e poi? Luce di lampo
invano puô mutarvi in alcunché
di ricco e strano. Altro era il tuo stampo.

(Eugenio Montale)

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ECHO (Sultan Catto)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Tineke Storteboom 
    
ECHO

Regarder dans sa mémoire, âme qui défie la gravité,
chercher la lumière, rêvant de fleurs de lavande bleue,
contempler les gouttes de pluie qui filent flottant dans l’air
et de l’autre côté conquièrent et reflètent l’univers.

Pouvons-nous faire un saut de quantum,
avancer d’un pas,
ensemble observer l’avenir et revenir,
jeter un coup d’œil sur la théorie de toutes choses ?

Aujourd’hui nous avons tous deux besoin de quelques ficelles,
d’une poignée de rêves agréables, mystérieux, algébriques,
de sentiers minuscules le long d’un espace poétique
et d’un petit trou noir pour nous y emmener

***

ECHO

peer into its memory, soul defying gravity,
visit light dreaming on blue petaled lavender,
watch the spinning raindrops suspended in air
capturing and reflecting the universe beyond.

Can we make a quantum jump,
take a step forward,
observe the future together and return,
have a glimpse at theory of everything?

What we both need today is a few strings,
some sweet, mysterious algebraic dreams,
miniature pathways along poetics of space
and a tiny black hole to give us a ride.

***

ECHO

En su memoria, desafiando el alma la gravedad,
visitar la luz, soñando sobre pétalos azules de lavanda,
ver las gotas de lluvia girando suspendidas en el aire
capturando y reflejando el universo más allá.

¿Podemos dar un salto cuántico,
ir un paso por delante,
observar el futuro juntos y regresar,
vislumbrar la teoría de todo?

Lo que ambos necesitamos hoy son unas cuerdas,
algunos dulces, misteriosos sueños algebraicos,
mínimas sendas surcando la poética del espacio
y un pequeño agujero negro que nos lleve.

***

ECHO

in haar geheugen kijken, de ziel die de zwaartekracht tart,
licht zoeken, dromend op blauwe lavendelbloesems,
kijken naar de spinnende regendruppels zwevend in de lucht
die het universum aan gene zijde veroveren en weerspiegelen.

Kunnen we een kwantumsprong maken,
een stap voorwaarts doen,
samen de toekomst observeren en terugkeren,
een kijkje nemen in de theorie van alle dingen?

Wat we vandaag allebei nodig hebben zijn een paar touwtjes,
een handvol lieve, mysterieuze, algebraïsche dromen,
kleine paadjes langs een poëtische ruimte
en een klein zwart gat om ons een lift te geven.

***

ECO

Scruta la sua memoria, anima che si oppone alla gravità,
visita il sogno della luce su petali blu di lavanda,
osserva il girare delle gocce di pioggia sospese nell’aria
catturare e riflettere l’universo remoto.

Possiamo fare un salto quantico,
avanzare di un passo,
osservare il futuro tutto insieme e ritornare,
intravedere la teoria del tutto?

Ciò di cui entrambi abbiamo bisogno è qualche stringa,
dolci, misteriosi sogni algebrici,
sentieri in miniatura attreverso le poetiche dello spazio
e un piccolo buco nero per darci un passaggio.

***

ECO

Entrevia na memória o desafio à gravidade,
visita à luz dos sonhos, pétalas azuis,
a alfazema, vendo a gota girar no ar
capturando o reflexo do mundo além.

Nós podemos fazer um salto quântico,
um passo à frente.
observando o futuro juntos, que retorna,
tendo a iluminação da teoria e tudo?

O que nós precisamos hoje são as linhas,
algum suave e misterioso sonho algébrico,
pequenas vias sobre a poética do espaço
e um buraco negro ínfimo que nos leve adiante.

***

ECOU

Să explorezi a gravitației memorie, de spirit sfidătoare,
cătând după visata lumină azurie a florii de lavandă
și contemplând învolburații stropi de ploaie
să vezi cum prind și oglindesc spațiul de dincolo.

De-am izbândi să întreprindem saltul cuantic,
menitul pas departe să ne poarte,
afla-vom împreună viitorul, dar ne-am putea întoarce oare
având astfel știință de teoria întregii noastre firi?

Doar ceva corzi azi nouă ne lipsesc,
și-algebrice, din dulci visări mistere,
spre poezia spațiului, subțirile cărări
și-o neagră gaură infimă, să ne deschidă drum.

***

回 声


窥视它的记忆, 灵魂抗拒地心引力,
访光梦蓝瓣薰衣草上,
观察雨丝悬挂空气中
获并反射宇宙之外


我们能否做到突飞猛进,
向前迈一步,
一起观察未来并回归,
看一眼万物的理论?


今天我们都需要的是几根弦
一些甜蜜、神秘的代数梦想,
沿着空
间诗学和一个小黑洞
微型
通道以送我们一程
***

***

ΗΧΩ

Ψάξε μες στη μνήμη, ψυχή που αψηφεί βαρύτητα
φως που ονειρεύεται το γαλάζια πέταλα λεβάντας
πρόσεξε τις σταγόνες που στροβιλίζονται στον αέρα
κι αντανακλούν την οικουμένη συλλαμβάνοντας

θα μπορούσαμε άραγε να κάνουμε το κβαντικό άλμα
ένα βήμα προς τα μπρος
να παρατηρήσουμε το μέλλον επιστρέφοντας
μια ματιά να ρίξουμε στν θεωρία του όλου;

Αυτό που χρειαζόμαστε σημερα είναι μερικά
γλυκά μυστηριώδη μαθηματικά όνειρα
μικροσκοπικά μονοπάτια στον ποιητικό χώρο
και μια μικρή οπή να μας παρει μαζί της

(Sultan Catto)

 

Recueil: ITHACA 603
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / USA / Espagnol Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Chinois William Zhou / Hébreu Dorit Wiseman / Grec Manolis
Aligizakis /
Editions: POINT

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COMME LES CAILLOUX (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



 

COMME LES CAILLOUX

Comme les cailloux
Que font danser sur l’eau calme
Les enfants des pêcheurs
Et qui font parfois deux sauts
Et parfois vingt
Ainsi je ne sais point
Jusqu’où mon coeur lancé
Par ta main douce
Se rendra palpiter
Sur l’eau grise
Des jours que j’ai cessé d’appeler
Ma jeunesse…

(Gilles Vigneault)

 

 

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LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC

Entre deux battements
d’ailes.

Entre deux sauts
du temps.

Entre deux querelles
d’atomes.

Entre deux mots
du poème.

Entre deux paumes
de hasard.

Entre deux regards
qui sèment.

Le centre.

(Jean Mambrino)

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MOUVEMENT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2020



Illustration: Hélène Grasset
    
MOUVEMENT

Si tu es la jument d’ambre
je suis le chemin de sang
Si tu es la première neige
je suis celui qui allume le brasier de l’aube
Si tu es la tour de la nuit
je suis le clou brûlant dans ton front
Si tu es la marée du petit matin
je suis le cri du premier oiseau
Si tu es le panier d’oranges
je suis le couteau de soleil
Si tu es l’autel de pierre
je suis la main sacrilège
Si tu es la terre couchée
je suis le roseau vert
Si tu es le saut du vent
je suis le feu enterré
Si tu es la bouche de l’eau
je suis la bouche de la mousse
Si tu es la forêt de nuages
je suis la hache qui les fend
Si tu es la ville profanée
je suis la pluie de consécration
Si tu es la montagne jaune
je suis les bras rouges du lichen
Si tu es le soleil qui se lève
je suis le chemin de sang

(Octavio Paz)

 

Recueil: Le feu de chaque jour précédé e Mise au net et D’un mot à l’autre
Traduction: Claude Esteban – Roger Cailloix – Jean-Claude Masson
Editions:

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La vie a noué sa cravate (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
La vie a noué sa cravate,
s’est aspergée d’eau de Cologne
et s’en est allée au théâtre.

Elle a chaussé ses lunettes
– la vie est un peu myope –
et s’est mise à observer la scène.

Au premier acte, sur le plateau,
c’était une fête exceptionnelle,
une fête comme elle n’en avait jamais vu.

Des amoureux apparaissaient
qui parlaient un langage tel que la vie, depuis qu’elle vit,
n’en avait jamais entendu.

Dieu, la vie ouït-elle jamais de pareils propos !
Au deuxième et au troisième acte survinrent des malheurs
si originaux que la vie dut ôter ses lunettes pour les essuyer.

Jamais, en nul lieu, en nul temps,
la vie n’avait vu des gens se comporter de cette façon.
Le rideau est tombé sur le dernier acte
et la vie a applaudi, crié bravo.

Quand la vie a quitté la représentation, il était déjà tard.
Elle a comparé ce qu’elle avait vu au théâtre
et en a conclu que la vie ne sait pas du tout vivre.
Qu’il lui faudrait, de temps à autre, faire un saut au théâtre
pour apprendre comment les gens se comportent,
afin de savoir quoi faire en des circonstances analogues.

Et, depuis lors, la vie va régulièrement au théâtre,
et la vie devient chaque jour plus intéressante,
meilleure, plus raffinée, plus dramatique.

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le petit écran (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



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Dans les musées italiens,
les petits écrans peints que le prêtre tenait devant le visage des condamnés
pour qu’ils ne voient pas l’échafaud.

Le saut existentiel, c’est le petit écran.

(Albert Camus)

 

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