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CHAQUE FOIS ON L’OFFRE (Maram Al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Berit Kruger Johnsen

CHAQUE FOIS ON L’OFFRE

Chaque fois on l’offre
oubliant ses anciennes douleurs
croyant qu’il va être sauvé cette fois-ci

On dissimule ses blessures avec de la couleur
on les décore avec des fleurs
et on le présente comme s’il était neuf
et commençait à battre
à l’instant

On jure
y croyant nous-mêmes
que nous n’avons jamais connu
de tels sentiments
tellement heureux de trouver
ce qui va
l’accepter
ce qui va
le chérir
et
peut-être
ce qui va le blesser
à nouveau.

(Maram Al-Masri)

Illustration: Berit Kruger Johnsen

 

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NAVARRENX (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

Navarrenx [1280x768]

NAVARRENX

Le coeur s’est refermé
Les mains se sont éteintes
Sous le toit défleuri
La misère qui tinte
Mais les oiseaux sauvés
La dernière clé d’or allumée sur la porte
Et les chiens d’aube qui rapportent
Quelques lambeaux d’été
Des plumes de lumière
Les cloches réveillées au fond de la rivière
Tout le ciel de côté

Chacun reprend courage
Et la route est partie sous l’aile de l’orage
L’homme sur sa chanson
Que le plus clair de nous éclaire ton visage

(René Guy Cadou)

Illustration: Navarrenx

 

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LES PRINTEMPS POSSIBLES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

Giuseppe Pellizza da Volpedo  rl

LES PRINTEMPS POSSIBLES

Je venais de tant de terres à la fois
Que la vie qui m’aima sut à peine me suivre.

Je taillais, je taillais des jours à nos mesures ;
Mais le sang de mon coeur n’avait pas de mesure,
Et nos soifs venaient de loin.

Ô mon compagnon des printemps possibles,
Nous sommes sans repos
Et notre amour sauvé.

(Andrée Chedid)

Illustration: Giuseppe Pellizza da Volpedo

 

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Vivant, vide (Jacques Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    
Vivant, vide
et déjà sauvé.

(Jacques Kerouac)

 

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Le souffle de lumière (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



    

Le souffle de lumière, le tremblement concentré
qui émane de certaines rencontres
contredit parfois sa propre brièveté

et s’étend comme une lente alchimie
sur tout le reste de la vie.

Posséder ainsi pour toujours
quelque chose que l’on n’eut jamais
et que l’on n’aura jamais,
change la condition de l’homme,
modifie ses limites.

Les mains se touchent parfois
et parfois n’y parviennent pas.
Mais les yeux se touchent
ou quelque chose qui est derrière les yeux.

Mais posséder ainsi, toucher ainsi,
réduit encore un coin d’éternité
et le fait tenir dans la cellule que nous occupons.

C’est peut-être là qu’est la sagesse de l’amour,
sauvée des incendies qui le dévastent.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Douzième poésie verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: De la Différence

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TERRE ET POÉSIE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



 

TERRE ET POÉSIE

La poésie, comme l’amour, charge de tout son contenu,
force à tous ses espaces le visage, le geste, le mot.
Sans elle, à l’instant d’être, ils seraient déjà morts —
ou cernés à jamais en leur étroite forme,
ce qui est mourir d’une autre façon.

Le roman prend corps pour ensuite se vêtir.
Prenant âme, la poésie demeure nue.

L’heure aride : des clefs sur la table et pas de porte à ouvrir.

La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu’on ne pense
de la vie, qui est toujours en deçà de l’instant qui frappe.

La poésie n’est pas la proie du poème.
Elle assiège et s’éclipse.
Nous laissant plus gravé dans l’argile, ou plus libre d’un anneau.

Lorsqu’on a pressenti, rien qu’une fois, l’immensité de l’aventure humaine,
on peut se demander quelle force nous retient dans l’étroit.
Quelle force est là, qui fait que nous poursuivons quand même la route
sans fomenter des bouleversements et sans abattre les murs ?
La poésie — si elle s’inscrit en nous — tout en admettant de nous regarder cheminer, nous délivre.

Parfois, se mirant dans l’un de nos destins,
elle nous découvre son envers terrestre qui est l’amour.
Alors, malgré les tiraillements, nous nous sentons sauvés ;
et en réalité nous le sommes, sauvés, ici et ailleurs.
Toujours un peu en amont du dernier poème vécu, la poésie ne saurait décevoir.
Je dis : un peu, car il faut apprivoiser l’impossible ;
vouloir qu’un passage existe, à portée de voix, à portée de regard.
Ce qui nous dépasse, et dont nous portons le grain aussi
certainement que nous portons notre corps, cela s’appelle : Poésie.

Le poème se nourrit de mouvements.
Son rythme est celui de la vague, son dessein est de traverser.

Hostile aux vérités à éclipses,
le poète n’est soucieux que de l’homme à la recherche de son visage enfoui.

La poésie est naturelle.
Elle est l’eau de notre seconde soif.

Il est vital pour le poète de lever des échos et de le savoir.
Nul mieux que lui ne s’accorde aux solitudes ;
mais aussi, nul n’a plus besoin que sa terre soit visitée.

Le poète séjourne hors des enceintes.
S’il ne rompait les digues,
comment joindrait-il ses terres à la terre, et la parole aux mots ?

Si l’appel du poème n’est pas contraignant, celui de la poésie est d’une haleine.
Fièvre perpétuelle qui brûle de devenir.

Pour en épeler les signes, la poésie endosse le monde dont elle est issue.
Mais à travers l’essaim des poèmes — intacte et pourtant remuée —
la poésie demeure au futur.

En sa terre labourée, le poète — pour un temps — s’apaise du cri qu’il pousse ;
poème dans sa nuit.

Le poète avance par saccades : coups d’aile et retombées.
L’expérience lui enseigne que la chute est le présage de l’essor ;
mais, au plus sombre d’une détresse, cette mémoire est de maigre secours.

Sauvegardons à ceux qui nous ont failli le mystère entier de leur visage.
Blessés et en cause, nous voici juges, les affublant du masque odieux.
Les faiblesses d’autrui, quand elles égratignent notre susceptible peau,
nous poussent à renier tout un passé d’entente.
Tourné vers la possession, nous sommes sans perspective et sans recours.

L’amour est toute la vie. Il est vain de prétendre qu’il y a d’autres équilibres.
Le dénué d’amour trace partout des cercles dont le centre n’est pas.

Le coeur se rit de l’absurde.
Sa vérité est au midi des contradictions.

L’amour comme la mort — qui naviguent hors du temps —
lissent nos fronts, affinent nos visages.
Au bord de ce qui est vaste, le regard n’erre plus.
Et le souffle, complice de l’angoisse et des jours, trouve enfin sa paix.

(Andrée Chedid)

 

 

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L’ÂGE D’OR (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2018



Illustration: Chaude Diy
    
L’ÂGE D’OR

Saison des feux des perles
Et mon amour en moi
Comme un arbre

O chair tracée à coups de fouet
Un jour
Les liens du sang défaits
Sauvée
Dans ta beauté de marbre

Mais tu vivras toujours dans ces lèvres qui chantent
Dans ces mains
Dans ces yeux tranquilles que je plante
Bien haut
Dans ceux de mon ami

Tu vivras
Soulevée de rayons et de lames
O chair
Et je dirai en caressant mes mains
Que soient bénis mes lendemains
Puisque j’ai pu sauver mes larmes.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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L’orée (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




Illustration: Anne Vignau
    
L’orée,

quelle ombre ailée de lumière
quel silence où veille l’oiseau
quel désir d’avant l’être
quel signe à la lisière de l’air
quelle saison hors du temps
pourraient l’inclure
où nous serions sauvés.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le coeur s’est refermé (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Magdala fe [800x600]

Le coeur s’est refermé
Les mains se sont éteintes
Sous le toit défleuri
La misère qui tinte
Mais les oiseaux sauvés
La dernière clé d’or allumée sur la porte
Et les chiens d’aube qui rapportent
Quelques lambeaux d’été
Des plumes de lumière
Les cloches réveillées au fond de la rivière
Tout le ciel de côté

Chacun reprend courage
Et la route est partie sous l’aile de l’orage
L’homme sur sa chanson
Que le plus clair de nous éclaire ton visage

(René Guy Cadou)

 Illustration

 

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Il était un petit navire (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




Il était un petit navire, (bis)

Qui n’avait ja, ja, jamais navigué (bis)
Ohé ! Ohé !

Il partit pour un long voyage (bis)
Sur la mer Mé, Mé, Méditerranée (bis)

Au bout de cinq à six semaines, (bis)
Les vivres vin, vin, vinrent à manquer (bis)

On tira z’à la courte paille (bis)
Pour savoir qui, qui, qui serait mangé (bis)

Le sort tomba sur le plus jeune (bis)
C’est donc lui qui, qui, qui fut désigné (bis)

On chercha alors à quelle sauce (bis)
Le pauvre enfant, fant, fant sera mangé (bis)

L’un voulait qu’on le mit à frire (bis)
L’autre voulait, lait, lait le fricasser (bis)

Pendant qu’ainsi on délibère, (bis)
Il monte en haut, haut, haut du grand hunier. (bis)

Il fait au ciel une prière (bis)
Interrogeant, geant, geant l’immensité. (bis)

Mais regardant la mer entière (bis)
Il vit des flots, flots, flots de tout côtés. (bis)

Oh ! Sainte Vierge ma patronne (bis)
Cria le pau, pau, pauvre infortuné. (bis)

Si j’ai pêché, vite pardonne, (bis)
Empêche les de, de ,de me manger. (bis)

Au même instant un grand miracle (bis)
Pour l’enfant fut, fut, fut réalisé. (bis)

Des p’tits poissons dans le navire, (bis)
Sautèrent par, par, par et par milliers. (bis)

On les prit, on les mit à frire, (bis)
Le jeune mou, mou, mousse fut sauvé (bis)

Si cette histoire vous amuse (bis)
Nous allons la, la, la recommencer. (bis)

(Anonyme)

Illustration: Laurence Cleyet-Merle

 

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