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Poésie

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Chaque soir vient le Sauveur (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



Chaque soir vient le Sauveur
vers celui qui sait l’attendre.
C’est lui qui viendra te prendre
dans la nuit des profondeurs.

Il marche sur l’eau du lac,
si on l’appelle au secours,
soutient celui que l’on traque,
dans les marais sans amour.

Il traverse les terreurs,
les angoisses des petits,
le silence de leurs cris,
la tristesse dont ils meurent.

Et ton coeur recru reçoit
tout le poids de leurs déboires,
la blessure qui les broie,
le divin baiser du soir.

(Jean Mambrino)


Illustration: Gustave Doré

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Durga Stotra (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
Durga Stotra

Mère Durga ! Chevalière au lion, donneuse de tous les pouvoirs, Mère,
bien-aimée de Shiva! Nous, la jeunesse du Bengale, nés de ta Puissance,
sommes réunis dans ton temple pour t’adresser notre prière.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! D’âge en âge, naissance après naissance, nous venons ici-bas
dans un corps humain, accomplissons ton oeuvre et regagnons le foyer de Ta Félicité.
Cette fois encore, en cette naissance, nous voici, consacrés à ton oeuvre.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Sois avec nous, notre Sauveuse !

Mère Durga! Chevalière au lion, trident en main, ton corps de beauté
couvert d’une armure, Mère, donneuse de victoire ! L’Inde attend ta venue,
impatiente de te voir sous ta forme de Grâce et de Bonté. Écoute, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Donneuse de force, d’amour, de connaissance !
Toi qui dans l’essence de ta nature es la Shakti-de-Puissance ! Ô Redoutable,
au double visage de Douceur et de Violence ! Dans la bataille de la vie,
dans la bataille de l’Inde, c’est toi qui nous as envoyés comme tes guerriers.

Ô Mère, accorde à nos coeurs et nos esprits l’énergie du Titan,
l’audace et la hardiesse du Titan dans toutes nos actions. Accorde, ô Mère,
à notre coeur et notre intelligence la force de caractère et la connaissance d’un dieu !

Mère Durga ! Le peuple de l’Inde, noble entre tous, était englouti dans d’épaisses
ténèbres. Mais voici que peu à peu, ô Mère, tu te lèves à l’extrême horizon
et l’Aurore resplendit dans le rougeoiement de ton corps-de-ciel qui dissipe l’obscurité.
Que l’immense lumière se répande, ô Mère, et disperse les ténèbres !

Mère Durga ! Parée de profonde verdure, ornée de la Toute-Beauté, toi qui maintiens,
toi en qui reposent la connaissance, l’amour et la force, c’est sur la terre du Bengale
que tu t’incarnes aujourd’hui; cachée jusqu’ à présent, repliée sur elle-même,
elle concentrait ses énergies. Mais l’âge est venu, le jour est venu et déjà
elle se redresse, notre Mère du Bengale, portant l’Inde entière sur ses épaules.
Viens, ô Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Nous, tes enfants, que par ta grâce, sous ton empire,
nous puissions accomplir la grande oeuvre, le grand idéal. Anéantis en nous
la petitesse, anéantis l’égoïsme, anéantis la peur !

Mère Durga! Toi qui revêts le visage de Kâlî, portant à ton cou une guirlande de crânes,
vêtue d’espace, brandissant l’épée, ô Déesse, triomphatrice de l’Asura!
De ton rugissement féroce et impitoyable, fais périr les passions-ennemies de l’âme,
qu’il n’en reste plus une seule vivante au fond de nous.

Que nous devenions purs et sans souillure. Telle est notre prière, ô Mère !
Manifeste-toi!

Mère Durga! L’Inde moribonde est abîmée dans l’égoïsme, la peur, la petitesse.
Rends-nous grands et dignes des plus hautes tentatives, rends-nous magnanimes
et sincères dans notre volonté inflexible d’atteindre la Vérité.
Chasse tout misérable désir, toute impuissance, toute paresse,
que plus jamais nous ne soyons paralysés par la peur !

Mère Durga! Shakti-du-Yoga! Que ton pouvoir immense s’étende partout !
Nous sommes tes enfants bien-aimés. Fais largement briller parmi nous
l’enseignement perdu, la fermeté, la puissance de la pensée,
la dévotion et la foi, l’austérité et la chasteté, la connaissance de la Vérité,
et à travers nous répands-les sur le monde. Pour aider et secourir l’humanité,
toi, Durga, annihilatrice de toute adversité,
ô Mère-du-monde ! Manifeste-toi !

Durga Mère ! Extermine en nous les vices-ennemis, puis extirpe au-dehors
tous les dangers, tous les obstacles ! Que plein de force, valeureux et noble,
le peuple de l’Inde vive à jamais dans ses forêts sacrées et dans ses champs fertiles,
au pied de ses montagnes amies du ciel, le long des rives de ses fleuves
aux eaux saintes et purifiantes. Peuple suprême par son amour et son unité,
sa vigueur et sa droiture, son art et sa littérature, son héroïsme et sa connaissance !
Telle est notre prière aux pieds de la Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga ! Que ta Force, la Force du Yoga, inonde et emplisse notre corps !
Nous deviendrons tes instruments, ton épée qui abat le mal, ta lampe qui dissipe
l’ignorance. Exauce cette aspiration de la jeunesse du Bengale. Toi, notre Souveraine,
guide-nous ; toi qui détruis le mal et brandis ferme l’épée ;
toi, lumière resplendissante de la connaissance, tiens haut la lampe !
Manifeste-toi !

Mère Durga! Quand nous te posséderons, nous ne déferons plus tes liens :
nous t’attacherons à nous avec la triple corde de la foi, de la dévotion et de l’amour.
Viens, Mère ! Manifeste-toi dans notre esprit, notre vie, notre corps !
Viens, révélatrice de la Voie des Héros ! Plus jamais nous ne te rejetterons !
Que notre vie entière devienne une adoration sans fin de Durga!
Que toutes nos actions soient pour toujours sacrées, pleines d’amour et d’énergie,
vouées au service de la Mère ! Telle est notre prière, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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L’INTERNATIONALE (Eugène Pottier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
L’INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

(Eugène Pottier)

 

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La mer est belle (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: William Bouguereau
    
La mer est belle, mais le jeu des muscles lisses
Est plus beau, qui s’achève en sursaut de délice

Dans la noirceur mouvante où je suis le nageur
Jamais las de renaître et mourir sur ton cœur

Et fouler de baisers le golfe de tes cuisses

Comme après le naufrage on chérit son sauveur.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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АU SECOURS ! (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration
    
АU SECOURS !

Ah, aimez-moi farouchement,
Chassez de moi le long tourment !
Singe en mon crâne en feu je glisse,
Cognant ma cage, hanté, dément,
Et je veux mordre et ma voix crisse…
Je ne crois plus, c’est mon supplice :
J’ai peur, j’ai peur du châtiment!

Oh ! mortel, comprends-tu mon chant,
Ou n’est-il qu’un écho changeant,
Forêt qui vaguement murmure ?
Enlace-moi, quitte l’aimant
Du poignard à la lame sûre.
Plus de sauveur qui me rassure :
J’ai peur, j’ai peur du châtiment !

Radeau sur le fleuve flottant,
Flotteur amer sur le courant,
Ma race d’homme va, meurtrie,
Dans la douleur se consumant.
Garde-moi, préviens ma furie,
Aimez-moi ! Je pleure et je crie :
J’ai peur, j’ai peur du châtiment !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Chanson pour le jardin d’une nonne (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Combien de rires, dites, combien de roses
dans le corsage d’une nonne.
Combien de roses fanées,
combien de rires rongés,
combien de corps piétines
pour un seul qui n’existe pas.

Combien de rêves, dites, combien de fièvres
dans le corsage d’une nonne.
Combien de rêves chassés,
combien de fièvres brûlées,
combien de cœurs dépecés
pour un seul qui n’existe pas.

Mais, sur sa monture luisante,
voici le sauveur.
La nonne, à genoux, l’accueille,
tremblante comme une feuille
et blanche comme la douleur.

Combien d’eau dites, combien d’étoiles
dans le corsage d’une fiancée.
Combien de fleuves retrouvés,
combien de bateaux pavoisés,
combien de rives enchantées
pour un jour qui va naître.

Le cavalier d’amour l’emporte
quand, du couvent, la lourde porte
se referme sur les années;

sur les nonnes en prière
qui ne seront plus de pierre.

(Edmond Jabès)

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Sur l’ombre des vaisseaux noyés (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Sur l’ombre des vaisseaux noyés
la mer ne cesse d’effeuiller
ses fleurs d’écume
et dès l’approche de la nuit
la lune
les protège de ses multiples mains d’argent.
Le vent battu des eaux
garde encore encore leur empreinte
mais les hommes les ont oubliés.

Peuple éclaté des vaisseaux noyés
qui naviguez en cimetière
dans la nuit décharnée des eaux,
peuple pillé des vaisseaux noyés
privés de cet espoir sauveur des hommes
de repartir un jour ressuscités,
peut-être existe-t-il un dieu
qui voudra bien vous convier un jour
sous la cathédrale immense des eaux
à vous justifier.

(Pierre Béarn)

 

 

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ROMANCE NOCTURNE (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

ROMANCE NOCTURNE

Un solitaire au clair d’étoiles
S’en va dans la calme minuit.
L’enfant s’éveille ivre de rêves,
Ses traits croulent gris dans la lune.

La folle geint cheveux au vent
A fa fenêtre grillagée.
Sur le lac vont en douce errance
Des amoureux, étrangement.

L’assassin blême rit au vin,
L’effroi de mort point les malades.
La nonne prie, meurtrie et nue,
Devant la croix de son Sauveur.

La mère chantonne en sommeil.
L’enfant regarde dans la nuit
De ses yeux vrais, paisiblement.
Dans le bordel sonnent les rires.

A la chandelle dans la cave
Le défunt peint d’une main blanche
Au mur un ricanant silence.
Le dormeur chuchote toujours.

(Georg Trakl)

Illustration

 

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Jeunesses qui se délivrent (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Jeunesses qui se délivrent

1
Nous sommes prêts à prendre place
Au dur travail comme au soleil
À continuer toutes les tâches
Qui embellissent le réel.

Refrain
Jeunesses qui se délivrent,
Créons pour l’avenir
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!

2
Aînés qui nous frayez la route,
Aînés généreux, bâtisseurs,
Ce qui pour vous fut lutte et doute
Pour nous devient exemple clair.

3
Les meilleurs hommes de pensée
Déjà nous montrent le chemin.
Esclaves des fauteurs de guerre
Venez, sans vous ils ne sont rien!

4
Pourquoi tuer, pourquoi détruire,
À l’heure où le génie humain
Peut tout engendrer, tout produire,
Rien qu’en entrouvrant ses deux mains.

5
Jeunesse de partout, jeunesse!
Échappe à tes bourreaux menteurs,
Répands l’éternelle jeunesse
Des généreux et des sauveurs!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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LE PASTEUR (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
LE PASTEUR

Protégez
Protecteur. Sauvez
le mourant Sauveur. »
Ainsi prêchait le Pasteur
dans le gel de l’église vide, à la lueur
de la dernière bougie restée
sur le Grand Autel allumée.

***

IL PASTORE

« Proteggete il nostro
Protettore. Salvate
il Salvatore morente. »
Cosi predicava il Pastore
nel gelo della chiesa vuota, al lucore
dell’ultima bugia rimasta
accesa sull’Altar Maggiore.

(Giorgio Caproni)

 

Recueil: Le mur de la Terre
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: Atelier la Feugraie

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