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Poésie

Posts Tagged ‘sauterelle’

Craintive sauterelle (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019


sauterelle

Craintive sauterelle,
vous qui sautez si haut,
priez pour nous
lorsque vous retombez

(René Char)

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Signe d’aucun signe (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

univers

Signe d’aucun signe où l’art pense à tout, pourquoi ton cri : Univers?
Que brille le jour de dire la vérité mésodique par le chant dans le recul de la mémoire-avenir.
Comète, viens à nous dans le tourbillon des âges !
Allons par maints détours jusqu’aux esquisses des continents.
Nous rêvons un autre monde sans sauterelles ni cafards.
Adieu ! rosier mal taillé à l’insu des parfums.
Là-bas dans le ciel bleu de hautes Ecritures je vais rencontrer ma vie.
Elle a peut-être quelque chose à dire.

(Georges Libbrecht)

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Si la vache (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019



    
Si la vache avançait par bonds,
l’appellerait-on sauterelle?

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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Guimauve (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



Guimauve

Sur la terre, la Guimauve n’avait cherché qu’à développer ses instincts de bienfaisance.
Longtemps elle avait exercé l’état de garde-malade.
Préparer des tisanes était son suprême bonheur.
Souvent, lorsqu’elle se promenait dans la campagne,
si elle rencontrait une sauterelle accablée par la chaleur,
faisant la sieste dans un sillon, ou une grenouille tapie dans les joncs,
elle trouvait que la sauterelle et la grenouille avaient l’air d’être malades,
et elle les emportait au logis pour les soigner.
Elle poussait le dévoûment jusqu’à la monomanie.

Lasse du monde où, disait-elle, personne ne se croyait malade,
elle s’était retirée dans un couvent où on lui avait donné la direction en chef de l’infirmerie,
emploi fort important dans un lieu où, ne sachant comment tuer le temps,
on le passe souvent à se croire malade.
Aussi, la Guimauve bénissait-elle tous les jours sa nouvelle position.
Comme la panacée, son remède universel, était la Guimauve,
qu’elle voulait qu’on prit sous toutes les formes,
tisane, pâte, etc., etc, les jeunes religieuses l’appelaient en riant soeur Guimauve,
ce surnom avait fini par lui rester.

(J.J. Grandville)

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Guêpe (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



    

Guêpe sur la goutte de miel,
Sauterelle sur l’épi,
À la crête du lieu-instant,
Âpre quête d’une vie.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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La maison nocturne (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




Nous sommes entrés
dans
la
maison nocturne,
vaste, blanche, entrouverte,
entourée,
comme une île,
par la profondeur des feuillages
et les vagues
claires
de la lune.
Nos souliers dans les escaliers
réveillaient
d’autres pas
anciens,
l’eau
en frappant
le lavabo
voulait
dire quelque chose.

A peine
éteintes les lumières,
les draps
s’unirent en palpitant
à nos sommeils.
Tout
avait tournoyé
au centre
de la maison dans les ténèbres
subitement réveillée
par de brutaux
voyageurs.

Alentour,
sauterelles,
vaste lune,
ombre,
espace, solitude
pleine d’êtres,
et silence
sonore…

Alors la maison
a éteint ses yeux,
refermé toutes
ses ailes,
et nous avons dormi.

(Pablo Neruda)

 

 

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L’APOCALYPSE (Kôichi Kihara)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



 

L’APOCALYPSE
MOKUJI

(En 1945, en même temps que beaucoup
de gens une jeune fille a été tuée par la
bombe atomique larguée sur Hiroshima.
Une partie de son corps est restée sur la
Terre, reflet fidèle du visage de la victime.)

Je ne suis pas un visage humain
épinglé à un morceau de gaze à pansement
nul n’a besoin de me faire taire

l’uranium m’est resté entre les dents
le plutonium grouille au bout de mes narines
l’hélium brille dans les orbites de mes yeux invisibles
des pluies de poison ont inondé
le monde d’aujourd’hui
à peine un petit écueil

je ne suis qu’une cendre d’un bout d’homme
dormant sur un morceau de gaze à pansement
mes autres parties perdues m’appellent par-delà l’horizon

regarde les nuages d’uranium
qui transpercent la terre et la mer de ténèbres
écoute la pluie d’hélium
qui tombe sur les toits et les fenêtres de silence

enfant d’homme
ne péris pas de ta propre main

les êtres vivants d’aujourd’hui
sauterelles qui s’avancent dans les champs dévastés

(Kôichi Kihara)

 

 

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Le jardin musical (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Le jardin musical

Qui entend bien l’amour
Plante fleurs en l’oreille.
Et chante l’alouette
Au plus haut de l’été.

Ce sont là semaisons
De notes de musique
Sur l’étrange portée
Des bordures de thym.

Romarin des abeilles,
Calices des bourdons,
Herbes des sauterelles,
Palais d’ambre et de sucre.

Des couleurs symphoniques,
Des caresses qui voient.
Jusqu’au sommeil des rêves
Qui refuse la nuit.

Je dirai l’odyssée
D’une chaste pervenche,
Je conterai l’histoire
De ce brin d’herbe jaune.

Muguet, mon clavecin.
Lavandin, mon pipeau.
Orange, ma guitare.
Chêne, ma contrebasse.

Je m’enivre des mots
Qui chantent les parfums
Dans ce jardin si jeune
Qu’il est d’éternité.

Ainsi tout un orchestre
Pour éblouir le jour.
Qui entend bien la terre
Ne connaît pas le froid.

(Robert Sabatier)

Illustration: Josephine Wall

 

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Une sauterelle saute sous mes pas (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



    

une sauterelle saute sous mes pas :

ne porte-t-elle pas, elle aussi,
plus loin le monde ?

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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LES CHEVEUX BLANCS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018




    
LES CHEVEUX BLANCS
Tin-Tun-Ling

Les sauterelles vertes poussent en même temps que le blé ;
ainsi, dans la belle saison, les jeunes gens boivent et folâtrent.

Mais ceux dont l’esprit s’élève, deviennent bientôt tristes,
car les nuages noirs se balancent à moitié chemin du ciel.

Les hirondelles noires s’en vont ; les cigognes blanches arrivent ;
ainsi les cheveux blancs suivent les cheveux noirs ;

Et c’est une règle unique, sur toute la terre ;
comme il n’y a qu’une lune, dans le ciel.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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