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Poésie

Posts Tagged ‘sautiller’

Marines (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Marines

1

Sirène énigmatique
Et égérie des marins
Tu tiens tout un port dans ta main
Avec tous les navires
Voiles et cheminées
En instance de départ
Amarres bientôt larguées.
Tu refermes la main sur la rade
Et la mer s’éloigne
En agitant le ciel
Tandis que les oiseaux donnent des coups de bec
A la brise du large.
Une ombre de paix se déploie sur la muraille.
Sirène énigmatique
Et égérie des marins
La vague déjà froide te flatte le bas du corps
Tu la chevauches et elle t’enlace
Tu redeviens la fille de l’écume.

2

Beauté délicate
Sous la lumière de la lampe
Et près d’un feu généreux
Tu écoutes l’ombre s’avancer
Et tu finis par la toucher.

Dans le luxe du printemps
Où le jour limpide
Eclaire un horizon de moissons.
Un sang juvénile coule en toi
Et ton regard s’imprègne
Tantôt du vert du feuillage
Tantôt du bleu de la mer
Quand tu foules le sable ravi
Où sautillent de joyeuses vagues
Ou que tu traverses une forêt

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Herbert James Draper

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Sautillant sur l’eau (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019




    
Sautillant sur l’eau
avant de s’unir à elle
les gouttes de pluie.

***

Op het water dansend
vóór ze er één mee worden
de regendruppels

***

Bailan sobre el agua
antes de unirse con ella
gotas de lluvia

***

Dancing on water
before they begin to merge
the joyous raindrops

***

Ballan sull’acqua
prima di mescolarsi
gocce di pioggia

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Je ne sais pas danser sur mes Orteils (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



Je ne sais pas danser sur mes Orteils —
Nul Homme ne m’a instruite —
Mais maintes fois, en pensée,
Une Jubilation me saisit,

Qui si j’étais Experte en Ballet —
Se traduirait en Cabriole
À faire pâlir une Troupe —
Ou rendre une Étoile, folle,

Et sans avoir de Robe de Tulle —
Ni de Frisottis, sur la Tête,
Ni sautiller pour des Publics — comme un Oiseau —
Une Griffe en l’Air —

Ni lancer mon corps en Boules d’Eider,
Ni rouler sur des roues de neige
Avant d’être hors de vue, dans le son,
Tant la Salle m’acclame —

Ni que l’on sache que je sais l’Art
Dont je parle — à l’aise — Ici —
Ni qu’aucune Affiche ne me vante —
C’est plein comme l’Opéra —

***

I cannot dance opon my Toes —
No Man instructed me —
But oftentimes, among my mind,
A Glee possesseth me,

That had I Ballet Knowledge —
Would put itself abroad
In Pirouette to blanch a Troupe —
Or lay a Prima, mad,

And though I had no Gown of Gauze —
No Ringlet, to my Hair,
Nor hopped for Audiences — like Birds —
One Claw opon the air —

Nor tossed my shape in Eider Balls,
Nor rolled on wheels of snow
Till I was out ofsight, in sound,
The House encore me so —

Nor any know I know the Art
I mention — easy — Here —
Nor any Placard boast me —
It’s full as Opera —

(Emily Dickinson)


Illustration: Edgar Degas

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LA CLÉ DES CHAMPS (Norge)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



LA CLÉ DES CHAMPS

Avec son panier d’escargots,
Fina, la pleutre, la douce, est là qui passe devant la chaumière du sorcier.
Rien qui bouge à l’intérieur, sinon le merle Myrtille
sautillant de crédence en perchoir avec son petit bruit de griffes…
Comme il fait beau, comme tout brille aux murs chaulés de la cuisine.
Fina regarde longtemps. Et quand elle se décide â rentrer au village,
les escargots ont pris la clé des champs
que Fina retrouve un peu plus loin dans l’herbe.

(Norge)

Illustration

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Le merle (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Alexia Guerra
    
Le merle

Un oiseau siffle dans les branches
Et sautille gai, plein d’espoir,
Sur les herbes, de givre blanches,
En bottes jaunes, en frac noir.

C’est un merle, chanteur crédule,
Ignorant du calendrier,
Qui rêve soleil, et module
L’hymne d’avril en février.

Pourtant il vente, il pleut à verse ;
L’Arve jaunit le Rhône bleu,
Et le salon, tendu de perse,
Tient tous ses hôtes près du feu.

Les monts sur l’épaule ont l’hermine,
Comme des magistrats siégeant.
Leur blanc tribunal examine
Un cas d’hiver se prolongeant.

Lustrant son aile qu’il essuie,
L’oiseau persiste en sa chanson,
Malgré neige, brouillard et pluie,
Il croit à la jeune saison.

Il gronde l’aube paresseuse
De rester au lit si longtemps
Et, gourmandant la fleur frileuse,
Met en demeure le printemps.

Il voit le jour derrière l’ombre,
Tel un croyant, dans le saint lieu,
L’autel désert, sous la nef sombre,
Avec sa foi voit toujours Dieu.

A la nature il se confie,
Car son instinct pressent la loi.
Qui rit de ta philosophie,
Beau merle, est moins sage que toi !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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OUTRANCE,OUTRAGE (Andrea Zanzotto)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration
    
OUTRANCE, OUTRAGE

Tu sautes, tu sautilles, friant pure-pure
dans le vide poussé outré
tu te fais plus lointaine
– somme toute – intangible,
somme toute,
toute,

(Andrea Zanzotto)

 

Recueil: La Beauté La Beltà
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: MAURICE NADEAU

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MON NOIR TOURMENT DE TOI (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018



MON NOIR TOURMENT DE TOI

De la saoule ténèbre au soleil méridien
Chaque fois que j’arrive à me tenir debout
Entre les morts pour un futur tranquillisant
Tout un jeu de poulies fait osciller le ciel

Dans le chaos des murs des enceintes de craie
J’appuie contre la nuit mon front troué de paille
Les oiseaux décharnés par la fièvre des îles
Blessent à coups de bec mon noir tourment de toi

La main abandonnée au vieil arceau denté
Ma douleur a nourri la mâchoire de squale
Ancrée à cet amour qui survit au malheur

Ecume primitive où naissent les soleils
Le jour à petits coups éponge la blancheur
De l’aube pour guetter la marche de la guerre

De toits en toits la peur sautille sur la ville
Serrée dans le corset des reines violées
Pour mourir sur le dur abdomen des galets

Sous les paupières nues les larmes vaticinent
Ton ombre sort de la giboyeuse mémoire.

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

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Un Oiseau, avança dans l’Allée (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Un Oiseau, avança dans l’Allée —
Je le voyais à son insu –
De son bec il coupa un Lombric
Qu’il avala, tout cru,

Puis, sur une Herbe à portée
Il but de la Rosée –
Puis, sautillant de biais jusqu’au Mur,
S’effaça devant un Scarabée -—

Il lançait des regards très vifs,
En hâte, tout alentour —
Ses yeux semblaient des Perles effarées,
Il secoua sa Tête de Velours. —

Comme en péril, Circonspect,
]e lui offris une Miette,
Alors il déplia ses plumes
Et rama vers son Nid –

Plus doucement que Rames, de l’Océan
Divisent l’argent lisse,
Ou que des Rives de Midi, plongent
Les Papillons, sans clapotis.

***

A Bird came down the Walk —
He did not know I saw —
He hit an Angle Worm in halves
And ate the fellow, raw,

And then, he drank a Dew
From a convenient Grass —
And then hopped sidewise to the Wall
To let a Beetle pass —

He glanced with rapid eyes,
That hurried all abroad —
They looked like frightened Beads, I though,
He stirred his Velvet Head —

Like one in danger; Cautious,
I offered him a Crumb,
And he unrolled his feathers,
And rowed him softer Home —

Than Oars divide the Ocean,
Too silver for a seam,
Or Butterflies, off Banks of Noon,
Leap, plashless as they swim.

(Emily Dickinson)


Illustration

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De ma persienne (Auguste Bonel)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2017



De ma persienne
hublot du cri séculaire
je regarde la rue foisonner d’odeurs
de mouvements où sautille l’abîme
en frénésie de revenant
douloureuse fraternité
que de se regarder
dans le mouvement des passants
comme une sensation extraite
de son propre corps

(Auguste Bonel)

 

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La Poésie (Raymond Dumaret)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



La Poésie

Aime l’école buissonnière,
Suit son bonhomme de chemin.
Charme l’oreille d’un refrain.
Flâne, le coeur en bandoulière.

Elle vous prend le bras pas fière.
Puis, vous accompagne un instant
Pour s’échapper en sautillant,
Libre, joyeuse, familière.

Poésie d’aujourd’hui: demain
Débordante de joies nouvelles,
Plus chaleureuse et sensuelle,
J’ai le béguin pour ton jardin.

Souvent mon esprit va vers Elle.
Je la devine m’attirant,
Avec ses yeux bleus m’envoûtant.
Elle m’ensorcelle la belle.

(Raymond Dumaret)


Illustration: Josephine Wall

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