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TON CORPS… (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



 

Alain Bonnefoit -Nu_avec_Dentelle

Ton corps enveloppé d’absences de caresses
Dont le souvenir brûle au bûcher des mémoires
A voyagé longtemps sur la route des hommes
Avant ce jour venu de plus loin que la chair
Décembre rage dans les rouges floraisons
Les caresses naissent au seuil de tes cheveux
Où le poète las de traîner ses abîmés
Décelait les secrets continents de tes hanches
Dans des senteurs d’aurore et de Patagonie
Ton visage revient de plus loin que lui-même
Par des brûlantes plages d’ombre et d’azalée
Où ton corps appelait la déroute des, hommes
Tes paumes d’archipels baignent au clair de lune
Tes yeux mélodieux d’ambre et de forêt vierge
Et tes hanches de puits profond dans le désert
Offrent leur orchidée de sable à la folie
Du poète hésitant devant le crépuscule
Il se tait d’écouter ton murmure d’absence
Il sollicite l’aube et l’ombre et l’orchidée
Il épelle l’azur le temps et les savanes
Il baise l’Orénoque et la Patagonie
De ses lèvres de source aux pistils de tes doigts

Et le bruit de ton sang et tes baisers perdus
Et ta saveur d’embrun de filtre et de rosée
Et tes automnes roux de feuillages rouillés
Ne sont plus que les mots de deux vies arrachées
Au poème de ceux qui râlent pour fleurir

L’ombre, l’ambre, la hanche, l’aube et tes savanes
Ne sont plus que les mots d’une flore interdite
Que le poète cueille au vif de ta blessure
Femme nouée enfin à la chair de ta vie.

(Robert Goffin)

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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La nuit (Christian Da Silva)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



La nuit, nous ne savons plus
si la mer est bleue ou verte,
si les algues ont froid ou chaud
dans leur maison de silence.

La nuit, nous savons seulement,
la respiration des vagues,
le sable devenu frais, comme au désert
et le ciel pareil à celui des savanes.

La nuit, nous ne saurons jamais,
le murmure des épaves
pour une étoile pressée,
quand, au-delà des dunes,
le grand forgeron déchaîne ses comètes,
quand, au-delà du temps et des eaux,
la terre s’arrondit
pour deviner le jour.

(Christian Da Silva)

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Chanson de la cage ouverte (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018


fond-ecran-femme-et-oiseau

 

De fleurs et de nuits je voudrais
De silence et d’écume de rosée et de ciel
Je voudrais ma soeur étrangère
Mon absente mon éloignée ma douce
Obstinée, ma chaude chaste corolle
Mon cristal noir mon écho prisonnier,
De sources, de monts purs et de chants je voudrais
ma flamme lisse, mon rêve printanier
Te parer.

De regards oubliés, de mots égarés
J’aimerais, de mains végétales
De bouches plus fraîches plus glissantes
Que la rivière luisante de sommeil,
de soleil neuf et hardi,
De sourires d’enfance, de liberté,
Ma passagère, ma grâce, mon instant
De prairie éternelle, j’aimerais
Te recréer.

D’épaisses vertes forêts futures, je rêve,
De terres ignorées que recèlent tes yeux
D’étoiles à trouver au ciel de notre sang
De routes vierges promises aux signes de nos mains
De savanes joyeuses, je rêve, et de rives
Et de violentes cités, je rêve, ma voyageuse
Mon appel, mon apeurée, mon incertaine,
De mille horizons à venir je rêve
De te combler.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

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Libre passage (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Libre passage

Nue, elle était comme ces longues et lentes herbes,
immensément solitaires dans des savanes sans fin
que la mémoire ne sait plus où situer.
Toute la grâce était dans cette façon de plier une jambe,
dans cette douceur du fléchissement de la hanche consentante.
La nuque mystérieusement paraissait diriger un rituel
que le moment troublé ne traduisait que confusément.
Ses seins étaient des lampes que l’ombre de mes mains tempérait de tendresse.
La longue plage de son ventre ondoyait d’une houle intérieure…
Nous nous abimâmes souvent dans cette nuit d’éclairs et de vapeurs.

Il y a longtemps, bien longtemps, que nous nous sommes perdus de vue,
que nous ne savons plus nous rejoindre.
Parfois nous nous rencontrons, nous sourions, il reste une marge.
Mais maintenant pour combien de temps encore, pour combien de temps ?

(Robert Momeux)


Illustration

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La reine de tulipe (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



La reine de tulipe

à Florence
Sous le toit c’est le grenier
sous le grenier la maison.
Au-dessus le ciel ses oiseaux
et autour
le bourg
ses porches
ses cloches
ses colombiers la rivière ses roseaux
les fourches les huches
les sources les roches les ruches…
Et autour
du bourg
dort le Valois
qui est une île en France.
Et autour de la France
c’est la tête ronde
de la terre ses plateaux ses déserts
ses vallons ses volcans
ses savanes ses mers
ses roses des vents
ses archipels ses océans…
Mais sous le toit c’est le grenier
où la terre
demeure enfermée
dans le coeur les yeux les mains
les dix doigts merveilleux d’un gamin
où la terre gît enfermée
à côté des chapeaux des nacres des ors des nippes
des jais des Arlequins des illustrés des pipes

comme l’été dort entier
dans un oignon de tulipe
dans un oignon séché
de la Reine de Tulipe.

(Armand Lanoux)

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Non (Luc Estang)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



Illustration: Henri Rousseau (Le Douanier Rousseau)
    
Non, pas le corail ni le nonchaloir
les naïvetés de chair mise nue,
ou les fruits souillant les doigts de sang noir,
ni les touffeurs de savane inconnue

ne me tentaient : pas même la couleur
de la terre brûlante et diluée
dans la mer comme une vieille douleur
dans les larmes, pas même la suée

virginale des palmes le matin !
Mais seulement ce va-et-vient du Verbe,
ô scansion profonde qui n’atteint
que la rive où baignent les longues herbes.

celles des souvenirs mal immergés
celles des repentirs pris sur les sables
celtes des secrets peut-être en danger ,
celles des espoirs les moins saisissables

(Luc Estang)

 

Editions: Cahiers du Sud

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Douce plage où naquit mon âme (Jean-Paul Toulet)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Douce plage où naquit mon âme ;
Et toi, savane en fleurs
Que l’Océan trempe de pleurs
Et le soleil de flamme ;

Douce aux ramiers, douce aux amants,
Toi de qui la ramure
Nous charmait d’ombre et de murmure,
Et de roucoulements ;

Où j’écoute frémir encore
Un aveu tendre et fier —
Tandis qu’au loin riait la mer
Sur le corail sonore.

(Jean-Paul Toulet)

Illustration

 

 

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Savez-vous pas… (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Savez-vous pas quelque douce retraite,
Au fond des bois, un lac au flot vermeil,
Où des palmiers la grande feuille arrête
Les bruits du monde et les traits du soleil
– Oh ! je voudrais, loin de nos vieilles villes,
Par la savane aux ondoyants cheveux,
Suivre, en rêvant, les écureuils agiles,
Et voir sauter, sur les branches mobiles,
L’ara de pourpre et les bengalis bleus !

Savez-vous pas, sur les plages lointaines
Où n’ont jamais passé les matelots,
Une île heureuse aux suaves haleines,
Bouquet de fleurs effeuillé sur les flots ?
– Oh ! je voudrais, seul avec ma pensée,
Jetant au vent la poussière des jours,
Sentir mon âme aux vagues balancée,
Et m’endormir sur l’onde cadencée
Comme un enfant que l’on berce toujours !

Savez-vous pas, loin de la froide terre,
Là-haut ! là-haut ! dans les plis du ciel bleu,
Un astre d’or, un monde solitaire
Roulant en paix sous le souffle de Dieu ?
– Oh ! je voudrais une planète blonde,
Des cieux nouveaux, d’étranges régions,
Où l’on entend, ainsi qu’un vent sur l’onde,
Glisser la nuit, sous la voûte profonde,
Le char brillant de constellations !

Où fuir ? où fuir ? Par les routes humaines
Le sable est dur et le soleil est lourd.
Ma bouche ardente a tari les fontaines
Et l’arbre est mort où j’ai cueilli l’amour.
– Oh ! je voudrais, loin du temps et des choses,
Débarrassé de tout lien charnel,
Courir joyeux dans les métamorphoses,
Puis me plonger à la source des causes,
Où l’Infini flotte dans l’Éternel !

(Louis Bouilhet)

 

 

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Un baobab (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Un baobab

Un paisible et géant baobab.

C’était la dernière vision humaine
qu’emportaient les esclaves noirs de Gorée
avant d’entrer, presque à quatre pattes,
dans les réduits ouvrant directement sur
la mer, d’où ils partaient pour les Amériques.

Chaque fois que l’un d’eux mourait,
dans ses fers, à fond de cale, il poussait,
quelque part sur une savane d’Afrique,
un baobab.

(Jean Orizet)


Illustration

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J’ai deux montagnes à traverser (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Euan MacLeod Barrow_Man

« J’ai deux montagnes à traverser
Deux rivières à boire
J’ai six vieux lacs à déplacer
Trois chutes neuves à mettre au lit
Dix-huit savanes à nettoyer
Une ville à faire avant la nuit. »

C’est pourquoi de forêt
Il n’est pas revenu…

(Félix Leclerc)

Illustration: Euan MacLeod

 

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