Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sauveur’

La mer est belle (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: William Bouguereau
    
La mer est belle, mais le jeu des muscles lisses
Est plus beau, qui s’achève en sursaut de délice

Dans la noirceur mouvante où je suis le nageur
Jamais las de renaître et mourir sur ton cœur

Et fouler de baisers le golfe de tes cuisses

Comme après le naufrage on chérit son sauveur.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

АU SECOURS ! (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration
    
АU SECOURS !

Ah, aimez-moi farouchement,
Chassez de moi le long tourment !
Singe en mon crâne en feu je glisse,
Cognant ma cage, hanté, dément,
Et je veux mordre et ma voix crisse…
Je ne crois plus, c’est mon supplice :
J’ai peur, j’ai peur du châtiment!

Oh ! mortel, comprends-tu mon chant,
Ou n’est-il qu’un écho changeant,
Forêt qui vaguement murmure ?
Enlace-moi, quitte l’aimant
Du poignard à la lame sûre.
Plus de sauveur qui me rassure :
J’ai peur, j’ai peur du châtiment !

Radeau sur le fleuve flottant,
Flotteur amer sur le courant,
Ma race d’homme va, meurtrie,
Dans la douleur se consumant.
Garde-moi, préviens ma furie,
Aimez-moi ! Je pleure et je crie :
J’ai peur, j’ai peur du châtiment !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chanson pour le jardin d’une nonne (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Combien de rires, dites, combien de roses
dans le corsage d’une nonne.
Combien de roses fanées,
combien de rires rongés,
combien de corps piétines
pour un seul qui n’existe pas.

Combien de rêves, dites, combien de fièvres
dans le corsage d’une nonne.
Combien de rêves chassés,
combien de fièvres brûlées,
combien de cœurs dépecés
pour un seul qui n’existe pas.

Mais, sur sa monture luisante,
voici le sauveur.
La nonne, à genoux, l’accueille,
tremblante comme une feuille
et blanche comme la douleur.

Combien d’eau dites, combien d’étoiles
dans le corsage d’une fiancée.
Combien de fleuves retrouvés,
combien de bateaux pavoisés,
combien de rives enchantées
pour un jour qui va naître.

Le cavalier d’amour l’emporte
quand, du couvent, la lourde porte
se referme sur les années;

sur les nonnes en prière
qui ne seront plus de pierre.

(Edmond Jabès)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sur l’ombre des vaisseaux noyés (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Sur l’ombre des vaisseaux noyés
la mer ne cesse d’effeuiller
ses fleurs d’écume
et dès l’approche de la nuit
la lune
les protège de ses multiples mains d’argent.
Le vent battu des eaux
garde encore encore leur empreinte
mais les hommes les ont oubliés.

Peuple éclaté des vaisseaux noyés
qui naviguez en cimetière
dans la nuit décharnée des eaux,
peuple pillé des vaisseaux noyés
privés de cet espoir sauveur des hommes
de repartir un jour ressuscités,
peut-être existe-t-il un dieu
qui voudra bien vous convier un jour
sous la cathédrale immense des eaux
à vous justifier.

(Pierre Béarn)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ROMANCE NOCTURNE (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

ROMANCE NOCTURNE

Un solitaire au clair d’étoiles
S’en va dans la calme minuit.
L’enfant s’éveille ivre de rêves,
Ses traits croulent gris dans la lune.

La folle geint cheveux au vent
A fa fenêtre grillagée.
Sur le lac vont en douce errance
Des amoureux, étrangement.

L’assassin blême rit au vin,
L’effroi de mort point les malades.
La nonne prie, meurtrie et nue,
Devant la croix de son Sauveur.

La mère chantonne en sommeil.
L’enfant regarde dans la nuit
De ses yeux vrais, paisiblement.
Dans le bordel sonnent les rires.

A la chandelle dans la cave
Le défunt peint d’une main blanche
Au mur un ricanant silence.
Le dormeur chuchote toujours.

(Georg Trakl)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Jeunesses qui se délivrent (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Jeunesses qui se délivrent

1
Nous sommes prêts à prendre place
Au dur travail comme au soleil
À continuer toutes les tâches
Qui embellissent le réel.

Refrain
Jeunesses qui se délivrent,
Créons pour l’avenir
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!

2
Aînés qui nous frayez la route,
Aînés généreux, bâtisseurs,
Ce qui pour vous fut lutte et doute
Pour nous devient exemple clair.

3
Les meilleurs hommes de pensée
Déjà nous montrent le chemin.
Esclaves des fauteurs de guerre
Venez, sans vous ils ne sont rien!

4
Pourquoi tuer, pourquoi détruire,
À l’heure où le génie humain
Peut tout engendrer, tout produire,
Rien qu’en entrouvrant ses deux mains.

5
Jeunesse de partout, jeunesse!
Échappe à tes bourreaux menteurs,
Répands l’éternelle jeunesse
Des généreux et des sauveurs!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE PASTEUR (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
LE PASTEUR

Protégez
Protecteur. Sauvez
le mourant Sauveur. »
Ainsi prêchait le Pasteur
dans le gel de l’église vide, à la lueur
de la dernière bougie restée
sur le Grand Autel allumée.

***

IL PASTORE

« Proteggete il nostro
Protettore. Salvate
il Salvatore morente. »
Cosi predicava il Pastore
nel gelo della chiesa vuota, al lucore
dell’ultima bugia rimasta
accesa sull’Altar Maggiore.

(Giorgio Caproni)

 

Recueil: Le mur de la Terre
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: Atelier la Feugraie

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Arbre (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017




L’Arbre

Il y a l’arbre à lait,
L’arbre à sel, l’arbre à pain.
Il y a l’arbre saint
Et l’arbre à chapelet.

Et puis l’arbre à cannelle,
A grives, à papier;
L’odorant muscadier
Qui est l’arbre à chandelles.

Le figuier des pagodes
Qui se lave au soleil,
L’arbre des antipodes
Qui a toujours sommeil.

Il y a l’arbre à beurre,
L’arbre à chou, l’arbre aux fables.
Le sablier du diable.
L’arbre du Dieu sauveur.

Mais chez nous, au matin,
Rit un arbre qui compte
Sur ses doigts les colombes
Neigeant sur le jardin.

(Maurice Carême)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Arrive toujours le moment (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2016



Arrive toujours le moment
où il faut se reposer des hommes,
comme la rose du jardinier
ou le jardin de la rose.

Comme l’eau se repose de l’eau
ou le ciel du ciel.

Comme une chaussure se repose de son pied
ou un sauveur de sa croix.

Comme un créateur se repose de sa création
ou la création de son créateur.

*

Llega siempre un momento
en que hay que descansar de los hombres,
como la rosa del jardinero
o el jardín de la rosa.

Como el agua descansa del agua
o el cielo del cielo.

Como un zapato descansa de su pie
o un salvador de su cruz.

Como un creador descansa de su creación
o la creación de su creador.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu es incréé, incompréhensible, sans support (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2016



Tu es incréé, incompréhensible, sans support,
On ne Te connaît ni limites ni rives,

Tu es inaccessible au monde et aux Véda,
Tu transcendes l’univers entier,

Toi qui n’as ni demeure, ni village, ni maison,
Comment louerai-je tes qualités?

En Lui, ni forme, ni distinction, ni qualités, ni parure,
Ce Prince est sans dynastie!

Il n’est ni jeune homme, ni vieillard, ni enfant,
Et Il est à Lui-même son propre sauveur.

Dit Kabîr: réfléchissez-y,
que nul ne lui résiste,
Servez—Le de tout votre cœur et de toutes vos forces,
car Râm est présent dans tous vos membres.

(Kabîr)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :