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JE REVIENDRAI (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



JE REVIENDRAI

Un jour, voyageur — homme ou femme —,
plus tard, quand je ne vivrai plus,
cherche ici, cherche-moi
parmi la pierre et l’océan,
la tempétueuse clarté
de l’écume.
Cherche ici, cherche-moi
car je reviendrai ici sans rien dire,
sans voix, sans bouche, pur,
je reviendrai ici être le mouvement
de l’eau, de son
coeur sauvageon,
et je serai ici perdu et retrouvé :
ici peut-être je serai pierre et silence.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

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Feuilles mortes (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Feuilles mortes que le vent chasse en cette fin d’automne,
Vous êtes les signaux de la nature sauvageonne
Nous menant malgré nous vers des espaces sans message,
sans oiseaux, sans bourgeons pour égayer notre passage.

On n’entend que la vie, mais est-ce un cri ce craquement
Des feuilles sur le monde obéissant aux lois du vent?
N’est-ce pas plutôt cette peine offerte à tout vivant
Et que rien ne peut entraver puisque s’use le temps?

(Roger Foulon)

 

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Les fruits sauvages (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Les fruits sauvages

Si dans les bois vous rencontrez Prunelle,
Dites-lui donc que je veux la revoir.
Je lécherai le sang bleu de ses lèvres
Et de ses yeux je prendrai tout l’or noir.

Je la savais jalouse de Myrtille,
Mais à ce point, je ne l’aurais pas cru.
J’aime les fruits quand les fruits sont des filles
Pour les manger comme un ogre tout crus.

Ne dites pas à la tendre Noisette
Que mon espoir en elle est sauvageon.
Pour mieux l’aimer j’inventerai des fêtes
Car écureuil suis plus que de raison.

Je sais l’orée où se cache la Fraise
Sous une feuille ouverte par pudeur,
Mais en amour la fraise c’est la braise,
Elle a gardé la forme de mon coeur.

Si pour le charme il n’est que d’Aubépine,
En rougissant je me pique à son jeu.
Je ronsardise et la fais masculine
Pour être trois tout en n’étant que deux.

J’entends déjà cet orchestre de mûres
Sous le mistral donner d’autres concerts
Et moi j’écoute en battant démesure
La bouche rouge au sein du monde vert.

En ce temps-là, Prunelle aimait Myrtille
Et la Noisette à la Fraise rêvait.
Si l’Aubépine et la Mûre chantaient,
Je ne connus de filles si gentilles,
Tendres amours en de tendres forêts.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

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